26/02/2006

Suite...Dans l'ombre de l'Arène

Dans sa demeure, le roi Chromus, entretenait chaque jour son niveau mais aussi sa passion pour le combat, dans des affrontements souvent violents. Les recherches, les développements et l’expansion se poursuivaient, néanmoins, le roi semblait bien en manque de distraction et de peuples à combattre. Quelques groupes d’humains avaient bien tenté des soulèvements ci et là mais ils étaient tellement contrôlés, manquaient tant de moyens et furent tant freinés par la peur qui paralysait la plupart d’entre eux, que cela n’aboutit à rien. Ces tentatives furent donc vite étouffées, les sceaux du royaume se montrant extrêmement efficaces dans ce qui constituait en réalité leur rôle initial. Certains Shezars qui possédaient des humains comme esclave, décidèrent après un temps de les affranchir, car ils n’adhéraient pas à ce nouveau système, cela était toutefois la très nette minorité. Cet acte était assez mal vu sous le nouveau régime et cela n’arriva principalement qu’à Eliosis où l’héritage de Zaccharias n’était pas encore tout à fait mort. Chromus décida alors de faire construire à Shezaria, une énorme arène qui deviendrait le temple des combats, sensé apaiser un petit peu sa soif de violence et de sang. Le projet gigantesque en surprit plus d’un et ce travail titanesque revint encore aux humains forcés d’édifier le tombeau de leurs propres frères. Cela prit deux années complètes malgré les incomparables effectifs mobilisés, les machines et les ressources disponibles pour achever la construction. L’arène se présentait de manière ovale, à la fois très haute et très allongée. Dans les énormes gradins, plusieurs dizaines de milliers de spectateurs pouvaient prendre place, pour observer ce qui se passait au niveau de l’aire principale, toutefois la construction s’élevait sur plusieurs niveaux formés chacun de plates-formes amovibles, contenant tous une aire spécifique destinée aux sombres divertissements. En tout très exactement cinq niveaux formaient ce nouveau lieu, les places en surface étant les plus chères car dispensant le spectacle supposé le plus alléchant, ensuite chaque niveau connaissait un montant dégressif proportionnel au programme proposé. Pour l’aire principale, le prix pouvait monter jusqu’à 7000 ranhias, monnaie galactique en vigueur dans tout le royaume, alors que les places les moins chères du cinquième niveau étaient à seulement 300 ranhias. Le roi confia pour mission de sélectionner des humains qui seraient amenés à se battre dans l’arène, si possible des volontaires, si pas, de force et préférentiellement des individus étant doués pour le combat ou lui vouant un intérêt tout particulier, du moins au départ. Beaucoup d’anciens prisonniers de Dzartan durent sortir de leur terrible prison pour affronter un sort qui n’allait pas être plus clément. Des combats à mort étaient organisés sous toutes les formes et à toutes les sauces, avec un tas d’armes différentes, des véhicules parfois, des machines et un décor souvent fatalement interactif, où les piques, les scies et les lames forçaient une attention constante. Les humains rechignaient à s’entretuer au début mais l’instinct de survie pris assez vite le dessus chez la plupart d’entre eux, toutefois pour certains prisonniers et notamment les anciens de Galacticon qui avaient été jugés trop instables, ce fut par contre un réel plaisir, ils pouvaient tuer en toute légalité et étaient même parfois acclamés pour cela. De terribles sélections se déroulaient pour voir qui serait choisi : un des modes consistait en une course organisée entre huit participants, qui devaient accomplir le tour de l’arène le plus vite possible, le premier à passer la ligne avait la vie sauve, les autres étaient abattus immédiatement par de lourdes mitrailleuses placées tout le long de la piste. Pendant cette course, tous les coups étaient permis entre les participants mais le gagnant de celle-ci n’était pas libéré pour autant, il obtenait le droit d’être en tête d’affiche pour un duel ou un affrontement multiple, très souvent à mort, contre le ou les vainqueurs d’une ou de plusieurs autres courses. De cette manière, le roi estimait avoir des combats plus intéressants pour un rendu maximum. Petit à petit, certains combattants arrivaient à survivre à plusieurs épreuves ou combats et des divisions furent créées en fonction des résultats, la plus haute étant la division Alpha, la plus basse celle d’Epsilon, correspondant aux cinq niveaux. Les novices commençaient toujours dans la dernière catégorie, avec possibilité de monter en accumulant des victoires et des bonus de popularité. Le roi légalisa les paris pour les Shezars car la marge nécessairement excédentaire et bénéficiaire était gérée directement par les caisses du royaume, tout comme le prix des places qui venait également grossir ce montant colossal. Certains combattants semblaient émerger dans ce contexte et pour eux, prisonniers d’un sombre destin, le fait de monter de catégorie, de survivre et de devenir célèbre, même par ce biais là, semblait être la seule motivation à la continuation de leur vie. Pour éviter que les acteurs ne décident de viser le public avec les armes qui leur étaient prêtées, un bouclier très résistant avait été mis au point ainsi qu’un contrôle très pointu à tous les niveaux empêchant tout dérapage. Cette nouvelle attraction attirait des Shezars venus de tout le royaume vers cette ville, plus que jamais capitale, lui permettant encore de prendre un nouvel essor. Une autre épreuve de sélection très crue, en vigueur surtout dans les plus basses catégories, consistait à réunir plusieurs « candidats » dans une salle, tous assis sur un siège, en cercle et disposant d’une télécommande munie d’un bouton unique ; au signal qui retentissait, ils devaient appuyer sur ce bouton, le siège s’ouvrait alors et dévoilait ou non selon les cas, une arme à l’intérieur.  Le problème était qu’uniquement un seul siège était équipé d’une telle arme, celui qui s’en rendait compte devait alors soit éliminer tous les autres tout de suite, soit il hésitait et ceux-ci fondaient en général sur lui pour tenter de s’emparer de ce précieux objet de survie. Les scénarios étaient dans l’ensemble très différents dans cette épreuve, de petites équipes se formant parfois même tacitement pour tenter de s’emparer de l’arme, afin de l’utiliser ensuite contre tous les autres, y compris leurs équipiers de fortune. Les Shezars allaient parfois rechercher des figures plus ou moins importantes ou célèbres pour donner du piment également, c’est ainsi que le major Miranda Bel, qui avait dû survivre depuis plusieurs années dans les terribles conditions de Dzartan, fut réquisitionnée pour entrer dans la catégorie Epsilon tout d’abord. Toutes les épreuves de sélection ne se déroulaient pas de cette façon là cependant, souvent des combats de groupes servaient déjà eux-mêmes de sélection à d’autres combats. Chaque soir se tenait une épreuve spéciale, dont le vainqueur pouvait avoir la chance si l’on peut employer ce terme, de concourir dans la catégorie supérieure alors même qu’il ne comptabilisait pas encore le nombre de points requis. C’était souvent une ultime victoire car n’étant pas habitués aux survivants plus expérimentés de la division avancée, ils y périssaient en général. Cependant si ils gagnaient aussi cette épreuve là ou y survivaient simplement, car tous les combats ne requéraient pas que la totalité ne connaisse le sort ultime, ils pouvaient demeurer automatiquement dans cette catégorie… c’était une sorte de promotion rapide.

