01/12/2005

Les aigles de la Géhenne

Le hâle oppressant des flammes fait battre vos ailes,
nuées de plumes aphlogistiques, humectées aux lèvres de l'Achéron,
se déployant comme les murailles d'une lointaine citadelle
afin de traverser sans peine les rives du fleuve de l'affliction.
Fières créatures qui seules devant la goétie pratiquent la génuflexion
et qui à l'ombre de leur nid couvent l'anéantissement de la passion,
de votre repas vous faites volontiers les coeurs insouciants
et de vos serres affûtées déchiquetez les plaisirs innocents.
Prédateurs à l'oeil perçant afin de mieux déceler les faiblesses,
quand vous fondez sur vos proies ne faites point de quartiers,
vos voiles sombres conduisent parfois à l'ivresse
mais losqu'elles se referment ne languit qu'un murmure torturé.
Aucune brise n'a jamais soufflée pour que vous ne décolliez
et seule la caresse de la peine embrasse votre touché
tel un million d'helminthes déambulant dans les couloirs de mes entrailles
qui pour chaque pas osé vers l'extase, de mes espoirs, font ripaille.
Les aigles de la Géhenne ont désigné leur proie,
se retourner et fuir ne fait que les mettre en appétit,
ainsi je m'élève en arborant les lambeaux de ma foi
en espérant survivre à l'assaut de l'ignoble nid.
Enterrez moi sans mon corps
et au diable mon épitaphe,
mon enveloppe demeure mais je suis déjà mort,
remplacez la par un cénotaphe.
 
  

02:00 Écrit par Banur | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Dernier voyage dans la barque de Charon Des plumes sans feu intérieur, qui sont mûes par une force extérieure donc, belle image pour personnifier la puissance de l'Achéron.
Les aigles se soumettent devant les paroles incantatoires invoquant les esprits malfaisants, leur fierté en prend un coup.
Les ascarides grouillant dans les entrailles et se repaissant des espoirs, c'est une réalité bien cruelle que tu depéints là.
Servir de repas aux aigles de la Géhenne, n'avoir plus de corps, laisser une tombe vide pour la postérité.
C'est un très joli texte, au vocabulaire riche et dont la structure des rimes n'est pas figée dans un modèle pré-établi, j'aime beaucoup.
Dans les couleurs de la nuit, j'ai été touchée par tes mots (surtout un crépuscule grenat). Je ferai bon usage des couleurs du prismé réglé sur la magie de mon coeur.
Bonne journée Urban Poet

Écrit par : Kardream | 01/12/2005

je n'ai qu'un mot... fort... (en fait j'ai plus qu'un mot..)
les images qui apparaissent dans tes textes sont de plus
en plus fortes... ce qui nous entraîne dans l'univers que
tu crées... impossible d'y resister, on se sent comme
hâppé... je reviendrai avec plus de temps (et un dictionnaire)
relire ton texte plus longuement...

Merci pour tes mots, poète de la nuit, leur sincérité m'a
fait du bien... merci...

Écrit par : crysalidea | 01/12/2005

Une réponse à ton comm. de ce soir t'attends "chez" moi...
mais déjà je souhaite te dire que je suis vraiment
toujours émerveillée par la façon dont tu exprimes
les choses...
Bonne nuit, doux poète...

Écrit par : crysalidea | 02/12/2005

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