15/01/2006

Suite...Un aller simple

L’échéance fatale avait été retardée mais ce qui devait inéluctablement arriver, arriva.

Les humains avaient résisté de fort belle manière dans les airs, repoussant parfois l’ennemi

et prenant exceptionnellement même des bases spatiales shezariennes, cependant après 32 années de lutte navale, soit en 57, les Shezars lancèrent le siège de la planète rouge. Jamais une telle flotte n’avait caressé les espaces intersidéraux : des vaisseaux venus de Colombus, de Colonia1, de Vulcano, qui avait été armée également depuis le début de la guerre navale et de plusieurs petites planètes comme Firzar avaient été déployés. Firzar se composait presque exclusivement de larges plaines remplies d’arxianes. L’arxiane étant une fleur dont la magnificence et la senteur envoûtante n’ont d’égal que la fatalité du poison que l’on en tire. Les Shezars avaient une tendance prononcée pour faire le meilleur usage de toutes les ressources qu’ils étaient amenés à découvrir, du moins pour leurs propres desseins. Ainsi, ils remarquèrent que le poison que cette fleur procurait permettait avec une certaine dose de faire bouillir le sang avant d’atteindre le cœur et de finir le travail. Ils trouvèrent également le moyen de tremper des cristaux extrêmement durs de myaléthite dans le poison d’arxiane et de propulser ces cristaux dans une sorte de mini canon à une vitesse fulgurante pour obtenir un résultat dévastateur, car si le cristal n’arrivait pas à tuer la victime, le poison le faisait. C’est donc avec une flotte impressionnante que les Shezars se dirigèrent vers la planète rouge, ils emmenèrent même leur gigantesque base spatiale l’Azraël avec eux. Cette base était une véritable ville flottante, sa vitesse était lente comparée aux autres vaisseaux bien entendu mais elle devait servir à supporter une bonne partie de l’approvisionnement des ressources pour le siège. Elle avait été chargée pour tenir assez longtemps et transportait aussi un grand nombre de soldats qui ne faisaient pas partie d’un navire mais qui n’attendaient que le début des combats au sol pour se joindre à l’assaut terrible  Parmi eux, se trouvaient certains membres des chasseurs de fêlons qui étaient moins actifs depuis la disparition des reliquaires et qui avaient surtout suivi leur chef Jisarius pour honorer le prestige de leur section. Ils décidaient de porter leur armure noire et non la jaune de l’armée, prouvant même là leur appartenance et leur fierté de faire partie de cette caste. Cette caste était très respectée par les autres Shezars parfois même un peu crainte car même si le fait de tuer un semblable est un crime terrible au sein de leur race, les chasseurs étaient très susceptibles et très fiers et d’une nature intransigeante. En cas de bataille à mort entre un Shezar commun et l’un d’eux, ce qui est extrêmement rare, le doute profite au second car cette section avait toute l’estime du chef de guerre en raison de leur indéfectible dévouement envers celui-ci. Même équipé d’une arme puissante il était très déconseillé de provoquer au-delà d’un certain point un chasseur muni de son épée au tranchant légendaire et qu’il manie souvent avec une force et une habilité destructrice. Pour préparer l’attaque, les stratèges shezariens envoyèrent d’abord quelques croiseurs, vaisseaux rapides et très efficaces pour des missions de repérage, qui servirent en plus à tromper l’ennemi. Les humains pensèrent qu’il s’agissait seulement de quelques vaisseaux qui s’étaient aventurés dans la première galaxie pour fournir quelques renseignements et ils les détruisirent. De renseignements, il fut bien question et ils furent transmis avant que les croiseurs furent abattus, les pilotes morts avaient donc rempli leur mission. Le blocus fut renforcé pour éviter aux vaisseaux humains de pénétrer dans la deuxième galaxie et de découvrir le plan, ainsi l’immense contingent ne fut repéré que quand il pénétra de l’autre côté du rideau étoilé. Tout au long de la voie sidérale balisée qui menait à la planète rouge, on ne vit plus que le drapeau jaune et mauve sur lequel trônait un cristal de myaléthite. Les humains malgré la surprise de taille, furent assez prompts à réagir et décidèrent d’envoyer un bataillon de volontaires, qui n’avait d’autre mission que de retenir la flotte ennemie le temps d’organiser les défenses. Il n’ y avait point d’illusion pour ceux qui prirent part à cette sortie, il s’agissait bel et bien d’une mission suicide. Le capitaine Foulques, un jeune pilote de talent, fougueux et passionné, postula pour être en charge de cette mission. Il s’était particulièrement distingué à la bataille navale du Lotus, qui portait ce nom à cause du fait qu’elle s’était déroulée sous la constellation du même nom. A l’époque, il n’était alors que lieutenant mais prît le commandement du vaisseau sur lequel il officiait, le Destiny, suite à la mort de son supérieur, le capitaine du vaisseau. Le Destiny était dans une mauvaise position suite à de houleux choix décidés par le capitaine, cependant le lieutenant Foulques donna rapidement des ordres audacieux qui permirent de renverser la tendance. Tout résidait dans l’ingéniosité des manœuvres qui furent réalisées : premièrement il fit faire demi tour à son navire qui en fuyant se faisait pilonner par l’arrière, ensuite, profitant de la fumée dégagée par leur bâtiment touché, ils masquèrent la vue d’un lourd vaisseau ennemi et réussirent à l’abattre et enfin en retournant vers le gros des effectifs alliés, il réussit en arrivant toujours par surprise, comme sortit de nulle part à abattre encore plusieurs vaisseaux de taille égale au sien. L’action du Destiny permit en partie aux humains de remporter la victoire et à Foulques d’être promu capitaine. Le but de cette mission ci était tout autre, il consistait à abattre le plus de vaisseaux ennemis et surtout à les retenir le plus longtemps possible pour permettre une organisation efficace des défenses et une protection adéquate des civils. Le colonel Liu Quan, devait prendre une décision difficile, car il ne savait que trop bien le potentiel du jeune homme et ne voulait pas le perdre mais en même temps, il semblait le mieux qualifié pour mener cette mission qui pouvait permettre de sauver d’innombrables vies. Le colonel était un homme avisé et il dut se résoudre après une lourde insistance du jeune homme à accepter sa requête. Le capitaine Foulques choisit donc une centaine de vaisseaux biplaces ainsi qu’une sélection de pilotes volontaires pour retenir le géant adversaire et s’élança au devant d’un unique destin. Pendant ce temps, sur la planète rouge, on sortit certains équipements qui avaient été gardés secrets pour échapper aux vaisseaux espions ennemis et l’on se préparait tant que faire se peut à recevoir la charge infernale des puissants Shezars. On activa également le bouclier supposé infranchissable et l’on mit les civils les plus faibles à l’abri, tandis que les autres tentaient de participer activement à la protection de leur patrie. Les vaisseaux de chasse du capitaine Foulques combattirent de manière exemplaire ils gagnèrent beaucoup de duels contre les chasseurs ennemis et descendirent même quelques croiseurs et vaisseaux aspirateurs, ces vaisseaux servant à happer l’ennemi grâce au principe des forces d’attraction pour l’empêcher de se dégager d’un tir allié. Par contre ils ne purent même pas entamer le blindage des cuirassés, bombardiers, vaisseaux incendiaires et encore moins des vaisseaux dits conquérants, qui étaient ceux du plus gros type existant, après la base l’Azraël et dont le plus important,