Le major Bel respectait très fort la vie, comme elle l’avait déjà prouvé et refusa au départ d’ôter celle de ses malheureux compagnons d’infortune, ce qui lui valut une sévère blessure au bras et au dos d’ailleurs. Elle fut bien soignée car le roi avait très envie de la voir à l’œuvre, c’est pour cette raison qu’ on la revit dans une autre situation périlleuse et elle refusa là encore d’utiliser ses connaissances martiales, ce qui failli bien lui coûter la vie. Le roi décida ensuite de la mettre dans une situation beaucoup plus délicate. Elle dut d’abord participer à la fameuse course fatale et là comme elle ne devait pas ôter la vie directement elle s’employa pour la gagner, même si cela sembla réveiller un sentiment nouveau en elle. Ensuite elle fut forcée de participer à un duel à mort contre le vainqueur d’une autre course. Celui-ci était un ancien prisonnier de Galacticon qu’elle connaissait, il était massif, avait un air déterminé, détestait les anciens officiels humains de cette planète et n’allait sûrement pas chercher à faire de quartiers. L’arène était équipée d’écrans géants servant à mieux transmettre le vif de l’action pour ceux qui avaient des places fort éloignées, faisant parfois des gros plans ou remontrant même sous différents angles un mouvement donné. Les duels pouvaient s’apparenter à des combats privilégiés, certains parfois ne venaient que pour eux, alors que la plupart des affrontements comprenaient entre huit et douze adversaires qui luttaient les uns contre les autres pour leur survie, l’hésitation et la compassion étant très souvent fatales. Le combat commença donc entre le major Bel et son adversaire, elle maîtrisait les manœuvres stratégiques et avait une précision extraordinaire avec les armes de rayons mais là c’est un duel de corps à corps qui se présentait. Son adversaire n’avait en rien sa finesse, sa technique ou sa grâce, c’était plus un meurtrier de basse extraction, qui ne cachait pas son intérêt pour la violence mais qui de surcroît possédait une assez grande force.

Le roi qui désirait voir l’instinct du major se réveiller était descendu en personne au cinquième niveau pour assister au combat, chose qui pour lui était assez inhabituelle voire exceptionnelle, en raison de la plus faible qualité des combats. Le souverain avait soigneusement choisit les armes qui seraient employées pour que la mise en scène soit la plus réussie selon ses propres critères. Ainsi le major avait reçu une épée assez fine et légère alors que son adversaire s’était vu équipé d’une énorme masse électrifiée qui pouvait lui permettre de déployer sa force brute. De plus ils étaient tous deux équipés d’un javelot énergétique, nouvelle arme mise au point à l’école militaire et que Chromus était extrêmement impatient de voir à l’œuvre. Lorsque le signal retentit, les deux protagonistes s’observèrent attentivement, ils n’avaient pas de bouclier et le javelot lancé à pleine puissance pouvait s’avérer excessivement dévastateur. Croyant voir un moment d’hésitation, la brute s’élança violemment vers le major, lançant dans sa course son javelot qui effleura la joue de Miranda, elle aurait alors probablement pu lancer le sien en profitant de l’inertie de son opposant pour en terminer mais elle ne semblait toujours pas vouloir donner la mort. En bout de course le mastodonte asséna un énorme coup vertical en direction de la tête du major qui dut effectuer une roulade spectaculaire sur le côté droit pour éviter cette attaque, perdant dans ce mouvement son javelot. En touchant le sol, la masse envoya une décharge qui fut également évitée plus que de justesse. Le major sentait tout doucement naître en elle un sentiment qu’elle avait du mal à réprimer, une sorte de haine vouée à celui qui désirait sa fin, elle s’en rendait compte en sentant cette tension monter en elle comme le feu d’un volcan, désirait la repousser mais cela devenait de plus en plus fort alors que son adversaire intensifiait ses offensives. Le roi savait bien ce qui se passait et il se délectait du spectacle offert. La brute poussait des cris tout en agitant sa masse dans tous les sens presque frénétiquement pour tenter d’abattre la douce et élégante Miranda, dont le port habituellement altier semblait bien affecté par son regard troublé. Son adversaire se frustrait de ne pas arriver à la toucher et cela semblait le rendre de plus en plus fou, il attaquait avec une violence non contenue négligeant totalement la défense, c’est alors que le major, évitant de justesse, en se baissant, un coup horizontal qui lui aurait décroché la tête, distilla à son tour un coup léger qui causa une entaille dans la jambe de son vis-à-vis. Elle espérait que sans être radicale cette blessure allait le stopper mais cela n’eut que pour effet de le rendre encore plus furieux, comme exalté par la vue du sang, fusse-t-il même le sien. Le danger se rapprochait à chaque coup jusqu’à ce qu’elle fut touchée au bras, la violence du contact le lui brisa sur le coup et la décharge associée eut pour effet de totalement paralyser celui-ci, elle vacilla et tomba ensuite sur le dos, son adversaire profitant de cette chute pour tenter de lui donner le coup de grâce. Miranda rassembla alors ses dernières ressources de lucidité et n’eut d’autre choix que d’enfoncer son épée, jusqu’à la garde dans le corps du malheureux qui s’écroula à moitié sur elle. Elle s’évanouit juste après comme si cet acte avait épuisé les dernières cartouches d’énergie qu’elle possédait. Le roi eut un sourire en coin dans l’ombre de son siège, à la fois amusé et froidement satisfait, son regard en disait également long sur ce qu’il en avait pensé.

