12/02/2006

Suite...L'Underground

L’underground formait un réseau complexe divisé en plusieurs zones, qu’il fut indispensable de créer pour pallier à l’inconvénient du périmètre habitable sur Galacticon. Au sud se trouvaient plusieurs quartiers de gens moyennement fortunés qui pouvaient se permettre à certains endroits d’apercevoir la lumière du jour, grâce à des vues diverses et de grands couloirs éclairés, sans devoir se rendre à la surface, même si parmi eux beaucoup y travaillaient. Cette partie de l’underground était de ce fait assez peu active le jour mais comprenait des bars, restaurants, magasins et centres permettant toutes sortes d’activité le soir. L’on peut dire qu’il s’agissait d’une partie calme et relativement espacée, où même certains habitants du dessus aimaient se rendre pour passer une soirée.

Le nord comprenait encore différents types d’habitations, construites autour du pôle administratif de l’underground ainsi qu’une partie des structures économiques qui ne pouvaient toutes s’établir en surface. Une partie surtout fonctionnelle donc, plus active le jour que le soir. L’est était la zone la plus étendue, la plus pauvre aussi, la surpopulation se faisait sentir partout, les rues y étaient étroites et serrées, les habitations s’imbriquaient, se superposaient, il y avait des gens partout, à tout moment et par conséquent était aussi animée le jour que la nuit. Cette partie ne recevait jamais la véritable lumière, elle était uniquement éclairée par les lampes artificielles et à certains endroits de manière très rudimentaire d’ailleurs. Chaque jour un grand marché bruyant et bondé s’y déroulait, on pouvait y trouver tout et n’importe quoi, cela allant même jusqu’à des armes à rayons de l’armée sous le comptoir de certaines échoppes. Plusieurs personnes avaient tout perdu lors du fameux siège de leur ancien habitat et avaient été forcés de s’adapter à leur nouvelle condition. La plupart de ceux qui remplissaient les tâches difficiles et dangereuses afin de gagner du terrain sur Galacticon, vivaient dans la zone est. La musique y explosait dans tous les sens, l’excentricité de l’endroit n’avait d’égal que l’incompréhension qu’il générait chez ceux des autres zones. Il y avait beaucoup de bars et de magasins en tout genre dans les recoins de ces multiples rues, mais ils étaient d’un tout autre type que ceux de la partie sud, ils étaient parfois le dernier bastion pour ceux qui n’avaient plus rien, un dernier endroit pour oublier la vie qui s’écoule. Pour tous ceux qui n’y vivaient pas et qui n’avaient aucune affaire à y traiter, ce n’était donc pas l’endroit de destination favori.

A l’ouest, se trouvait l’immense mur de l’oubli, derrière lui, étaient isolé les pires sujets dont les humains avaient à traiter parmi les leurs. La nouvelle planète n’avait pas encore permit de créer ou d’entretenir une prison car la place en surface était très précieuse, dès lors, ils construisirent ce grand mur dans l’underground, pour séparer les criminels des autres. Les officiels voyaient cela comme une solution intermédiaire en attendant la construction d’une prison appropriée ou la découverte d’une autre planète.

Cependant derrière ce mur, aucune loi ne régnait si ce n’était celle du plus fort, les faibles ou les innocents, mourraient dans cette jungle impitoyable. Ceux qui se trouvaient de l’autre côté étaient approvisionnés en nourriture et en ressources basiques mais devaient entièrement se débrouiller pour le reste, comme le nom du mur l’indiquait, il s’agissait d’individus dont l’on ne voulait pas se souvenir.

Enfin, au centre, là où toutes les zones convergeaient, se trouvait une garnison militaire qui était supposée maintenir l’ordre et veiller au bon fonctionnement de tout l’underground.

