03/01/2006

Quand il n'y a que les mots

Quand il n’y a que les mots pour caresser le soleil,

quand il n’y a que les mots pour triompher des dunes de l’oubli

quand il n’y a que les mots pour murmurer des matins vermeils,

quand il n’y a que les mots pour faire sourire la nuit.

Quand il n’y a que les mots pour faire rougir un dieu

quand il n’y a que les mots pour faire voler les prières,

quand il n’y a que les mots pour faire brûler un vœu,

quand il n’y a que les mots pour faire saigner les pierres.

Quand il n’y a que les mots pour chanter un cœur triste,

quand il n’y a que les mots pour cloner un rêve,

quand il n’y a que les mots pour se prouver qu’on existe,

quand il n’y a que les mots pour briser le glaive.

Quand il n’y a que les mots pour faire couler l’Hippocrène,

quand il n’y a que les mots pour manger un secret,

quand il n’y a que les mots pour étrangler la peine,

quand il n’y a que les mots pour bannir les jamais.

Quand il n’y a plus de mots…


21:33 Écrit par Banur | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

Commentaires

Quand il n'y a plus de mots... "Murmurer des matins vermeils", c'est la phrase que je préfère dans ce texte. Murmurer, parler si bas que celui qui veut entendre doit prêter l'oreille pour écouter quelque chose d'exceptionnel: des matins et pas n'importe quels matins, des matins d'un rouge vif et léger, comme le gage d'un secret chuchoté.
"Briser le glaive", pour abolir les batailles qui ôtent des vies, j'aime beaucoup.
Quant à "faire couler l'Hippocrène", la fontaine du cheval qui sortait du mont Hélicon et qui était consacrée aux Muses et à Apollon, tout ton intérêt pour la mythologie transparaît dans cette phrase.
Quand il n'y a plus de mots, il reste le langage universel, celui du coeur.
Bonne journée Urban Poet

Écrit par : Kardream | 04/01/2006

prononcer... que le pouvoir des mots est grand sous ta plume ! surpasserait-il même celui d'un Dieu qu'ils arrivent à faire rougir... ? D'une ligne à l'autre glisse leur magie, et à chaque fois leur puissance s'étend sur l'inattendu, le fabuleux, toute limite anéantie... mais, quand il n'y a "plus" de mot, reste alors le vide, le gouffre de la nuit... le froid... je préfère alors "quand il n'y a pas de mot"... car là, le langage est ailleurs... imperceptible et pourtant si fort...

Écrit par : crysalidea | 04/01/2006

pourras-tu me dire dans quel sens tu l'entendais... peut-être ai-je trop cherché dans le mot justement... à bientôt Doux Poète..

Écrit par : crysalidea | 04/01/2006

Bonjour le poête !!!! Banur est de retour !!!!!Mes meilleurs voeux pour 2006.
Amicalement

Écrit par : DUKE | 05/01/2006

mots... dont la puissance n'a d'égale que l'acuité de leur perception...
un même mot transcende ou détruit selon...
mais n'y a-t-il pire souffrance que l'absence de mots, fussent-ils simplement pensés?....

Écrit par : pierre de lune | 07/01/2006

Aah les mots... ma vraie passion! "bannir les jamais" et "cloner un rêve" oui, ils font tout ça, entre autre!! A très bientôt!

Écrit par : Syolann | 07/01/2006

... ... pour bannir les jamais, les toujours, les terribles peut-être. C'est drôle, j'ai écrit quelque chose comme ça, dans une vie antérieure.... Quand il n'y a pas de mots, il reste à en trouver. C'est ça, la poésie. A te revoir.

Écrit par : Abigael | 10/01/2006

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