Les humains étaient devenus les jouets des terribles Shezars et rien ne semblait pouvoir changer cela.                    

 

A suivre...

18:49 Écrit par Banur | Lien permanent | Commentaires (291) |  Facebook |

18/02/2006

Suite...Une page se tourne

Après la victoire, les Shezars qui prirent possession de la planète vaincue, s’installèrent en surface et reléguèrent tous les humains dans l’underground. Pour certains cela ne changeait pas grand-chose tant leur situation antérieure pouvait parfois être déjà particulièrement alarmante, par contre pour l’ancienne classe dominante, cela devenait un véritable supplice. Eux qui jadis dédaignaient le monde du dessous, étaient maintenant forcés d’y demeurer et de côtoyer ses habitants. Les forces militaires ennemies avaient aussi rempli l’ancienne garnison de l’underground et c’était elles maintenant qui étaient garants de l’ordre fragile à cet endroit. Le Mur de l’oubli avait été détruit et une nouvelle zone d’habitation construite, après avoir démoli le territoire glauque que les anciens reclus s’étaient efforcés fortuitement de mettre sur pied pendant plusieurs années. Comme la plupart de ces prisonniers n’avaient commis aucun crime contre les Shezars, ils ne furent plus enfermés mais beaucoup durent servir de manière forcée dans les projets de construction, nombreux, dangereux que leurs maîtres entreprenaient. Ceux qui étaient considérés comme trop instable ou incontrôlable avaient été envoyés sur Dzartan, de même que le major Miranda Bel, qui dut payer ce prix pour que l’on épargne ses hommes. Elle pensait fermement que lorsque la situation devenait trop critique, seule la vie devait prévaloir et c’est ce principe qu’elle appliqua en décidant de la reddition. Plusieurs années étaient passées toutefois et sur Galacticon, le seigneur Chromus imposait un régime extrêmement dur aux humains. Ceux-ci étaient plus sévèrement traités que ceux de la deuxième galaxie, en raison de leur résistance et de tous les problèmes qu’ils avaient causé. Ils devaient un lourd tribut en main d’œuvre et en ressources, le seigneur les forçant à gagner du terrain sur la planète en dépit du danger. Les Shezars disposaient cependant de divers avantages que les humains qui avaient fui le siège ne connaissaient pas. En effet, ils pouvaient compter sur le soutien de plusieurs planètes, disposaient de la main d’œuvre, comptaient en leurs rangs de grands scientifiques, monopolisaient un matériel impressionnant et n’allaient pas hésiter à risquer la vie des humains forcés de coopérer. Le seigneur Chromus était un très âpre défenseur de la race shezarienne et pour cela s’acquit les faveurs de beaucoup des siens. Il existait une cohérence générale au royaume, à laquelle Sirius veillait d’ailleurs personnellement en se déplaçant énormément mais la situation était différente néanmoins sur chaque planète et plus encore entre la deuxième et la troisième galaxie. Eliosis, la ville principale de Colonia1, était probablement celle qui était la plus imprégnée de l’influence humaine et celle où les Hommes vivaient le moins mal sous cette domination. En raison de son impressionnant développement, Castalia et surtout Shezaria, la capitale, étaient probablement devenues ce que Jisarius avait souhaité, un exemple pour tous les représentants de leur race, le symbole de leur grandeur, de leur identité et de leur appartenance. Néanmoins, Sirius, le maître des lieux, se faisait vieux depuis toutes ces années, son règne durait déjà depuis plus de trente ans, il se sentait pourtant encore très bien et continuait de se déplacer toujours autant, gardant un contact privilégié avec ses seigneurs. C’est cependant de manière soudaine qu’il s’éteignit en revenant d’un voyage à Colombus, il ne put revoir une dernière fois sa capitale, celle qu’il avait bâtit de toutes pièces, celle à qui il avait donné tant d’importance, grâce notamment et parmi bien d’autres choses, à son école militaire. Son corps fut ramené à Shezaria, dans le grand hall qui l’avait vu sacré roi et son décès mobilisa un nombre jamais atteint de fidèles. Tous les seigneurs bien sûr mais aussi tous les sceaux du royaume, Tarsus maintenant véritable vétéran, les officiels de l’école militaire et un nombre intimidant de civils, venus de toutes les planètes, comptant même des humains qui s’étaient déplacés volontairement ; tous se rendirent sur place pour célébrer le Roi, celui dont beaucoup se méfiaient au début et qui pourtant aura fièrement poursuivit l’œuvre du grand Jisarius. Après un dernier hommage, son corps fut conservé à côté de celui de son ancien maître, aux abords de sa demeure, là où tous pourraient à jamais se rappeler le premier roi shezarien. Son règne fut marqué par le développement quasiment inespéré de Castalia, par la création majeure du réseau de spatioroutes, par le développement des communications à une échelle gigantesque, par la création de différentes bases relais indispensables à l’unité, par la création de l’école militaire, par la découverte de la planète Baphos, celle de Mercatrend et par la prise de Galacticon, symbole de la victoire sur les humains. Les médecins pensèrent que sa mort pouvait s’expliquer par les fréquents changements d’atmosphère causés par ses multiples voyages à travers le royaume et qui auraient déstabilisé son équilibre interne mais ce n’est là qu’une supposition médicale.

Sirius qui ne pensait sûrement pas rendre son dernier souffle, n’avait pas désigné son successeur, mais il avait par contre spécifié l’attitude à adopter au cas où il lui arriverait malheur. Il avait décidé qu’en absence de choix de sa part, la succession serait acquise par élection au sein d’un conseil de pairs composé des treize seigneurs principaux du royaume.

