22/11/2005

Ces yeux là

Je lui avais dit que jamais je n'oublierais ces yeux là,
de ces moments où nos regards se sont croisés de manière clandestine
et que nos coeurs passionés se livraient des guerres intestines.
De ces moments où j'observais les vagues jalousant
ses cheveux , qui caressés par le vent, s'ondulaient
plus gracieusement que la houle des mers,
de ce temps où les marées pleuraient la lune
qui la contemplant ne savais plus quoi faire.
De ce temps où j'étais un prisonnier
car tous mes sens me dictaient de l'aimer.
De ce temps où nos prunelles étaient
des gladiateurs foulant le sable
de l'arène de nos envies
et que ce Colisée était le théâtre de notre antalgie.
Nous nous sommes désirés,
nous avons failli nous aimer,
nous nous sommes beaucoup écrit
nous avons failli être réunis
mais que sommes nous aujourd'hui?
Correspondance arrêtée brusquement...
fissure de certains sentiments...
de revoir cette écriture, quel ne fut pas mon étonnement.
Je lis la carte, regrets, confusion, je ne fus pas oublié,
je revois soudain la lune mais elle n'est peut être que de papier.
Mon coeur n'étant alors qu'un origami
dans les mains enfantines de ma folie.
Que faire de ces quelques mots que j'ai relu cent fois,
du souvenir de la poésie que contenait ces yeux là,
ceux dont j'avais promis que je ne les oublierais pas?
De fait, je ne les ait pas oubliés et je les revois,
sortir abruptement du grain de ce papier froid,
ils ne savent pas si ils doivent me regarder
à l'inverse des miens qui ne peuvent s'en détacher.
Je n'ai jamais su qualifier ce lien qui nous unit,
oscillant entre amour feutré et inavoué,
énorme respect et douce amitié,
quel fut le sens de ces pleiades de mots échangés?
Qu'attend tu en levant à nouveau ta plume comme un oriflamme,
quel est ce plan dont je n'arrive à saisir la trame?
Je ne doute pas de ta sincérité
et pourtant ne sais quoi penser,
que dois je répondre à cette impromptue missive
sourire de l'aube d'une mystérieuse initiative.
S'il s'agissait d'un autre je lui dirais:
que répond ton coeur à cette question,
cependant le mien est déchiré entre raison et passion.
Peut être que le secret de ma décision réside dans ces yeux là.
 
 
 

00:43 Écrit par Banur | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |

Commentaires

Bonne journée.Merveilleux ton texte !!!!! J'ai oublié de te dire :comme batteur tu as raison de jouer en avant,c'est ce que faisait
Louis Belson, que j'adore,et qui poussait l'orchestre à swinguer mieux encore .
Amicalement

Écrit par : DUKE | 22/11/2005

j'ai peu de temps je reviendrai plus longuement ce soir...
encore un texte cisellé... aux sentiments
qui oscille cette fois entre passion et raison...
grandes notions philosophiques qui n'arrête
pas de partager les têtes bien pensantes...
à ce soir... et bonne journée à toi, poète de la nuit...

Écrit par : crysalidea | 22/11/2005

Les points communs Mieux vaut, en effet, ne plus les compter. J'ai l'impression que nous marchons sur des chemins parallèles et qu'il suffirait que je tende la main pour pouvoir attraper la tienne.
Cette carte que tu as reçue, elle ne t'a pas oublié (comment aurait-elle pu d'ailleurs?), de la confusion, des regrets. Peut-on construire quelque chose sur des regrets? Veux-tu construire quelque chose sur des regrets? Si tant est que ce soit ce qu'elle veut. Peut-être veut-elle tourner la page définitivement sur ce qui aurait pu se passer parce qu'elle veut passer à autre chose. Je l'ignore. Tu n'as pas l'air de savoir toi-même ce qu'elle veut puisque tu te demandes ce qu'elle attend. Je ne t'aide pas beaucoup, je le crains et pourtant j'aimerais pouvoir t'aider, toi qui te soucies de mon sommeil et de ce qui se passe dans ma vie.
Bonne journée à toi, Urban Poet

Écrit par : Kardream | 22/11/2005

La mobilisation de toute la force de ta psyché me fut d'une aide précieuse, j'attends la réponse, le gard devait voir une dizaine de personnes et faire son choix.
Concernant "Un dernier envol", comme je l'ai dit chez Duke, j'ai tenté de me mettre dans la peau d'un oiseau, parallèle que tu as très justement mis en lumière dans ton commentaire.
Je prends cette main que tu tends à travers le fin rideau de brume, persuadée que nos pas marchent à l'unisson. Nos espoirs sont peut-être bien les mêmes, mais peut-être aussi ai-je des espoirs différents des tiens, nos valeurs sont les mêmes, c'est là le principal pour moi.
Je compte sur toi pour me dire comment était la musique que tu as écoutée ce soir.
Bonne soirée Urban Poet

Écrit par : Kardream | 22/11/2005

osciller... nous avons failli nous aimer...
cette attirance si forte, dont l'élan s'est vu brusquement suspendu.. et ce retour du passé au moment où tu t'y attends le moins on dirait. Les caprices du destin sont insondables, mais personnellement, j'ai toujours pensé que ce qui ne se créait pas au moment le plus propice était voué à disparaître tout à fait.. et je ne suis pas certaine - selon mon expérience -qu'il est bon de reposer ses pas dans les empreintes d'autrefois...
J'ai lu ton commentaire chez Chris... J'en suis bouleversée.
A tout bientôt.. et ne crois pas que le monde s'acharne à ne pas te comprendre..

Écrit par : pierre de lune | 22/11/2005

Tu verras qu tu m'a inspirée

Écrit par : crysalidea | 22/11/2005

J'adore ... le coeur origami !!! Belle puissance évocatrice.

Écrit par : Abigael | 22/11/2005

Bien reçu ton mail, la réponse arrive par le même biais. J'ai été agréablement surprise parce que j'en parlais justement hier avec mon unique. Ce qui prouve encore, s'il en était besoin, que nous sommes sur la même longueur d'ondes.
Bonne journée Urban Poet

Écrit par : Kardream | 23/11/2005

Ces yeux-là ne t'ont certainement pas oublié non plus, d'après ce que j'ai le plaisir de lire.
Ce blog respire les sentiments tout simplement.Ces sentiments que tous et toutes oublient au dépend de cette conformité massive.
Les sentiments, les vrais, ceux que peu connaissent et reconnaissent..
j'ai parcouru ce blog de long en large, empli de surprises, de bonheur pur, de vie, de mélancolie, de mort, d'amitié unique, et par dessus tout d'amour.
Un humble bravo pour cette douce passion et au plaisir de te relire

Écrit par : butterflies&hurricanes | 28/11/2005

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