24/01/2006

Suite...De multiples horizons

A Eliosis, les bâtiments devenaient de plus en plus hauts, la technologie, de plus en plus prononcée et la population se trouvait en augmentation constante, toutefois la criminalité y était très faible car les milices de l’ordre, encore appelées « gants du pouvoir », sévissaient de manière ininterrompue pour la réprimer. Même si un certain rapprochement était à l’œuvre, les perturbateurs étaient toujours aussi durement sanctionnés. Les gants du pouvoir étaient équipés d’uniformes d’un gris profond, rehaussé de larges bandes d’un bleu qui rappelaient les profondeurs marines sur le côté et au centre. Ces uniformes avaient un col rond qui couvrait entièrement le cou, des manches serrantes au niveau des poignets et étaient fabriqués dans une matière solide et brillante qui réfléchissait les multiples néons de la ville.  Sur les planètes contrôlées, les humains ne disposaient plus d’aucune force d’armée, les derniers représentants militaires de la race s’étant embarqués pour le long périple sidéral. Tous étaient donc des civils, certains employés dans le domaine des services mais en général pas à l’administration, qui était une affaire shezarienne, d’autres qui faisaient parties des gants du pouvoir, les forces de l’ordre, certains qui devenaient scientifiques, d’autres encore travaillant dans la construction ou le commerce mais les civils Shezars, car il y en avaient aussi forcément, étaient toujours préférés en cas de choix à faire. Un autre succès croissant était les « karuki », sortes de bars dans lesquels les humains ainsi que les représentants des autres races avaient l’habitude de se retrouver pour discuter, écouter de la musique ou encore consommer de l’alcool d’arxiane, fait avec la fleur du même nom et devenu très populaire car à faible dose il avait pour effet d’échauffer légèrement le sang, provoquant une sorte d’euphorie et adoucissant les tracas. Ces endroits n’étaient qu’exceptionnellement fréquentés par les Shezars ordinaires mais étaient spécialement surveillés par les gants du pouvoir par contre, car ils rassemblaient aussi dans des salles sombres, au fond de petites rues glauques éclairées par quelques vieux néons fluorescents qui clignotaient de manière intermittente, des hors-la-loi ou des opposants au régime, en quête d’un lieu pour se réunir. Ceux-ci tentaient vainement de reformer un mouvement qui puisse à nouveau s’élever contre le pouvoir de l’ennemi mais une marge grandissante des leurs, s’étant vu confiés quelques postes auparavant inaccessibles, grisés par ces apparentes responsabilités, n’hésitait pas à les dénoncer ou les trahir. L’aigle des étoiles, en tant que chef rusé, semblait doucement remporter son pari du rapprochement. La religion et l’histoire des Hommes étaient toujours interdites mais Zaccharias intéressé par le passé de ceux-ci avait fait construire quelques édifices selon leur ancienne mode, apportant un contraste marquant avec les constructions toujours plus extravagantes que le développement favorisait. Même si le système était encore dur, les humains commençaient petit à petit à s’y habituer, alors que certains Shezars qui avaient tout le temps vécu dans la guerre en vinrent presque à regretter une galaxie entièrement sous contrôle qui ne comprenait plus personne à combattre. Dans ce cadre, Colombus était toujours centrée sur l’extraction des minerais mais était également le lieu de résidence de nombreux Shezars qui y voyaient le véritable symbole de leur race. La planète comprenait aussi nombres de laboratoires très pointus qui profitaient de l’atmosphère particulière ainsi que de la composition du sol pour faire progresser la technique, si importante à leurs yeux. Vulcano connaissait un nouvel essor touristique, Val Katarn hébergeait sur son sol diverses installations, des habitants de multiples origines qui s’y étaient installés depuis les réformes et aussi quelques Krakors affranchis qui purent retourner sur leur planète natale après de dures années de labeur dans les divers centres d’extraction. Dzartan demeurait le lieu à éviter, n’améliorant pas sa réputation, alors que Firzar et les quelques autres petites planètes secondaires, jouaient chacune leur rôle. Tout se poursuivit donc selon ce schéma pendant plusieurs années…