Sanelius était mort depuis plusieurs années déjà ainsi que tous ceux de l’ancienne époque, Sirius avait probablement été le dernier survivant majeur de cette période et avec sa mort se tournait une page. Les treize principaux seigneurs avaient été nommés par le Roi et parmi ceux-ci, il semblait bien que l’un d’eux en particulier se dessinait comme le successeur désigné. Il ne s’agissait de nul autre que de Chromus, celui qui avait été choisi pour assumer la mission de direction de Galacticon. Parmi les seigneurs principaux, plusieurs étaient encore jeunes car sortis de l’école militaire, ils marquaient un autre état d’esprit, une autre vision des choses, qui avait été cultivée peut être à l’extrême dan l’enseignement qu’ils avaient reçu. Le seigneur Chromus était bien celui qui répondait aux aspirations du conseil des treize et fut donc choisi, sans grande surprise, pour devenir le deuxième roi. Le couronnement eut lieu selon les mêmes formes que la première fois. Il ne ressemblait pas grandement à son prédécesseur ; il était de taille moyenne, avait les cheveux roux, légèrement bouclés, coupés forts courts,  qui retombaient proprement sur son front, vers l’avant, en petites mèches, un cou assez large, une mâchoire musclée, comme l’était quasiment tout le reste de son corps, on lui  prêtait d’ailleurs une grande force et une propension innée à la violence, ainsi que pour la puissance brute, ce qui était une différence majeure avec le premier souverain. Ses yeux étaient bruns, ses sourcils souvent froncés, il ne cillait presque jamais, ce qui lui donnait un regard peu commode même sil n’était point neutre car il inspirait souvent de la fureur, son nez trahissait une légère bosse de profil, ses lèvres étaient charnues et son attitude générale traduisait son goût pour le commandement. Son premier acte fut d’ordonner que l’on construise l’Archivium qui avait été prôné par Sirius mais que celui-ci ne pût jamais voir se réaliser. L’idée était de centraliser toutes les sources sur l’histoire des Shezars mais aussi ce qui restait de celle des humains et qui était toujours en la possession de l’ennemi. Cela ne faisait que conforter le rôle de capitale de Shezaria et le symbole d’unité dans tout le royaume. Etant lui-même sortit de l’école militaire, il décida d’encore augmenter la difficulté de l’enseignement qui y était donné, certains anciens élèves étaient maintenant devenus instructeurs et leurs exigences ne faisaient que s’accroître. Le nouveau roi alla même jusqu’à décider qu’en cas de guerre, les premiers qui seraient envoyés seraient choisis parmi les élèves de cette école pour les aguerrir au combat en situation réelle. Ces mesures qui auraient effrayés n’importe qui d’autre, n’eurent que pour effet de sublimer la motivation des jeunes Shezars qui n’aspiraient à rien de plus que d’y rentrer. Chromus devint roi en l’an 110 et pendant les cinq premières années, il ne prit pas véritablement de mesures majeures. Il insista très fort sur le développement de Galacticon car ce fut sa première charge, Il  encouragea aussi singulièrement les expéditions spatiales afin de découvrir de nouveaux horizons, si possibles à conquérir car il paraît indéniable qu’il vouait une fascination à la guerre. Sous cette pression, une nouvelle planète sortit du néant ; elle offrait une masse vraiment imposante, mais seulement elle se présentait sous forme gazeuse et connaissait des températures très élevées. Ces différents facteurs la rendaient malheureusement impropre au développement. Elle fut nommée Rustril par souci de classification mais n’eut guère plus d’utilité. Après les cinq premières années, des mesures radicales furent prises en particulier contre les humains. Quand Chromus avait occupé pendant quelques années, le poste de seigneur de Galacticon, il avait déjà prouvé sa sévérité à leur égard mais ce qui suivit n’avait eut aucun précédent. Il décréta d’abord, sa basant sur les données d’identification, obligatoires depuis longtemps, que les humains, seraient assignés à une planète déterminée, celle sur laquelle ils étaient répertoriés et qu’ils ne pourraient plus la quitter. Ce n’était rien de moins que la libre circulation dans le royaume intergalactique qui leur était supprimée. Une exception était accordée aux marchands, profession qui n’était pas exercée par les Shezars et dont ils avaient particulièrement besoin, cependant à partir de ce moment, tous leurs trajets étaient quadrillés par des vaisseaux qui les suivaient et les observaient. Le Roi voulait se prémunir des dangers que pouvaient causer trop d’échanges entre les humains, la fuite et la propagation d’informations, les éventuels mouvements de rébellion et tout simplement une idée subite d’unité mal placée. De nombreux proches vivant parfois sur des planètes différentes, furent ainsi séparés de manière brutale. Tous les vaisseaux qui tentaient de quitter sans autorisation étaient abattus sans autre forme de jugement. Seuls les travailleurs qui étaient réquisitionnés pour les projets incessants, étaient par la force des choses, déplacés. La situation drastique que connaissait Galacticon s’étendait graduellement à toutes les autres planètes, les seigneurs resserrant leur autorité, alourdissant les tributs, réduisant à vue d’œil les fragiles libertés qui avaient demeuré jusque là. Chromus, remarquant que la puissance des siens ne cessait de croître, décida d’encore franchir une étape dans le contrôle exercé, jusqu’à ce qu’il ne devienne total. Le Roi proclama officiellement que les humains seraient adjoints par groupes entiers, au service d’un Shezar à qui ils devraient obéissance et pour lequel ils devraient accomplir le moindre désir sous peine de mort. Alors que jusqu’à présent ils avaient vécus sous la domination parfois assez lourde, ils allaient maintenant devoir survivre à travers les affres de l’esclavage. 

 

A suivre...            

 