C’est de là que partit l’action entamée par le major Miranda Bel et tous ceux qui la suivirent. Remarquant qu’elle ne pourrait pas tenir les Shezars de front, elle se retrancha dans la partie est, afin de créer la confusion chez l’ennemi en les menant dans les rues sombres et serrées. Elle disposa des snipers à différents endroits et cette initiative causa de nombreuses pertes dans les rangs shezariens car ces tireurs d’élite n’attendaient pas que l’on vienne les débusquer, ils abattaient une cible et puis bougeaient directement à un autre endroit. De plus ils n’hésitaient pas à mettre le feu et à condamner certaines issues pour tendre des embuscades, en lançant des grenades, en plaçant des détonateurs thermiques ou des mines sensorielles. L’adversaire développa alors de plus lourds moyens : ils lâchèrent des bombes à partir de la surface et dépêchèrent des véhicules blindés pour augmenter la pression. Ces actions eurent principalement deux effets, le premier fut de tuer un nombre conséquent de civils demeurés sur place, le deuxième fut de créer une brèche dans le mur de l’oubli. Les reclus se déversèrent alors dans l’underground comme une coulée de lave un jour d’éruption. Ils récupérèrent des armes abandonnées sur le sol près de l’ancienne garnison ou bien prises sur les corps des soldats morts et ouvrirent à leur tour le feu sur les Shezars. Le problème était que la plupart d’entre eux restaient des criminels accomplis,  qui voulaient se venger de ceux qui les avaient enfermés derrière le mur et donc abattirent aussi leurs semblables. Les reclus constituaient un danger autant pour les humains que pour les Shezars, ces derniers ne tardant pas à envoyer les brigades de l’abîme pour tenter de régler la situation.

Il semblait que les oubliés voulaient aussi prendre le contrôle de l’underground et que c’était l’unique motivation qui les poussaient à combattre l’ennemi.

Les supérieurs du major Bel étaient visiblement morts, elle savait donc qu’elle était aux commandes maintenant dans l’underground mais aussi qu’elle demeurait toute seule avec ses hommes, sans possibilité d’aide extérieure. Ses tactiques militaires combinées à sa parfaite connaissance des lieux engendrèrent des soucis de taille pour l’ennemi. Sirius, alors totalement exaspéré par la tournure des événements, décida, voyant que la situation ne s’arrangeait guère, d’envoyer plusieurs unités formées à l’école militaire et spécialisées dans les missions d’infiltration tactique. Les unités de base avançaient en groupe, donc étaient plus visibles, ce qui permettait aux snipers et aux forces de résistance de se déplacer en conséquence pour faire le plus de dégâts possible, les brigades de l’abîme, quant à elles, disposaient d’une puissance de feu effrayante et d’une résistance décuplée mais étaient bruyantes et relativement lentes ce qui les rendaient assez inappropriées pour le contexte qui les occupaient. Par contre, les unités de l’école militaire disposaient de tenues légères, de camouflages, se déplaçaient comme des ombres par équipes de deux et employaient les techniques d’infiltration les plus pointues. Les sections de base shezariennes furent utilisées comme appât pour dévoiler la position des snipers, une fois cela fait, les troupes d’infiltration prouvèrent de manière incontestable, l’efficacité de l’enseignement qui était dispensé à la capitale du royaume. Pendant que les brigades de l’abîme s’occupaient des reclus, les véritables résistants de l’underground périssaient les uns après les autres. Le major Miranda aurait sans aucune hésitation sacrifier sa propre vie dans ce combat si cela avait pu sauver ses semblables mais elle se demanda si elle avait le droit de décider du sort de tous ses hommes, ainsi que des nombreux civils demeurant sur place, de tous ceux qui avaient une famille, des rêves inaccomplis. Elle en vint finalement à la conclusion que la victoire ne pouvait être acquise et décida de se rendre avec les hommes qui lui restait en exigeant qu’ils soient épargnés. Les Shezars voulaient toujours montrer qu’ils conservaient le contrôle mais en réalité ils étaient soulagés de cette reddition et ils l’acceptèrent donc. Quand le Roi apprit que dans l’underground, seuls les reclus mettaient encore sa victoire en péril, il décida de descendre en personne pour terminer le travail. Certains membres isolés s’adonnaient aux pillages profitant de la confusion, alors que les autres tiraient partout comme des brutes sanguinaires. Parmi les reclus se trouvaient quelques éléments extrêmement dangereux qui semblaient d’ailleurs s’imposer comme les leaders du mouvement, ces derniers avaient parfois un goût et un talent inné pour le meurtre, toutefois devant les brigades de l’abîme ils ne pouvaient que reculer ; ne disposant pas d’armures, étant sous-équipés et pour certains affamés, ils ne purent contenir Tarsus et ses suiveurs très longtemps. Quand le Roi arriva, tous les siens s’écartèrent pour le laisser passer, il avança jusqu’à la première ligne des combats, là, entouré de sa garde personnelle, il déploya toute la perfection de son art. Il frappait avec son sceptre comme si Jisarius vivait encore lui, ensuite il tranchait ses ennemis avec son épée. Son style n’était pas basé sur la force ou la puissance, comme la plupart des autres sceaux du royaume, sa technique était fine, rapide, sans déchets, comme un coup de vent qui taille la barbe de l’hiver. Il repéra les deux ou trois hommes qui semblaient diriger cette bande sauvage, se dirigea vers eux et les affronta, c’est un bien grand mot, les exécuta serait probablement plus approprié, ensuite après avoir occis quelques récalcitrants qui se trouvaient autour et essuyé sa lame sur le corps d’un des cadavres, il prononça ces mots : « Je suis Sirius, souverain du royaume intergalactique, implorez mon pardon ou subissez les foudres de mon courroux ». La bande des reclus, pourtant difficilement impressionnable, après avoir vu le sort réservé à leurs leaders et à la suite de ces mots prononcés de façon froide et déterminée, décida progressivement de déposer les armes, après tout, ils n’en voulaient pas plus aux Shezars d’être ce qu’ils étaient qu’aux humains de les avoir enfermé derrière ce mur impitoyable.