Dans l’espace, l’expédition des humains qui avaient dû traverser des tempêtes sidérales, des couloirs d’astéroïdes, une épidémie qui avait forcé la dispersion des corps dans l’immensité du cosmos et bien d’autres péripéties, arriva finalement après six années sur une planète qui pouvait être explorée. Au début, seuls quelques vaisseaux furent envoyés avec des spécialistes et des scientifiques, pour y étudier les possibilités. Cette planète avait une densité moindre que leur ancienne patrie, des grosses variations de température, et ne comportait d’eau que sous forme de vapeur. Cependant, les conditions ayant été jugées difficiles voire extrêmes mais viables et ayant absolument besoin de se ressourcer, ils tentèrent de s’y installer. Pendant les six années d’exode, ils avaient réussi à mettre le doigt sur de nouvelles avancées scientifiques, dans les laboratoires installés sur les trois caravelles, afin de faciliter un minimum leur nouvelle installation. La vapeur d’eau fut rendue liquide et des machines, jumelées à d’imposantes pompes, furent crées pour dupliquer l’oxygène qui n’était pas extrêmement répandu. Cette planète ne connaissait que deux saisons, la première consistait en une période de froid intense, atteignant des températures nettement en dessous de zéro, la seconde était une période de chaleur, pouvant atteindre des températures particulièrement élevées. Pour remédier à cela, ils mirent au point, non sans difficulté, des dispositifs chargés d’emmagasiner la chaleur afin de réchauffer l’atmosphère pendant la période froide et à l’inverse de la refroidir pendant l’autre saison. Même en tenant compte de cela, les conditions y étaient particulièrement difficiles et différentes de tout ce qu’ils avaient pu connaître jusqu’à lors. La plupart des structures qu’ils construisirent dans les mois suivants étaient reliées entre elles par des couloirs et des tunnels intérieurs, ce qui limitait les besoins de sortie. Ils décidèrent de la nommer Galacticon et tentèrent de reprendre une nouvelle vie, marquée déjà par tant d’épreuves, non sans espoir de pouvoir un jour retourner porter secours à tous leurs semblables, prisonniers de la deuxième galaxie…

Pendant ce temps, Jisarius et sa flotte avaient aussi parcouru d’énormes distances et parvinrent finalement, après sept longues années, à leur tour sur une planète. Ses effectifs étaient imposants et il disposait aussi de la puissance de l’impératrice de l’aube, gigantesque base, qui comprenait entre autre une immense salle d’entraînement, dans laquelle lui et ses chasseurs avaient pu continuer à s’exercer, parfois de manière fatale, au combat.

Cette planète était composée de marais à l’odeur putride, où les insectes atteignaient des tailles immenses et où la végétation étrange aux couleurs pâles semblait presque être animée d’une conscience vivante, toutefois toutes les structures essentielles à la vie semblaient y être réunies et Jisarius ordonna à ses hommes d’explorer plus amplement les lieux. Il envoya ne troupe d’anciens prisonniers de Dzartan avec un certain nombre de soldats de base pour remplir cette mission… on ne les revit jamais.                   

 

A suivre...

12:44 Écrit par Banur | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

Après les batailles Une pause dans les combats avec les Shezars, les Humains ne sont pas tranquilles pour autant puisque leur exode n'est pas de tout repos. Les bars et les ruelles glauques avec des Humains qui essayent de reformer un mouvement qui puisse contrer le pouvoir des Shezars, cela me fait trop penser à Cobra.
Les Humains trouvent une planète et s'y installe, même si les conditions de vie sont plutôt rudes, c'est courageux de leur part.
Jisarius, dont les idées sont en opposition avec celles de Zaccharias, envoie des anciens prisonniers de Dzartan sur une planète dont il ignore ce qu'elle renferme, mais qui doit être redoutable si les hommes ne sont jamais revenus.
Le combat n'est pas terminé entre Humains et Shezars et je me demande ce que tu vas inventer pour la suite, que j'attends avec impatience.
Bonne journée Urban Poet

Écrit par : Kardream | 24/01/2006

un peu de calme avant... ? Dans l'aparente tranquilité d'Eliosis, la vie semble être structurée et avoir atteint un certain équilibre... bien que de part et d'autre, on soupçonne des nostalgiques des systèmes passés mais les gants du pouvoir sont là pour dissuader tout soulèvement, je crois... l’alcool d’arxiane me fait penser à l'absinthe, et dans les karuki, les esprits doivent s'échauffer... et se perdre aussi peut-être...
Merci d'avoir fait un point de rappel sur les planètes et leur rôle respectif... car de nouveaux noms s'y ajoutent et il faut s'y habituer... ainsi, Galacticon, nouvelle terre des hommes, et bientôt celle de Jisarius... qui semble maléfique d'ailleurs... Je remarque que les hommes ont une longueur d'avance sur Jisarius quant à leur nouvelle installation... Je n'ai plus qu'à me laisser surprendre par la suite des événements...
Bonne soirée à toi, Poète des Galaxies, à bientôt...

Écrit par : crysalidea | 24/01/2006

J'en avais... de la lecture en retard! Je me plonge dans ton histoire, jolie tournure de phrases, imagination superbe! J'attends la suite... A bientôt

Écrit par : Syolann | 25/01/2006

Les commentaires sont fermés.