l’Ourobouros, était celui du chef de guerre Shezar, le très respecté Zebulon.

Le capitaine Foulques était le fils d’un membre du Haut Conseil mais il exigea toujours

d’être traité de manière équitable, refusant systématiquement tous les privilèges. Il résista plus qu’il était possible de l’imaginer, il mena ses hommes à la mort et ils l’aimèrent tous pour cela, il était aussi respecté qu’aimé et sa fin fut à la hauteur de sa réputation. Quand son vaisseau fut touché, son copilote qui était aussi son ami d’enfance et qui se nommait

Urs, fut tué sur le coup et bien que blessé, Foulques réussit encore à diriger son vaisseau

endommagé sur un incendiaire ennemi et l’emporta avec lui. Les noms de tous les volontaires de ce jour furent notés dans un registre qui fut soigneusement conservé afin qu’ils ne soient pas oubliés. Le capitaine Foulques sera resté dans le cœur des Hommes comme l’un des grands héros de la guerre tout comme Grimdall et Istral qui fut longtemps le chef des reliquaires. Le sacrifice de tous ces braves pilotes n’aura pas été vain, les défenses étaient fins prêtes quand la flotte shezarienne pénétra dans l’atmosphère de la planète, tant la résistance avait été efficace.

 

A suivre...

13:44 Écrit par Banur | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

.... j'arrive en retard... et je suis époustouflée de tes récits...
Quelle plume magique guide ta main??....
Je ne ferai pas de commentaires sur le fond, je te dirai simplement combien je suis admirative...
Et se poursuit le rêve...

Écrit par : pierre de lune | 15/01/2006

Je comprends l'admiration de Pierre de Lune Au fur et à mesure de ton récit, les scènes de batailles se font de plus en plus précises, les combats plus intensifs et longs... l'organisation des Shezars nous est mieux connue aussi, ainsi que les "valeurs" qui sont les leurs... je découvre l'épée au tranchant légendaire de la caste d'élite qui complète leur armure noire... je ne sais plus si tu l'avais déjà mentionné... cela donne une dimension chevaleresque à ces guerriers... Mais les humains sont braves, prêts au sacrifice... et leurs héros rentrent dans la légende... Je remarque que tu finis ton texte sur une note d'epoir... qui me laisse penser que le tournant est proche... Mais j'ai appris que tu réserves toujours des situations inattendues, donc j'attendrai de découvrir la suite, avec de plus en plus d'impatience je dois dire... Bonne après-midi à toi, Poète des Galaxies...

Écrit par : crysalidea | 15/01/2006

.... La gigantesque base spatiale des Shezars a un nom qui évoque un chat dont le maître en veut à des petits nabots bleus comme il les appelle, c'est assez surprenant.
Dans les vaisseaux conquérants il y a l'Ourobouros. Clin d'oeil à la mythologie égyptienne. Faut-il y voir un signe?
Quant à Zebulon, chef de guerre des Shezars, cela m'évoque "le manège enchanté". C'était délibéré ou simple coïncidence?
Je sens que la suite nous réserve des surprises de taille. J'ai hâte de voir ce que tu nous auras concocté.
Bonne fin d'aprem Urban Poet

Écrit par : Kardream | 15/01/2006

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