C’est donc de cette manière que Galacticon devint une planète supplémentaire dans le royaume intergalactique shezarien. Sirius resta un moment sur place pour s’occuper de la politique à y mener, nomma ensuite un des sceaux du royaume comme seigneur de cet astre et retourna sur Castalia. Ils utilisèrent cette planète comme point de départ pour de nombreuses autres missions d’exploration de la galaxie et aussi pour isoler les anciens habitants de la planète rouge par rapport à leurs semblables. Le régime était plus dur encore vis-à-vis d’eux et le seigneur Chromus qui avait été nommé à cet endroit était particulièrement intraitable. Avec la main d’oeuvre qu’ils venaient d’acquérir, ils firent construirent un observatoire sur l’astre satellite de Galacticon, afin d’avoir une fenêtre sur le reste de l’univers. La prise de la planète eut lieu en l’an 102 et plusieurs années s’écoulèrent encore avant que les expéditions multiples, orientées en partie par l’observatoire, ne fassent une autre découverte. Il s’agissait d’un astre relativement petit, qui de l’espace apparaissait sous une magnifique couleur mauve, parsemée ça et là de taches blanches. Cette originalité était due surtout à sa situation. Il se trouvait en fait à peu près au milieu du triangle imaginaire formé par Castalia, Baphos et Galacticon et recevait les résidus de lumière reflétés par ces trois planètes, dont la combinaison associée à son propre satellite, formait ce mélange exceptionnel. Cet astre était habité par des espèces animales et végétales qui fournissaient à ce titre différentes ressources mais surtout en raison de sa position, il devint le point d’élection des marchands. Pour cette raison, la planète fut appelée Mercatrend et grâce à l’activité commerciale, se développa rapidement la ville de Trivialis. Tout y était orienté aux fins des échanges et du commerce, c’était la jonction parfaite entre les ressources qui provenaient de cette planète même et les apports miniers de Baphos qui ensemble formaient l’offre et puis l’insatiable demande nécessitée par Castalia. Les spatioroutes relièrent bien évidemment cette planète le plus vite possible, commencèrent alors des échanges de plus grande envergure entre la deuxième et la troisième galaxie. Certains vaisseaux marchands découvrirent le bon filon en effectuant des trajets continus d’approvisionnement entre Mercatrend d’une part et Eliosis de l’autre. La puissance et l’autorité des Shezars ne cessaient de croître et celle des humains de s’évanouir, surtout pour les habitants de Galacticon.                                      

 

A suivre...