17:28 Écrit par Banur | Lien permanent | Commentaires (11) |  Facebook |

16/02/2006

Pour prendre ce train

Après une journée chargée et tout à fait détestable hier, remplie par des obligations, moi qui aime particulièrement m'y soustraire, aujourd’hui s'annonçait tout à fait différent. J'avais rendez-vous avec mon pote, l'éternel, en ville; on se retrouve gare centrale, comme d'habitude dans ce cas de figure là, on observe brièvement le théâtre de vie sociale que constitue ce lieu... tiens en voilà un original... on se regarde simultanément, pas besoin de mots, un simple sourire au coin des lèvres, on sait ce que l'autre pense... et oui encore un lichénite(pour toi vieux au cas où tu passerais lire ceci je sais que tu te poileras)... Après cela on partage quelques réflexions, on se dirige vers les galeries, on s'arrête devant Godiva en se disant qu'il faut probablement être japonais pour acheter là... et en effet, notre sentiment se confirme en visuel... on continue et on s'attarde à regarder le style qui se dégage du bar le vaudeville(enfin surtout à l'étage)... ouais ça nous plaît pas mal mais bon on poursuit notre chemin... on prend ensuite les petites rues pleines de restos où seuls les touristes semblent aller manger, la présentation donne envie mais bon quand on sait que la plupart on été jugés en dessous des normes requises ça calme un peu ... on prend dans la petite rue où se trouve le delirium tremens et jeanneke pis aussi d'ailleurs, la ruelle est déserte, l'on sent encore l'odeur de la pluie fraîche sur le sol qui est unique à Bruxelles, pas un bruit et pourtant l'ambiance signée qui ne se trouve que là... une vieille télé se trouve encastrée dans un mur au fond, on se dit que c'est surréaliste et que ça donnerait bien pour un clip, en énonçant ça on repense à nos instruments, lui à sa gratte et moi ma batterie et on se dit qu'il faudrait vraiment se faire un truc qui laisse parler nos coeurs par les notes... l'heure de l'estomac approche, on irait bien se faire une mitraille chez Rudy... mais il y a trop de monde alors on se dirige vers le Celtica, ils viennent à peine d'ouvrir... on commande deux blanches, à la bouteille ça le fait plus, ensuite on se dirige vers l'étage, c'est notre spot, il est à nous, on va toujours là... on jette un coup d'oeil aux gothiques en bas, toute une bande de joyeux lurons, il nous semble d'ailleurs qu'ils sont là souvent ces derniers temps... l'empire du noir, l'extravagance, les piercings de partout, le maquillage à la Eric Draven, sans oublier le faux rock bien sûr, celui qui est venu pollué notre style, celui que l'on pond comme une douleur que l'on s'est auto-infligée... enfin bref on les connaît et ils ne nous intéressent guère... on se retrouve à discuter là au dessus... combien de plans n'ont-ils pas été échafaudés, combien de rêves échangés, de passions communiquées, de plaisirs partagés, de réflexions engendrées, d’histoires inventées, de tristesses noyées, d'occasions célébrées, de pactes formés, au rythme du doux flux de toutes ces bières vidées, depuis tant d'années... en ce lieu, qui semble inhaler en ses murs une partie de la fumée de nos souvenirs et qui paraît parfois exhaler un fragment de la pierre des secrets que nous lui avons offert... Peut être un jour serais-je loin de tout ceci, peut être ne pourrais-je plus aller me dégraisser le gosier dans ce lieu chargé par nos vies... mais s'il existe un "hall of fame" de mes souvenirs, il y aura sans aucun doute sa place...

je terminerai par cette phrase géniale que j'ai vue il y a peu dans un épisode du manga Galaxy Railways: " Deux pensées qui se croisaient et se heurtaient, se sont rencontrées dans une grande gare appelée amitié"... excusez moi, le train de l'éternité m'appelle, deux places y sont réservées.

 

01:43 Écrit par Banur | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

14/02/2006

Besoin de toi

Ce soir, je ressens encore plus ce que j'essaie de me rappeler chaque jour pour éviter de purger la vérité des veines du temps... cette intensité inégalable que je ressens quand je tiens une femme dans mes bras, ces derniers n'étant plus alors que le prolongement matériel de mon âme, une prothèse plastique qui s'articule sur le fil de ma vie, comme si sans cet artifice, elle allait s'éteindre dans un cri d'oubli se répercutant sans fin contre les murs froids du destin...je me souviens, chaque jour, je me souviens... la chaleur d'un soleil en fusion dans tous les atomes du corps, une scission irréelle qui consume toutes les incertitudes, qui poncent toutes les craintes comme un copeau maladroit, un tapis de folie déroulé vers la liberté, celle qui rend l'air pollué plus pur qu'un philtre à mensonges et ce uniquement par ce qu'on a choisi de le respirer... cette peau salée à laquelle s'humectent mes lèvres, comme s'abreuver au calice de la mer des délices, où la lune, caresse de ses rayons, tel un ruban de rêve dans les cheveux de l'insouciance... ces courbes si parfaites parfois qu'on les croiraient ciselées dans un matériau inconnu qui n'existe qu'au ciel, peut être sont-elles des agrégats de la poussière des dieux portés par le vent de la passion… je t'appelle, ma perle car j'ai besoin de toi... je voudrais lui offrir mes mains pour qu'elles se fondent en elle, mon souffle pour qu'il tourbillone en elle, mes yeux pour qu'ils voient en elle, mes joies pour qu'elles vivent en elle, mes peines pour qu'elles meurent en elle, mes rêves pour qu'ils se réalisent en elle, mes passions pour qu'elles brûlent en elle et mes secrets pour qu'ils se révèlent en elle... je lui apprendrais son propre nom en lui murmurant avec une douceur qu'elle n'a jamais connue, alors elle prononcerais le mien comme un loup qui répond à son frère, j'enfermerais ce cri dans le pinceau de mes désirs et je le peindrais en retour comme un festin sur sa peau, je l'écrirais à l'encre invisible de mes doigts sur chaque courbe de son corps, je l'imprimerais dans la bannière de ses cheveux pour me redonner espoir à chaque fois que mes mains s'y perdent, je le graverais dans le marbre de mon âme pour qu'il y lise mes vies antérieures et le ferais vibrer pour qu'il me les racontent en chantant dans le vent... je laisserais fondre ses lèvres dans ma gorge comme un rhum agricole, je taillerais dans ses larmes un diamant qui reflète la couleur de ses yeux, je deviendrais un arbre dans lequel elle pourrait vider ses secrets... je mangerais sa tristesse pour qu'elle me rende malade à sa place et ensuite l'annihilerait en moi grâce à la beauté de son sourire, je perdrais tous les jours volontairement mon chemin pour qu'elle me le montre à nouveau en posant sa tête sur ma poitrine... je lirais l'avenir dans la boule de cristal qu'est son coeur pur, je lui ferais oublier son passé en lui disant de s'en souvenir et lui raconterais son présent à chaque mot qu'il me soit permis d'écrire, je l'enlacerais d'une manière telle qu'elle ne veuille jamais partir et lui donnerais ma peau comme manteau pour que du froid elle n'ait jamais à souffrir... je lui dirais que j'écris ceci car son étoile brille dans ma nuit et que je ne peux plus dormir, je partirais vers l'infini, toucher la dernière galaxie pour voir si son parfum, frais et léger peut encore me saisir...

oui tu vois je ferais tout ça, si tu étais là... en attendant juste te dire par ces mots imparfaits, que j'ai besoin de toi  

 

04:10 Écrit par Banur | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

12/02/2006

Suite...L'Underground

L’underground formait un réseau complexe divisé en plusieurs zones, qu’il fut indispensable de créer pour pallier à l’inconvénient du périmètre habitable sur Galacticon. Au sud se trouvaient plusieurs quartiers de gens moyennement fortunés qui pouvaient se permettre à certains endroits d’apercevoir la lumière du jour, grâce à des vues diverses et de grands couloirs éclairés, sans devoir se rendre à la surface, même si parmi eux beaucoup y travaillaient. Cette partie de l’underground était de ce fait assez peu active le jour mais comprenait des bars, restaurants, magasins et centres permettant toutes sortes d’activité le soir. L’on peut dire qu’il s’agissait d’une partie calme et relativement espacée, où même certains habitants du dessus aimaient se rendre pour passer une soirée.

