27/01/2006

Petit break réflexion avant la suite de l'histoire

Suite à un échange par rapport à Jean Paul Sartre avec une persone que j'aime beaucoup, je me suis plongé dans quelques réflexions que j'ai décidé de partager avant de reprendre la suite de mon histoire.

 

Tout a commencé par la citation de l'auteur susmentionné qui veut que

"l'Homme est condamné à être libre"... pensée tout d'abord indissociable de l'autre: "L'existence précède l'essence"... pour les objets par exemple, l'essence précède l'existence puisque tout objet est créé selon un mode préétabli et pour une fonction tout aussi claire que prédéfinie.

Selon Sartre pour l'Homme, c'est l'inverse car aucune structure, aucun destin selon lui ne le prédéfinit, l'existence précède donc l'essence, il est libre de ses choix, il n'est formé que par ce qu'il choisit de faire... la liberté est alors une responsabilité bien réelle et à ce titre, l'Homme est condamné à être libre... la liberté est donc innée, passive, intrinsèque, naturelle... seule la mauvaise foi, toujours selon lui, le pousse à nier cette vérité et à fuir ses responsabilités inhérentes à sa liberté par définition acquise... je n'adhère pas à cette pensée....

Je pense que l'Homme naît dans un système, une société déterminée et que ce système, l'enferme dès la naissance, dans un carcan, dans une sphère propre qui limite ses choix, qui le conditionne, sphère pouvant varier selon le système. L'Homme est un numéro parmi d'autres et n'existe qu'en corrélation par rapport à ceux-ci et au système qui les englobent....

Selon moi, l'Homme est donc "condamné à être prisonnier"... il n'est pas uniquement fait de choix libres, délibérés et conscients qui font ce qu'il devient mais il est INCONSCIEMMENT orienté par l'action insidieuse du système et des autres à prendre les "choix" qu'il pose.... Sartre dit que l'Homme a la CAPACITE d'être libre... c'est tout à fait vrai... ce qui ne veut pas dire qu'il met nécéssairement cette capacité en oeuvre... un exemple: une personne a la capacité de courir le 100m en dix secondes mais elle ne le sait peut être pas, ce qui fait qu'elle ne mettra peut être jamais cette capacité en oeuvre... c'est la même chose pour la liberté... selon moi elle n'est pas passive ou innée, elle se gagne, elle s'acquiert, par l'action de divers sacrifices, par la volonté, par la force qui permet d'écouter notre coeur au plus profond, par le courage qui nous pousse à poursuivre nos rêves au delà de tout... l'accomplissement de nos buts intimes et personnels est la véritable voie vers la liberté qui je le répète n'est pas automatique. Selon Sartre, c'est la mauvaise foi qui fait que les Hommes, pourtant conscients de leur liberté, décident de ne pas l'assumer et de fuir leurs responsabilités... je soutiens au contraire que les Hommes pensent user de responsabilités qu'ils croient à tort posséder puisque insidieusement, ils sont influencés par la société et par les autres... c'est seulement en cherchant ACTIVEMENT à trouver la liberté de l'individu qui lui permet de se singulariser en se détachant des structures contraignantes ainsi que du regard de la société ou des autres, que celui-ci l'acquiert et non par un effet automatique et présent dès la naissance en tout Homme. Sartre ne nie pas le conditionnement social ou historique mais il ne prend pas en compte le fait que selon moi ce conditionnement soit parfaitement inconscient, insidieux et que le danger vient précisément de là, les Hommes croient être libres, alors qu'ils font en réalité partie du calcul de ce que j'ai nommé "la grande mathématicienne", la société moderne,  qui est une équation composée d'autant de chiffres qu'il y a de personnes pour la former. Bien sûr ils ont une certaine marge d'action qui leur laisse une liberté relative mais la véritable liberté ne s'acquiert que quand on a plus peur de sortir de cette fraction prédéfinie... cela n'est pas un processus facile et s'accompagne nécéssairement de sacrifices en chemin... je ferai encore référence à un autre grand penseur: JJ Rousseau, en ce qu'il soutient que la liberté est un bien inaliénable et que si l'Homme y renonce, il n'est plus humain... je seconde cette pensée car la liberté devrait être plus qu'un droit mais un devoir pour tout Homme... cela rejoint donc bien l'idée qu'il faut la défendre et se battre pour elle... ne poursuivait-il pas d'ailleurs en disant que l'Homme est naturellement bon mais que c'est la société qui le pervertit...cette vision est peut être idéaliste et simpliste dans sa première partie mais n'est pas dénuée de sens dans sa seconde... je pense que l'Homme est naturellement amené à devenir ce qu'il rencontre et expérimente mais avec en effet une propension de la société à le rendre mauvais par son action insidieuse...

