25/01/2006

Suite...Les cauchemars des marais

Le grand exterminateur Jisarius, décida alors d’envoyer une deuxième troupe composée cette fois de quelques chasseurs, membres d’élites mais aussi d’un dévouement total envers lui. Le temps passa et il n’eut aucun signe de ce groupe là non plus. Jusqu’au moment où un seul de ceux qui étaient partis, réapparut. Il s’agissait de Tarsus, une jeune recrue dans cette caste d’élite puisqu’il n’avait prêté serment que peu avant le départ pour le long périple qui les avait amenés sur cette planète. Toutefois, dans la salle d’entraînement de l’impératrice de l’aube, il semblait s’être particulièrement distingué en montrant sa détermination. Il était de composition assez solide, sa taille semblait relativement grande, il avait des yeux bruns, tout comme l’étaient ses cheveux, coupés de manière circulaire tout autour de sa tête, à longueur égale. Il possédait aussi une mâchoire puissante qui augmentait l’impression de volonté. Toutefois quand il réapparut, son état était déplorable : il avait une partie du visage en moins, un bras arraché, avait visiblement perdu beaucoup de sang et était plus mort que vif. Il avait certainement dû lutter atrocement contre la mort pour revenir jusque là, poussé par la loyauté indéfectible envers son maître. Il tenta de décrire ce qui s’était passé mais ses mots étaient confus, presque incompréhensibles, seulement on pouvait déceler dans son regard, une horreur difficilement contenue. Dans son discours ténébreux, un mot avait cependant été clairement compris, c’était le mot abyssus. Jisarius et les autres membres présents se regardèrent alors avec un air surpris. Le mot abyssus ne pouvait faire référence qu’à une seule chose ; à un projet qui avait porté le même nom. Pendant la longue traversée, le grand exterminateur fit mener dans les laboratoires de l’impératrice de l’aube, des expériences sur d’anciens prisonniers humains de Dzartan et celles-ci portaient le nom de « Projectus Abyssus ». Lors de ces expériences, il fut tenté des implants mécaniques, qui s’étaient avérés infructueux, nombre d’anciens prisonniers ayant été sacrifiés pour cela. Le mélange de parties mécaniques totalement fonctionnelles sur un corps humain n’avait rien donné. Pourtant, il semblait bien que le jeune Tarsus, n’ayant plus aucun autre espoir de survie, désirait être volontaire pour rouvrir le projet Abyssus. Jisarius demeurait sceptique mais par respect pour son chasseur et aussi dans l’espoir que cela fonctionne, décida finalement d’accepter et ordonna aux scientifiques shezariens de s’occuper des préparatifs. Une énorme pression était maintenant mise sur leurs épaules, car en plus du résultat attendu par leur chef, ils devaient s’activer afin d’éviter que le jeune volontaire ne perde tout son sang et surtout que ne s’arrête de battre sa pompe vitale, seule composante avec le cerveau qui importait vraiment. Les médecins ayant réussi à stopper la perte du précieux liquide, l’expérience était fin prête. Ils tentèrent alors de remplacer toute la partie droite de la moitié supérieure de son corps, ainsi que la partie gauche de son visage et de son crâne, des fils mécaniques remplaceraient ses vaisseaux et se connecteraient aux organes correspondants demeurant actifs. L’opération dura de longues heures, sous la pression et le poids de l’incertitude mais les génies du laboratoire, fournirent le meilleur d’eux-mêmes pour arriver au résultat attendu. Tarsus, était bien là, toute ses fonctions vitales stabilisées, découvrant lentement en émergeant, son nouveau corps de métal. Le chef des chasseurs alla le voir pour lui demander comment il se sentait et surtout pour qu’il lui raconte ce qui s’était passé lors de la sortie d’exploration. Tarsus ayant encore des difficultés pour parler lui raconta alors que son unité avait traversé une bande de végétation qui semblait inexplicablement vivante et qu’après ils étaient