Le nord comprenait encore différents types d’habitations, construites autour du pôle administratif de l’underground ainsi qu’une partie des structures économiques qui ne pouvaient toutes s’établir en surface. Une partie surtout fonctionnelle donc, plus active le jour que le soir. L’est était la zone la plus étendue, la plus pauvre aussi, la surpopulation se faisait sentir partout, les rues y étaient étroites et serrées, les habitations s’imbriquaient, se superposaient, il y avait des gens partout, à tout moment et par conséquent était aussi animée le jour que la nuit. Cette partie ne recevait jamais la véritable lumière, elle était uniquement éclairée par les lampes artificielles et à certains endroits de manière très rudimentaire d’ailleurs. Chaque jour un grand marché bruyant et bondé s’y déroulait, on pouvait y trouver tout et n’importe quoi, cela allant même jusqu’à des armes à rayons de l’armée sous le comptoir de certaines échoppes. Plusieurs personnes avaient tout perdu lors du fameux siège de leur ancien habitat et avaient été forcés de s’adapter à leur nouvelle condition. La plupart de ceux qui remplissaient les tâches difficiles et dangereuses afin de gagner du terrain sur Galacticon, vivaient dans la zone est. La musique y explosait dans tous les sens, l’excentricité de l’endroit n’avait d’égal que l’incompréhension qu’il générait chez ceux des autres zones. Il y avait beaucoup de bars et de magasins en tout genre dans les recoins de ces multiples rues, mais ils étaient d’un tout autre type que ceux de la partie sud, ils étaient parfois le dernier bastion pour ceux qui n’avaient plus rien, un dernier endroit pour oublier la vie qui s’écoule. Pour tous ceux qui n’y vivaient pas et qui n’avaient aucune affaire à y traiter, ce n’était donc pas l’endroit de destination favori.

A l’ouest, se trouvait l’immense mur de l’oubli, derrière lui, étaient isolé les pires sujets dont les humains avaient à traiter parmi les leurs. La nouvelle planète n’avait pas encore permit de créer ou d’entretenir une prison car la place en surface était très précieuse, dès lors, ils construisirent ce grand mur dans l’underground, pour séparer les criminels des autres. Les officiels voyaient cela comme une solution intermédiaire en attendant la construction d’une prison appropriée ou la découverte d’une autre planète.

Cependant derrière ce mur, aucune loi ne régnait si ce n’était celle du plus fort, les faibles ou les innocents, mourraient dans cette jungle impitoyable. Ceux qui se trouvaient de l’autre côté étaient approvisionnés en nourriture et en ressources basiques mais devaient entièrement se débrouiller pour le reste, comme le nom du mur l’indiquait, il s’agissait d’individus dont l’on ne voulait pas se souvenir.

Enfin, au centre, là où toutes les zones convergeaient, se trouvait une garnison militaire qui était supposée maintenir l’ordre et veiller au bon fonctionnement de tout l’underground.

C’est de là que partit l’action entamée par le major Miranda Bel et tous ceux qui la suivirent. Remarquant qu’elle ne pourrait pas tenir les Shezars de front, elle se retrancha dans la partie est, afin de créer la confusion chez l’ennemi en les menant dans les rues sombres et serrées. Elle disposa des snipers à différents endroits et cette initiative causa de nombreuses pertes dans les rangs shezariens car ces tireurs d’élite n’attendaient pas que l’on vienne les débusquer, ils abattaient une cible et puis bougeaient directement à un autre endroit. De plus ils n’hésitaient pas à mettre le feu et à condamner certaines issues pour tendre des embuscades, en lançant des grenades, en plaçant des détonateurs thermiques ou des mines sensorielles. L’adversaire développa alors de plus lourds moyens : ils lâchèrent des bombes à partir de la surface et dépêchèrent des véhicules blindés pour augmenter la pression. Ces actions eurent principalement deux effets, le premier fut de tuer un nombre conséquent de civils demeurés sur place, le deuxième fut de créer une brèche dans le mur de l’oubli. Les reclus se déversèrent alors dans l’underground comme une coulée de lave un jour d’éruption. Ils récupérèrent des armes abandonnées sur le sol près de l’ancienne garnison ou bien prises sur les corps des soldats morts et ouvrirent à leur tour le feu sur les Shezars. Le problème était que la plupart d’entre eux restaient des criminels accomplis,  qui voulaient se venger de ceux qui les avaient enfermés derrière le mur et donc abattirent aussi leurs semblables. Les reclus constituaient un danger autant pour les humains que pour les Shezars, ces derniers ne tardant pas à envoyer les brigades de l’abîme pour tenter de régler la situation.

Il semblait que les oubliés voulaient aussi prendre le contrôle de l’underground et que c’était l’unique motivation qui les poussaient à combattre l’ennemi.

