17/01/2006

Suite...Le précieux secret

Les civils humains qui demeuraient sur les planètes qui furent récupérées n’avaient pas été tués car non combattants, à part ceux qui dans un dernier sursaut se joignirent aux soldats, mais tombèrent sous domination shezarienne. C’était une situation tout à fait nouvelle pour eux puisque venant de la planète rouge, ils n’avaient jamais connu cela. Certains comprirent alors la situation qu’enduraient les citoyens des autres planètes comme Colonia1 ou Colombus, à ceci près que leur situation était peut être pire encore car les shezars n’étaient sur ces planètes mineures que pour avoir un point d’ancrage supplémentaire dans le cadre d’une guerre, alors qu’ils vivaient sur les autres.

Lors de l’une des incursions nocturnes tentées par les humains, un petit vaisseau fut attiré grâce à l’action de plusieurs aspirateurs ennemis vers l’Ourobouros de Zebulon. Son pilote fut amené au chef de guerre qui le somma de lui révéler comment il était possible de briser le fameux bouclier. L’homme était prêt à donner sa vie sans hésiter pour le sort de la planète toute entière et ne dit rien. Suite à son implacable réticence, il fut torturé durant de longues heures, cependant presque aux portes du royaume des ombres il n’avait toujours rien avoué, les Shezars voyant qu’ils n’en tireraient rien par ce biais, décidèrent alors d’utiliser un disrupteur encéphalique. Cette machine servait en émettant une décharge électrique puissante dans certaines zones précises du cerveau à délier la langue des plus fidèles. Toutefois elle présentait le gros risque de pouvoir griller le cerveau de celui sur lequel elle était utilisée et donc de perdre définitivement la possibilité de retirer l’information désirée. Analysant cela comme étant la seule solution, ils décidèrent de l’employer mais quand le brave vit la terrible machine et comprit qu’il ne pourrait plus lutter, il sectionna sa propre langue et s’étrangla volontairement en l’avalant pour conserver le secret. Les Shezars étaient bien sûr enragés de n’avoir pu soutirer l’information cruciale mais ils respectaient grandement de telles marques de dévotion et de courage.

Malheureusement, tous les humains n’étaient pas faits du même métal et certains virent en l’ennemi leur chance de survie, des conflits apparurent battant en brèche l’unité des Hommes pourtant déjà fragile. Plusieurs vaisseaux tentèrent de quitter sans autorisation la planète rouge pour aller se rendre aux Shezars et requérir leur protection en leur jurant fidélité. Les défenseurs de la planète n’eurent d’autre choix que d’abattre leurs propres ressortissants qui en agissant de la sorte, mettaient en péril la survie de tous. Ils furent complètement détruits… sauf un. C’était un vaisseau rapide qui appartenait à un marchand qui ne vivait que pour accroître son patrimoine personnel. L’homme sans scrupules ne voyait que sa propre survie, ainsi qu’une possibilité lucrative de monnayer ses services et ses informations avec l’ennemi. Il réussit donc à rejoindre l’assiégeant et monta avec son vaisseau à bord de l’Ourobouros. Zebulon en personne le reçut, entouré toutefois de plusieurs gardes qui apparaissaient de manière croissante comme les protecteurs personnels du chef de guerre. L’homme se présenta, il avoua qu’il était marchand et qu’il croyait que l’avenir se construirait grâce aux Shezars et non aux Hommes et qu’ainsi il préférait être du côté des gagnants ; il est dans la nature de tout bon commerçant d’essayer de charmer sa cible et cela fonctionnait aisément avec des esprits singuliers mais seulement il se trouvait face au plus haut représentant d’une race déjà spécialement immunisée contre ce genre de futiles tentatives. Le chef de guerre lui somma de stopper ces vaines flatteries et de lui annoncer la véritable raison de sa venue. Le marchand impressionné par l’aura et l’assurance de son vis-à-vis lui annonça qu’il avait un moyen pour contourner le problème du bouclier, tout en demandant timidement et de façon à peine audible ce que serait sa récompense pour une telle information. Zebulon le regarda avec un mépris difficilement contenu et le somma sans plus tarder de fournir cette information, certes tant attendue. Le marchand lui avoua alors que le bouclier comprenait plusieurs portails qui pouvaient s’ouvrir à différents endroits de celui-ci, sans pour autant que le reste du bouclier ne se dévoile et que ceux-ci pouvaient être ouverts à l’aide d’un code d’identification. Les codes d’identification consistaient en une séquence généthliaque qui n’était connue que par le seul individu mais qui était répertoriée dans les registres centraux de la planète, donnant donc l’accès à celle-ci. Le traître leur donna donc son code pour qu’ils puissent pénétrer.

Les Shezars décidèrent de remplir le vaisseau marchand d’une troupe de soldats d’élites dont la mission allait consister à désactiver le bouclier de l’intérieur en profitant du code d’identification. Ils se dirigèrent donc vers le bouclier mais quand ils entrèrent le code, aucun portail ne s’ouvrit. Durant cette période, plusieurs personnes connaissant le marchand avaient signalé sa disparition, ainsi au centre de contrôle l’on annula l’ouverture des portails qui opérait normalement avec le code de celui-ci car dans l’état de tension palpable, le doute n’était pas permis. Ils s’en retournèrent donc presque fous à bord de l’Ourobouros, dans l’intention de se faire un collier avec les tripes du marchand car ils avaient le sentiment de s’être fait berner.