arrivés au milieu des marais. Là, des créatures abominables, étaient sorties comme des démons des eaux putrides et s’étaient jetés sur eux avec une rapidité effrayante. Les chasseurs, avaient tenté de sortir leurs épées et tuèrent quelques unes des créatures mais ils finirent tous par mourir sauf lui. Jisarius demanda alors qu’il décrive ces abominations. Selon les dires de Tarsus, il s’agissait de créatures ayant une très vague allure humanoïde, au corps long et famélique, qui possédaient deux membres inférieurs se terminant par des sortes de griffes. Deux membres supérieurs très étirés et très fins, s’achevant à leur extrémité par une variante de main à trois doigts en forme de piques ou d’aiguilles les caractérisaient également. Leur peau semblait être en décomposition et reflétait une couleur pâle, leur visage connaissait à peu près la forme que celui des humains, était décoré par deux grands yeux d’un vert sinistre et leur bouche cachait des crocs acérés qui ne demandaient qu’à déchiqueter les visiteurs trop curieux. On aurait dit, toujours selon Tarsus, qu’ils faisaient partie intégrante des marais. Jisarius maintenant informé de la situation, décida de descendre sur la planète lui-même, avec un nombre bien plus important de soldats et de chasseurs, ainsi qu’avec des « purificators » qui comme leur nom l’indique aurait pour mission de purifier par les flammes ces marais maudits. Les Shezars commencèrent donc leur expédition, avec en tête, à la suite du grand chef, Tarsus dans son tout nouveau corps, mû par une envie de destruction et de vengeance nouvelle. Quand ils pénétrèrent dans la partie remplie de végétation, ils furent attaqués par celle-ci, les plantes visiblement vivantes attrapèrent les soldats au cou pour les étrangler, d’autres, de taille gigantesque se refermaient sur eux pour les étouffer, certaines encore donnaient des coups violents de branches ou de racines. Les coups d’épées des chasseurs pleuvaient de partout, les soldats ouvraient frénétiquement le feu sur tout ce qui les environnaient et les purificators nettoyaient la zone par les flammes. Après avoir combattu plusieurs heures dans ces conditions et tout en avançant, ils finirent par atteindre l’immense zone dégagée des marais, en étant forcés de déplorer des pertes dans plusieurs unités. L’odeur de l’eau stagnante des paluds prenait à la gorge, l’air semblait empoisonné, les plus faibles se sentant pâmer ou défaillir rien qu’avec les miasmes. Soudain, ils jaillirent des eaux, leurs formes hideuses se dégageant en soulevant les couches de couleur beige qui couvraient ses maudites étendues. La bataille commença alors, c’était leur territoire et ils entendaient bien le défendre. Ils pouvaient causer des dégâts aussi bien avec leurs griffes inférieures, qu’avec leurs doigts pointus, qu’avec leurs dents acérées. Tarsus se lança comme un possédé dans le combat, semblant ne plus rien craindre dans son corps de métal ; il avait demandé à pouvoir porter une masse d’arme électrifiée, ce qui permettait d’occire non seulement par un coup contendant mais également grâce à la décharge qu’elle pouvait produire. Les créatures se jetaient sur lui avec rapidité et férocité mais il arrivait à se protéger grâce à son bras bionique qu’il utilisait presque comme un bouclier pour ensuite tenter de frapper violemment avec une force décuplée. Pendant ce temps là, les purificators balayaient toute la zone avec d’immenses jets de flammes, qui semblaient particulièrement efficaces contre ce mystérieux ennemi. Les Shezars gagnaient du terrain, ils repoussaient à chaque fois un peu plus loin ceux qu’ils nommèrent les « palusites » ou encore cauchemars des marais, mettant systématiquement le feu à toutes les zones qu’ils dépassaient. Quand ils arrivaient à sécuriser un certain périmètre, ils établissaient un campement en laissant une quantité de soldats et de ressources et poursuivaient avec le reste.