Les supérieurs du major Bel étaient visiblement morts, elle savait donc qu’elle était aux commandes maintenant dans l’underground mais aussi qu’elle demeurait toute seule avec ses hommes, sans possibilité d’aide extérieure. Ses tactiques militaires combinées à sa parfaite connaissance des lieux engendrèrent des soucis de taille pour l’ennemi. Sirius, alors totalement exaspéré par la tournure des événements, décida, voyant que la situation ne s’arrangeait guère, d’envoyer plusieurs unités formées à l’école militaire et spécialisées dans les missions d’infiltration tactique. Les unités de base avançaient en groupe, donc étaient plus visibles, ce qui permettait aux snipers et aux forces de résistance de se déplacer en conséquence pour faire le plus de dégâts possible, les brigades de l’abîme, quant à elles, disposaient d’une puissance de feu effrayante et d’une résistance décuplée mais étaient bruyantes et relativement lentes ce qui les rendaient assez inappropriées pour le contexte qui les occupaient. Par contre, les unités de l’école militaire disposaient de tenues légères, de camouflages, se déplaçaient comme des ombres par équipes de deux et employaient les techniques d’infiltration les plus pointues. Les sections de base shezariennes furent utilisées comme appât pour dévoiler la position des snipers, une fois cela fait, les troupes d’infiltration prouvèrent de manière incontestable, l’efficacité de l’enseignement qui était dispensé à la capitale du royaume. Pendant que les brigades de l’abîme s’occupaient des reclus, les véritables résistants de l’underground périssaient les uns après les autres. Le major Miranda aurait sans aucune hésitation sacrifier sa propre vie dans ce combat si cela avait pu sauver ses semblables mais elle se demanda si elle avait le droit de décider du sort de tous ses hommes, ainsi que des nombreux civils demeurant sur place, de tous ceux qui avaient une famille, des rêves inaccomplis. Elle en vint finalement à la conclusion que la victoire ne pouvait être acquise et décida de se rendre avec les hommes qui lui restait en exigeant qu’ils soient épargnés. Les Shezars voulaient toujours montrer qu’ils conservaient le contrôle mais en réalité ils étaient soulagés de cette reddition et ils l’acceptèrent donc. Quand le Roi apprit que dans l’underground, seuls les reclus mettaient encore sa victoire en péril, il décida de descendre en personne pour terminer le travail. Certains membres isolés s’adonnaient aux pillages profitant de la confusion, alors que les autres tiraient partout comme des brutes sanguinaires. Parmi les reclus se trouvaient quelques éléments extrêmement dangereux qui semblaient d’ailleurs s’imposer comme les leaders du mouvement, ces derniers avaient parfois un goût et un talent inné pour le meurtre, toutefois devant les brigades de l’abîme ils ne pouvaient que reculer ; ne disposant pas d’armures, étant sous-équipés et pour certains affamés, ils ne purent contenir Tarsus et ses suiveurs très longtemps. Quand le Roi arriva, tous les siens s’écartèrent pour le laisser passer, il avança jusqu’à la première ligne des combats, là, entouré de sa garde personnelle, il déploya toute la perfection de son art. Il frappait avec son sceptre comme si Jisarius vivait encore lui, ensuite il tranchait ses ennemis avec son épée. Son style n’était pas basé sur la force ou la puissance, comme la plupart des autres sceaux du royaume, sa technique était fine, rapide, sans déchets, comme un coup de vent qui taille la barbe de l’hiver. Il repéra les deux ou trois hommes qui semblaient diriger cette bande sauvage, se dirigea vers eux et les affronta, c’est un bien grand mot, les exécuta serait probablement plus approprié, ensuite après avoir occis quelques récalcitrants qui se trouvaient autour et essuyé sa lame sur le corps d’un des cadavres, il prononça ces mots : « Je suis Sirius, souverain du royaume intergalactique, implorez mon pardon ou subissez les foudres de mon courroux ». La bande des reclus, pourtant difficilement impressionnable, après avoir vu le sort réservé à leurs leaders et à la suite de ces mots prononcés de façon froide et déterminée, décida progressivement de déposer les armes, après tout, ils n’en voulaient pas plus aux Shezars d’être ce qu’ils étaient qu’aux humains de les avoir enfermé derrière ce mur impitoyable.

C’est donc de cette manière que Galacticon devint une planète supplémentaire dans le royaume intergalactique shezarien. Sirius resta un moment sur place pour s’occuper de la politique à y mener, nomma ensuite un des sceaux du royaume comme seigneur de cet astre et retourna sur Castalia. Ils utilisèrent cette planète comme point de départ pour de nombreuses autres missions d’exploration de la galaxie et aussi pour isoler les anciens habitants de la planète rouge par rapport à leurs semblables. Le régime était plus dur encore vis-à-vis d’eux et le seigneur Chromus qui avait été nommé à cet endroit était particulièrement intraitable. Avec la main d’oeuvre qu’ils venaient d’acquérir, ils firent construirent un observatoire sur l’astre satellite de Galacticon, afin d’avoir une fenêtre sur le reste de l’univers. La prise de la planète eut lieu en l’an 102 et plusieurs années s’écoulèrent encore avant que les expéditions multiples, orientées en partie par l’observatoire, ne fassent une autre découverte. Il s’agissait d’un astre relativement petit, qui de l’espace apparaissait sous une magnifique couleur mauve, parsemée ça et là de taches blanches. Cette originalité était due surtout à sa situation. Il se trouvait en fait à peu près au milieu du triangle imaginaire formé par Castalia, Baphos et Galacticon et recevait les résidus de lumière reflétés par ces trois planètes, dont la combinaison associée à son propre satellite, formait ce mélange exceptionnel. Cet astre était habité par des espèces animales et végétales qui fournissaient à ce titre différentes ressources mais surtout en raison de sa position, il devint le point d’élection des marchands. Pour cette raison, la planète fut appelée Mercatrend et grâce à l’activité commerciale, se développa rapidement la ville de Trivialis. Tout y était orienté aux fins des échanges et du commerce, c’était la jonction parfaite entre les ressources qui provenaient de cette planète même et les apports miniers de Baphos qui ensemble formaient l’offre et puis l’insatiable demande nécessitée par Castalia. Les spatioroutes relièrent bien évidemment cette planète le plus vite possible, commencèrent alors des échanges de plus grande envergure entre la deuxième et la troisième galaxie. Certains vaisseaux marchands découvrirent le bon filon en effectuant des trajets continus d’approvisionnement entre Mercatrend d’une part et Eliosis de l’autre. La puissance et l’autorité des Shezars ne cessaient de croître et celle des humains de s’évanouir, surtout pour les habitants de Galacticon.                                      

 

A suivre...

01:56 Écrit par Banur | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

08/02/2006

Suite...Une expansion inquiétante

Dans le nouveau système, les humains constituaient la main d’œuvre principale et forcée. Ils étaient contraints de travailler très dur dans les mines d’extraction à Colombus, dont le besoin était sans cesse croissant et sur le réseau de spatioroutes, projet gigantesque et parfois dangereux en raison des champs d’astéroïdes, des tempêtes sidérales ou des tourbillons cosmiques. Contribution encore sur les différentes bases en construction ou dans le secteur des satellites mais aussi pour œuvrer au développement de la capitale. Tous les seigneurs organisaient de manière légèrement différente leur autorité, tout en respectant cependant les directives communes données par le Roi. Dans ce contexte, c’étaient probablement les marchands travaillant pour le régime qui s’en tiraient le mieux parmi les humains.

