19/01/2006

Suite...La dernière option

 Le chef de guerre ne voyant pas encore la nécessité de se mêler lui-même aux combats, supervisait les opérations de l’Ourobouros, l’aigle des étoiles, lui, était en charge de la plupart des opérations aériennes et de toutes celles qui impliquait la flotte de Colombus en tout cas. Au sol, dans les steppes ardentes, le seigneur Xeratos  contrôlait les phalanges shezariennes. C’était un véritable guerrier qui menait lui-même ses soldats au combat, il était grand, large d’épaules, possédait des muscles saillants, avait des cheveux noirs coupés très courts ainsi qu’une une barbe fine et sombre qui ternissait encore un peu plus son visage hargneux, lui-même marqué par deux profonds sillons qui creusaient ses joues de part et d’autre de ses lèvres épaisses. Il avait un œil marron et un œil vert, qui semblaient représenter dans toute leur profondeur, à la fois le calme du stratège et la tempête qui anime le guerrier. Sa boucle d’oreille semblait refléter toutes les nuances de sa personnalité, inscrites dans les diverses expériences qui l’avaient formé. Il était totalement intraitable avec ses ennemis, la clémence n’était pas une option pour cet être doté d’un sens exceptionnel du combat. Il vivait uniquement pour la gloire du champ d’honneur, pour que son nom soit gravé dans les mémoires, pour prouver son dévouement à son chef suprême et pour l’atmosphère unique des combats qui lui permettaient de se confronter à de valeureux adversaires. Pour tout cela, il n’hésita pas à nommer son fils comme esclave de la grande bannière. C’était le titre qui était donné au porteur de celle-ci, qui devait la protéger jusqu’à la mort devant la brandir jusqu ‘à son ultime souffle. La bannière éclatante de couleur jaune et mauve était accrochée à une gigantesque hampe qui se terminait par une pointe acérée. Un cristal de myaléthite était représenté au milieu de la bannière, dans un cercle formé par les inscriptions suivantes : Ad gloriam, Ad mortem, Ad unum, très caractéristiques de leur esprit. En raison de la taille gigantesque de la bannière, son porteur ne pouvait se servir que d’un seul bras pour se défendre au mieux et n’avait pour ce faire qu’un petit pistolet à faible portée, c’était donc un rôle très honorifique, connu et respecté de toute l’armée mais qui présentait un danger accru. Pour les Shezars, les liens du sang ne signifient rien, ils appartiennent tous à la même race et ne respectent que la valeur personnelle, par conséquent ils ne sont pas forcément plus respectueux de leurs ascendants ou descendants que des autres. Il avait choisi son fils pour voir si il pouvait se montrer digne de son respect et de son estime en prouvant sa valeur.  Depuis longtemps, le seigneur Xeratos attendait ce jour, où il pourrait enfin se distinguer dans une bataille majeure ; il avait bien participé à plusieurs actions d’importance diverses comme la guerre contre les Krakors mais jusque là le terrain de la guerre avait été aérien. Dans la bataille, il mit d’abord les titans en première ligne car leur portée de tir était plus grande que celle des blindés humains, harassa ensuite les troupes ennemies en lançant des raids avec ses unités de soutien mobile qui se frottèrent à l’ala mechanicus, créa un écran de fumée pour couvrir ses mouvements toue en ordonnant des tirs sur les positions ennemies et réussit suite à ces manœuvres à arriver à une distance raisonnable pour que l’infanterie entre en action. Ses phalanges étaient plus fournies et plus nombreuses que celles de l’ennemi, mieux équipées aussi, les combats étaient rudes, les humains tentaient de résister mais beaucoup écrivirent sur le sable rouge, leur dernier poème. Il faisait affreusement chaud, la poussière et le sable décuplant encore cet effet dans la gorge en l’asséchant comme un puits tari, les combattants tombaient en masse des deux côtés mais les humains malgré leur courage ne semblaient faire que repousser l’inéluctable car à chaque heure passée, la situation devenait plus critique. Les « purificators » ennemis faisaient des ravages avec leur flammes dévastatrices mais l’ala mechanicus, la cavalerie d’acier, qui comprenait probablement la crème des troupes humaines au sol, ne relâchait pas la pression, menant des charges incessantes en taillant une fresque morbide dans les rangs shezariens. Les blindés tentaient toujours de se neutraliser, les « angelus » continuaient d’appuyer leurs hommes et les soldats se livraient un âpre combat. Pendant ce temps, à Babelopolis, le commandement avait été assuré, bien que ce ne fut guère prévu, par Jisarius, ayant imposé son charisme tout naturellement aux autres soldats qui le suivirent lui et ses chasseurs. Il avait quitté son poste de gouverneur de Colombus exactement pour ce type d’action et ne fut pas déçu. Son crâne rasé luisait sous le soleil de feu, son visage anguleux vibrait sous l’excitation visible par l’action des nerfs faciaux, ses yeux, petits, étroits et serrés fixaient sans ciller l’horizon d’une manière conquérante, son nez était plat, long et fin, son menton court et légèrement relevé et l’ensemble lui donnait un air très austère. Il avait décidé de ne pas porter de casque, ce qui ne faisait que renforcer son caractère intimidant. Sa longue cape mauve traçait des vagues colorées dans son sillage, alors qu’il fouillait la ville à la recherche d’adversaires à affronter. Des combattants il y en avait partout et pour les confronter, il ne portait pas de bouclier mais une épée énorme qu’il devait déchaîner à deux mains. Sa défense était donc bien réduite puisqu’il ne portait ni casque ni bouclier mais son attaque et son aura s’en trouvaient sublimées, il n’était pas inconscient face au danger, il adorait simplement le poursuivre. Plusieurs hommes courageux tombèrent sous les grands moulinets dévastateurs de sa large épée dont la surface lui permettait de bloquer les tirs ennemis. Les chasseurs étaient transcendés par les actions de leur chef et firent chanter à leurs épées des oraisons glacées. Ils se divisèrent alors en plusieurs escouades, chacune composées de soldats sous le commandement d’un chasseur, pour tenter de prendre les bâtiments qui constituaient des symboles aux yeux des humains. Jisarius se dirigea avec plusieurs unités vers l’hôtel des cultes et combattit les défenseurs du lieu ; par deux fois, il failli être touché par un tir hostile mais des chasseurs s’interposèrent pour sauver leur coryphée. Les combats étaient durs là encore et les humains qui s’étaient perchés au sommet du bâtiment et qui épaulaient leurs frères d’arme au sol, arrivaient à causer des pertes significatives dans les rangs adverses jusqu’à ce qu’une grenade incendiaire ne les déloge. Malgré tous leurs efforts, ils perdirent le contrôle de la bâtisse et le drapeau rouge fut bientôt piétiné et remplacé par les couleurs jaune et mauve de celui des Shezars qui claquait dans le vent espiègle. Le primintendant qui ne voulait pas quitter les lieux, tenta de tuer Jisarius en ramassant un canon à pulsion électrique afin de lui envoyer une décharge fatale mais celui-ci lui asséna un grand coup et le trancha d’un mouvement net de l’épaule gauche à la hanche droite avant qu’il n’en ait l’occasion. C’est donc ainsi que s’éteignit le guide suprême des cultes, un épais filet rougeâtre gorgeant bientôt sa longue robe blanche en tissu sur laquelle une planète déposée dans des mains ouvertes et représentant le culte universel était brodée. Le grand exterminateur ramassa le chapelet qui se trouvait dans la main du défunt le mit autour de son poignet, essuya d’un revers de la main les gouttes d’une substance mêlant sang et sueur sur son front et sortit nonchalamment en ordonnant aux soldats de tenir la position et à ses hommes de le suivre.   Pendant ce temps, d’autres sections avaient attaqué la Magna Libraria dont le dôme touché par la déflagration d’une bombe sonique ne comportait plus que la moitié de sa structure originelle selon une coupe transversale. Les Hommes tentaient de conserver leurs ennemis à distance en utilisant leur puissance et leur cadence de feu, grâce aux tourelles qui avaient été placées sur les marches blanches de l’édifice, mais après plusieurs heures de résistance ils durent se résoudre au combat rapproché, les chasseurs sortant alors comme des furies des lignes arrière pour prouver la suprématie de leur art en ce domaine. Les tirs, les coups, les grenades, les bombes, les flammes, pouvaient venir de toutes parts dans cette mêlée gigantesque et l’on vit bientôt le drapeau de l’envahisseur s’élever au sommet du centre de l’Héritage humain. Les Shezars semblaient trop nombreux, trop organisés, trop bien équipés, pour que les braves défenseurs ne puissent vaincre. Tout Babelopolis résonnait sous les tirs, les explosions et les cris, quand les membres du Haut Conseil, toujours en train de méditer et de réfléchir dans leur quartier général décidèrent, constatant la supériorité de l’ennemi d’activer les sirènes d’alarme annonçant à tous le déclenchement de l’opération Ragnarok.