Ils commencèrent aussi à se servir de leurs vaisseaux pour bombarder les parties restées vierges à leur exploration et s’y aventuraient ensuite pour finir le travail. Certains qui n’étaient que soldats en partant de Colonia1 ou Colombus, avaient prêté le serment des chasseurs pour rejoindre l’élite de Jisarius pendant leur épopée galactique, ils s’étaient entraînés durement mais il était maintenant temps de prouver leur véritable valeur.

Les Shezars pouvant compter sur leur équipement et sur de lourds effectifs, parvinrent à dominer les palusites, notamment en aspirant à l’aide de grosses pompes, l’eau des marais dans laquelle ils semblaient vivre. Après de très nombreux mois, certains Shezars ayant été exposés longtemps aux eaux putrides et aux odeurs viciées présentaient des signes d’une maladie étrange qui attaquait la peau avant de s’étendre aux organes situés sous celle-ci. Cela fut appelé syndrome des marais et plusieurs connurent une mort lente par ce processus bien après les combats ; nul ne sait si les palusites appartenaient autrefois à une race différente et qu’ils furent transformés par la longue exposition aux marais ou si ils sont apparus comme cela dès l’origine. Après s’être rendu maître de la situation, du moins sur une partie de la planète, Jisarius décida qu’ils allaient s’y installer. Des travaux titanesques commencèrent alors. La végétation animée d’une conscience vivante, paraissait dans un réflexe naturel de survie sans doute, obéir au plus fort car après que les Shezars aient vaincu les palusites, elle obtempéra et cela après que de grandes quantités aient été brûlées.

Une fois la végétation et les palusites dominés, ils asséchèrent les marais et traitèrent l’eau pour la rendre exploitable. Ils profitèrent alors des terres rendues fertiles pour améliorer les possibilités du sol et colonisèrent en masse ce nouvel habitat, pour un nouvel essor, pour un nouveau départ…        

 

A suivre...

22:21 Écrit par Banur | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Commentaires

Terrifiant Je ne voudrais pas être à la place de ses pauvres Shezars sur cette planète hostile. Le syndrome des marais semble redoutable.
Tarsus, voilà un Shezar courageux, prêt à se faire implanter du métal pour continuer sa mission.
Bonne nuit Urban Poet

Écrit par : Kardream | 25/01/2006

Suite Des circonstances indépendantes de ma volonté m'ont fait abréger mon comm.
Tarsus me fait penser à Anakin après qu'il se soit battu avec Obi-Wan, quand Palpatine le fait emmener pour lui mettre des jambes et des bras en métal et le transformer en Darth Vador, sauf qu'il n'a pas eu à basculer du côté oscur. Sa coiffure, par contre, me fait penser à celles de l'époque de Jeanne d'Arc, le décalage est voulu et cela contribue à accentuer son côté loyal et dévoué envers Jisarius.
Les cauchemars des marais me font penser à Alien, même s'ils ne leur ressemblent pas d'aspect, leur côté redoutable et inquiétant est dans le même esprit je trouve. Est-ce que le syndrome des marais a été éradiqué totalement ou les Shezars risquent-ils toujours d'attraper cette maladie?
Tu n'évoques pas du tout les Humains fraîchement arrivés sur Galacticon. J'ai hâte de découvrir ce que tu réserves aux Shezars comme aux humains.
Bonne journée Urban Poet

Écrit par : Kardream | 26/01/2006

La planète de jisarius Tarsus, je l'imagine grand, fier et d'une certaine beauté... et le fait d'être composé de chair et de métal ne fait qu'accentuer aon aspect singulier... jouera t'il un rôle important dans les épisodes à venir?
Que d'étranges rencontres dans ces marais! bien sûr ces êtres monstrueux, mais aussi la nature vivante... comme dans les contes, soit hostile et noire, soit protectrice et brillante... (peut-être le deviendra t'elle ?) ... Pour la première fois je crois, on espère la victoire des Shezars sur leurs adversaires.. Nouvel essor, nouveau départ, chacun semble donc avoir trouvé son équilibre... en apparence tout au moins...
Je me demande comment tout ceci va évoluer...
à bientôt, Poète des Galaxies, bonne après-midi à toi...

Écrit par : crysalidea | 26/01/2006

Bonjour Banur Je ne peux à nouveau que te remercier pour tes comm. toujours judicieux.
Ils sont pour moi d'une aide précieuse.
Bonne fin de semaine et amitiés

Écrit par : DUKE | 27/01/2006

je suis tellement prise par la lecture de tes textes que je n'ai plus de temps pour un com
Allez je file mais pas avant de t'avoir fait un bisou doux

A bientôt

Écrit par : eyes | 27/01/2006

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