01:56 Écrit par Banur | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

Commentaires

bonjour j ai placer la vrai histoire la st valentin sur mon site si le coeur t en dit...
merveilleuse journée a toi ...xx coeurdenfant

Écrit par : coeurdenfant | 12/02/2006

La reddition La description que tu fais de l'Underground permet de se faire une idée précise des lieux. Les criminels derrière le mur de l'oubli et la partie est qui grouille de monde. Le major Bel qui décide d'amener les troupes shezariennes de ce côté pour mieux les cerner. Les snipers, avec leurs grenades, détonateurs thermiques et autres mines sensorielles, cela me fait penser à Counter Strike d'une certaine façon. Une brèche dans le mur de l'oubli qui laisse s'échapper les oubliés, voilà qui ne facilite pas la tâche des Humains.
Le major Bel décide de la reddition que les Shezars acceptent avec soulagement. Tu dis qu'elle prend cette décision parce qu'elle ne sait pas si elle a le droit de décider du sort de ses hommes et des civils, j'ai pourtant la nette impression qu'il y a une autre raison qui la pousse à agir ainsi. C'est une tacticienne dans l'âme, elle doit avoir une idée derrière la tête pour parvenir à défaire les Shezars.
Sirius décidant de venir terminer le travail. La manière dont tu décris sa façon de se débarrasser des oubliés fait ressortir toute sa froideur et son incroyable puissance. J'aime la comparaison avec le vent qui taille la barbe de l'hiver. Galacticon devient donc le nouveau bastion des Shezars, c'était prévisible, mais je ne doute pas que tu nous réserves des évènements inattendus pour la suite.
Mercatrend, même sans que tu aies précisé que cette planète est consacrée au commerce et aux échanges, son nom seul suffisait à le deviner. Les Shezars imposent leur apparente supériorité, tandis que les Humains semblent perdre espoir, mais c'est sans compter sur la détermination du major Bel. La suite me dira si j'ai raison.
Bonne journée Urban Poet

Écrit par : Kardream | 12/02/2006

rebonjour merci pour ta visite et je t ai placé sur coeurdenfant avec un lien vers ton site...si c est pas correct tu le dit d accord merveilleuse journée a toi..

Écrit par : coeurdenfant | 12/02/2006

Underground again... and Patience L'Underground et son système de classes.. La partie orientale, pauvre mais créative, incomprise, avant- gardiste... et théâtre de la résistance des hommes, comme un guerilla dans les labyrinthes de ruelles, qui pourtant échouera fâce à la machine de guerre... la décision du Major Bel révèle une certaine grandeur, celle des chefs qui ont entre leurs mains le sort de vies.. Elle sait qu'il n'y a aucune chance dans ce contexte, aussi préfère t'elle épargner des vies .. et peut-être attendre une occasion.. La patience est aussi une vertu dans l'art de la guerre... Le mur de l'oubli.. tant de murs ont été construits, pour isoler ceux que l'on ne veut pas voir, les parias de la société, les "intouchables" .. ici, il est bel et bien solide, mais il explose pourtant, comme si ces murs contruits par les hommes sont destinés à être un jour ou l'autre détruits par le destin...
Et Sirius si singulier, tant par son physique fin et racé, que par sa conception du mouvement, qui préfère l'agilité, la rapidité à la force brute, comme si vivait en lui l'énergie vitale, que seuls de rares élus peuvent puiser en eux... une certaine grandeur aussi chez ce personnage malgré son ambiltion démeusurée, celle des grands conquérants...
Je me trompe peut-être, mais n'est-ce pas la première fois que l'on entend la voix d'un de tes personnages?
J'ai aimé ce passage...
J'attends les autres, toute aussi impatiente...
A toi, Poète des Galaxies, je souhaite une nuit plus calme que celles qui attendent les hommes sous la domination des Maîtres... à bientôt..

Écrit par : crysalidea | 12/02/2006

Les commentaires sont fermés.