Voilà j'en termine, je voulais faire part de mes pensées, je suis ouvert à tout commentaire et réaction sur le sujet et pour ceux qui attendent la suite de l'histoire, j'essaierai de ne pas traîner.  

17:08 Écrit par Banur | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

La liberté La liberté est la possibilité de pouvoir agir sans contrainte. Or la société nous contraint à tout un tas de choses et donc, elle entrave notre liberté. Nous ne sommes libres que dans une certaine mesure, celle que la société nous impose et pour moi, la seule vraie liberté est la liberté de pensée. Pour ce qui est de la liberté d'agir, c'est un combat permanent avec la société dont les règles contribuent à ce que les hommes deviennent ce qu'ils ne sont pas intrinsèquement, à savoir mauvais.
Pour la suite de ton histoire, essaye, en effet, de ne pas traîner, j'aimerais savoir ce que tu réserves aux Humains et aux Shezars.
Bonne soirée Urban Poet

Écrit par : Kardream | 27/01/2006

L’homme est un animal social - Platon Je crois qu’une partie des comportements de l’homme relève de l’inné (comme les contraintes biologiques, la faim, la soif etc…), par contre, et ce dès la naissance, ses comportements, agir et penser, relèvent d’un apprentissage social, culturel, c’est à dire l’acquis… pour moi, la question est de savoir dans quelle mesure l’homme est apte à la liberté, comment il peut y accéder, tenant compte de ses acquis qui influencent ses choix et qui sont à l’origine de l’illusion de libre choix… nous ignorons ce qui détermine nos actions et nos choix, et pensons choisir librement… Je crois que l’homme a le pouvoir de choisir si il exerce son pouvoir de volonté qui est essentiel, car c’est par elle qu’il peut concrétiser ce qu’il a choisi de faire … c’est une conquête morale…mais qui ne peut vraiment exister que s’il a la conscience qu’il doit, non pas échapper à ses acquis ou les renier, mais les utiliser comme une source d’enrichissement qui lui permettent de s’ ouvrir à d’autres vérités que celles qui lui ont été inculquées… à ce titre, je pense que la Connaissance, la connaissance de soi et l’expérience sont les meilleurs atouts pour y parvenir…
Ceci est juste une petite reflexion "tardive" ... Il y aurait beaucoup à dire de l'existentialisme...
Mais, je te laisse à la nuit que je te souhaite douce, et te retrouverai en Poète des Galaxies prochainement...


Écrit par : crysalidea | 28/01/2006

cette notion... de liberté est, comme celle du bonheur, toute relative et propre à chacun je crois...
Les balises sociales, culturelles, sont bien présentes et inconsciemment nous les respectons, parfois sans que cela semble entraver nos possibilités d'agir comme nous le souhaitons..
La notion de liberté n'a pas le même fondement à Calcutta ou à Moscou..
Nous calquons, de toute façon, nos actes sur base d'un acquis et le plus difficile est de passer ce cap pour percevoir nos besoins réels et non ceux qui nous sont inculqués. Et de là, tenter d'atteindre son soi profond pour ensuite oser être à part entière.. c'est une forme de liberté qui pour moi n'a pas de prix...
Les chemins sont sinueux, longs et cahotiques, mais il est bon de s'y attarder..
A tout bientôt Banur, c'est toujours une joie de te lire..

Écrit par : pierre de lune | 29/01/2006

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