Quand ils arrivèrent à bord, ils informèrent leur chef de guerre de la situation et celui-ci fixa alors le pauvre homme d’une façon qui ne laisse pas présager un long futur par la suite. Au moment où un lieutenant shezarien s’apprêtait à le frapper à mort pour son insolence et pour l’affront, il jura, pour que l’on épargne sa misérable existence, qu’il y avait un autre moyen bien plus fiable celui-là et qu’il le connaissait également. Il était alors sur le point d’annoncer en parfait traître qu’il était, la véritable nature de la force du bouclier. Après une courte hésitation, il déglutit et leur expliqua que la source du bouclier consistait en une énergie formée par les prières des Hommes pour protéger les êtres qui leur étaient chers. En effet, il existait un énorme bâtiment, le sanctuaire des priants, qui comprenait lui-même une salle gigantesque surnommée l’altar des priants, dans laquelle pouvaient se réunir plusieurs milliers de personnes afin d’additionner les ondes positives de leurs pensées et les transformer ainsi en énergie qui alimentait le bouclier. Tous les priants étaient reliés dans cette salle à des machines extrêmement sophistiquées qui s’occupaient de traduire les ondes des prières, en un gigantesque amas d’énergie grâce notamment à des neuros- décodeurs. Le cerveau était en quelque sorte relié directement à l’aide d’un système ultra performant aux ordinateurs et au champ de force qui n’existait que par l’action des ondes positives de ceux qui avaient quelqu’un à protéger. Cette barrière était bénéfique et c’est pour cette raison qu’elle résistait contre toutes les armes de destruction ou les mauvaises intentions. Les priants se relayaient de manière volontaire pour qu’il y ait en cas de besoin toujours une permanence et que le bouclier ne soit jamais désactivé. Il était cependant possible par le biais des machines qui en assuraient le contrôle de le stopper à tout moment de manière soit ciblée par le biais des portails, soit totale en enlevant purement et simplement la couverture qu’il procurait. L’efficacité du bouclier ne dépendait donc que de la seule foi des priants ; quand ils perdent l’espoir, quand s’immisce le doute, le bouclier est beaucoup moins puissant et donc vulnérable. Le marchand perfide révéla encore qu’il  existait un point plus sensible que tous les autres dans le bouclier mais qu’il ne le connaissait pas. C’était un homme qui était amené à rencontrer beaucoup de monde et il arrivait parfois qu’il entende ou mieux qu’il soutire insidieusement des bribes d’informations qui dans son esprit pouvaient lui servir d’une manière ou d’une autre. Ainsi il entendit probablement cette partie de secret de cette façon. Sachant cela, ils convoquèrent leurs ingénieurs et leurs scientifiques pour tenter de trouver cette faille. Après maintes recherches, leur sens aigu de la science et leur intelligence, leur permirent de remarquer qu’en un endroit, il existait des variations au niveau de la polarisation du bouclier. C’était une surface où tous les points semblaient converger : en plein centre. A cet endroit en effet le bouclier était fragilisé à divers moments car pour qu’il soit aussi étanche que tous les autres points, il fallait que la communion et l’unité des priants qui en assurent le respect soit quasiment totale. Ayant découvert cela, les Shezars fascinés par la complexité et l’ingéniosité technique d’une telle prouesse, en savaient assez pour élaborer une stratégie qui devait venir à bout du plus grand obstacle rencontré. Le marchand redemanda ce que serait son privilège après leur avoir fourni le secret de la victoire mais le chef de guerre, après avoir obtenu l’information qu’il désirait, lui montra toute la haine et le dégoût qu’il avait envers les traîtres et pour le punir de sa félonie, l’éjecta vivant dans le gouffre insondable de l’espace.

 

A suivre...

13:28 Écrit par Banur | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Le gambit Quoiqu'ici il n'y a pas d'avantage de position pour les humains, d'autant qu'ils se font trahir par l'un des leurs, dont le sort était prévisible. Les Shezars respectent le courage et la dévotion, il est donc logique qu'ils ne cautionnent pas le traître, même si les informations qu'ils obtiennent de celui-ci leur procurent un avantage certain.
La question qui vient après cette trahison est comment les Humains, puisque les Shezars connaissent leur point faible, vont-ils faire pour s'en sortir? Il ne fait aucun doute que tu réserves une suite passionnante aux évènements. Ma curiosité n'a d'égale que mon impatience.
Bonne journée Urban Poet

Écrit par : Kardream | 17/01/2006

Je suis impressionnée par la complexité de la défense du bouclier... et surtout que l'unité et la communion des priants soit l'ultime rempart... la force de l'esprit qui se transforme en énergie, en ondes positives ... c'est très beau...
Je n'ai pu m'empêcher de sourire à l'évocation du collier de tripes du marchand... ce qui montre que toi même trouves cet individu plus qu'abjecte... d'ailleurs, son sort est peu enviable...
Mais malgré leur cruauté, les Shezars sont animés de valeurs honorables, comme le respect du courage et de la dévotion... cela est d'ailleurs de plus en plus évident dans ton récit... Leur vouerais-tu une certaine admiration ? sans doute, je crois, car ils font preuve de grande intelligence, d'intégrité et de respect (en tout cas au sein de leur race)
Quant à la suite des événements, je ne m'aventure à aucune hypothèse, enfin, j'en ai bien quelques unes en tête, mais je ne te le dirais pas... je risque trop de me tromper, connaissant les surprises dont tu es capable...
Bonne soirée à toi, Poète des Galaxie, et à bientôt...

Écrit par : crysalidea | 17/01/2006

"Tout bon commerçant... ... doit charmer sa cible" J'aime bien le concept... ;-). J'aime bien ton histoire aussi! Merci beaucoup pour tes commentaires chez moi, bonne soirée et à très bientôt

Écrit par : Syolann | 18/01/2006

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