 

A suivre...

19:10 Écrit par Banur | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

L'avancée des Shezars Les phalanges shezariennes (je m'imagine très bien les troupes se mettre en formation) se déploient comme des tentacules démesurés tant par la taille que par la puissance. Un nouveau personnage apparaît en la personne de Xeratos qui semble être le plus impitoyable de tous les Shezars.
Les Humains ripostent comme ils peuvent, mais sont dépassés par la masse de leurs adversaires. Tu termines avec les sirènes annonçant le déclenchement d'une opération que tu as baptisée Ragnarok et qui laisse augurer d'un dénouement spectaculaire qui prendra probablement plusieurs "épisodes". Tu sais distiller le suspens de manière à créer l'envie de connaître la suite tout de suite. Ma patience est mise à rude épreuve. J'ai hâte de lire la suite.
Bonne soirée Urban Poet

Écrit par : Kardream | 19/01/2006

Le rêve bleu La bataille terrestre continue... et tes descritpions sont toujours aussi fouillées, de plus en plus précises sur les physiques des protagonistes, j'ai l'impression... on peut ainsi mieux appréhender leur singularité... Les humains montrent dans ces combats des qualités dignes de vrais guerriers, courageux, fidèles, braves... mais, leurs éléments les plus valeureux sont jusqu'à présent toujours tombés au combat... ici, le guide des cultes, et avec lui, ce qui me paraît être crucial, la Magna Libraria, Héritage de humain, contenant les vestignes du rêve bleu...
Il semble que là, un véritable tournant s'amorce... c'est en tout cas ce que laisse présager l'opération Ragnarok...
Je remarque ta précision quant aux liens du sang qui ne signifie rien pour les Shezars... une différence majeure avec les hommes... je suis curieuse de savoir si et comment ces différences de valeurs au niveau émotionnel joueront un rôle... on peut même se demander si les Shezars sont capables d'en éprouver...
Bonne nuit à toi, Poète des Galaxies... et à bientôt pour la suite palpitante de ton histoire...

Écrit par : crysalidea | 19/01/2006

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