L’on avait fort besoin d’eux et de leurs vaisseaux, ainsi que de leurs contacts et de leur connaissance des différentes marchandises. Bien sûr il n’y avait pas assez de Shezars pour tout faire et donc les humains occupaient aussi des postes dans différents domaines mais toujours sous un contrôle serré.

La volonté d’expansion était très grande, les vaisseaux balayaient les espaces intersidéraux dans toutes les directions pour espérer trouver de nouvelles planètes. En fouillant de la sorte, les Shezars parvinrent à découvrir un autre astre dans la troisième galaxie. Il s’agissait d’une planète qui vue de l’espace, reflétait une couleur oscillant entre orange foncé et marron, elle était de surcroît entourée par un système de trois anneaux, composés d’une multitude de petites particules solides. Ils remarquèrent que la planète était riche en minerais divers mais également qu’elle était riche en méthane. Avant de pouvoir profiter des ressources et de disposer d’un centre d’approvisionnement dans cette galaxie, il leur fallait donc vaincre l’obstacle des gaz présents dans l’atmosphère. Commença alors d’immenses travaux visant à installer des structures qui puissent venir à bout de cet obstacle. Les humains furent mobilisés en masse là encore et sous le nouveau régime, les progrès semblaient voir le jour grâce à leur sang, ils étaient les outils de la réussite de l’ennemi, les pions de leur stratégie d’expansion. Après des efforts titanesques et des morts répétées, ils réussirent enfin à régler la situation, initialisèrent les unités de développement sur place et nommèrent la planète, Baphos. Les mines constituaient l’activité principale sur la planète et le réseau de spatioroutes ne tarda pas à relier cette jonction également, pour accélérer l’acheminement des ressources vers Shezaria, la capitale du royaume. Les machines fonctionnaient jour et nuit pour rendre le sol, essentiellement rocheux, praticable et pour permettre la construction de différents bâtiments qui étaient axés autour de l’exploitation minière. Petit à petit, en raison de son importance, l’endroit connut une certaine croissance, des bars, des magasins et des habitations vinrent décorer cet immense amas de pierre. Ils n’y avaient pas que les humains, toutes les races contrôlées, y compris ce qui restait des Krakors, furent mobilisées. Avec cette force active derrière leurs projets, l’avancée shezarienne était consacrée, se consolidant chaque jour un peu plus. La découverte de cette planète, accéléra encore le processus d’agrandissement de la capitale et de tout Castalia d’ailleurs. Un des sceaux du royaume, ancien chasseur, fut nommé seigneur de Baphos et reçut donc cette planète prometteuse comme territoire. Le Roi Sirius voyageait beaucoup à travers son domaine intergalactique, pour se rendre compte lui-même de la situation et de la gestion relativement personnalisée des seigneurs sur leur astre. Son influence augmentait sans cesse parmi les Shezars car il leur offrait une croissance sans précédents, de plus il faut signaler que la création de son école militaire en avait séduit plus d’un. Cet établissement formait pendant ce temps, la future élite, la relève des sceaux du royaume et à cet égard, dans le cadre de leur formation, la partie restée vierge de Castalia fournissait un très bon terrain d’entraînement. Les conditions difficiles que l’on rencontrait encore dans les marais à cet endroit, endurcissaient les soldats dès leur plus jeune âge, leur inculquant la nécessité de devenir fort pour survivre. Le sentiment d’obéissance est déjà très fort dans leur race mais dans cette école il était encore amplifié jusqu’à son paroxysme pour faire de ces jeunes soldats, des recrues inconditionnelles du Roi. Ce dernier choisit d’ailleurs parmi les meilleurs éléments sortis de cette école, les membres de sa garde personnelle. C’était plus par symbole envers l’école et par prestige qu’autre chose car pour ce qui était de sa protection, il aimait toujours l’assurer lui-même et le faisait avec une efficacité redoutable.

Lors de l’une des expéditions nombreuses lancées dans l’espace, un vaisseau shezarien, en aperçut un autre qui ne semblait pas appartenir à leur race car il n’était répertorié dans aucun de leurs fichiers et qu’il ne ressemblait pas à un vaisseau civil non plus. Il décida donc d’activer son camouflage thermique et de s’en approcher ou de le suivre pour se faire une meilleure idée de la situation. Une fois à portée, il remarqua sans nul doute, hébété, qu’il s’agissait d’un vaisseau humain, il le suivit jusqu’à ce que celui-ci entre dans l’atmosphère d’une planète couverte de brumes et disparaisse dans le rideau de coton. Ce vaisseau léger et rapide, s’empressa de retourner le plus vite possible sur Castalia pour annoncer cette surprenante nouvelle au Roi. Le pilote demanda à être reçu par celui-ci tout en justifiant sa demande. Sirius l’invita dans la grande salle, écouta attentivement ce qu’il avait à dire, puis lui demanda si il était absolument certain de ce qu’il avançait, le pilote confirma, fut remercié et s’en alla en ayant accompli son devoir. Le Roi vit alors l’occasion d’agrandir encore son domaine, de pouvoir peut-être s’emparer de certaines technologies de l’ennemi, d’écraser enfin le dernier foyer combattant humain et aussi de se distinguer personnellement comme guerrier aux yeux de tous ses semblables. Le Roi prépara soigneusement, son plan, son intelligence pouvait s’avérer absolument terrible quand l’enjeu était de taille. Il convoqua à Castalia tous les seigneurs, la plupart des sceaux du royaume, Tarsus et ses brigades de l’abîme, ainsi qu’une sélection de l’école militaire qui allait probablement connaître le feu de l’action.

Sirius ôta son ensemble de Roi pour revêtir l’armure du chef de guerre. Il s’agissait d’une armure magnifique et absolument unique, elle était très épaisse, contrairement à lui et très résistante aussi. Sa couleur principale était le mauve mais elle comportait toutefois d’imposantes épaulettes de couleur noire, sur lesquelles trônait la tête blanche du lion, une large couronne gravée au milieu brillait d’une couleur dorée, tout comme l’était son épaisse ceinture. En plus de cela, l’armure possédait de grosses piques qui s’élevaient à partir des épaules, le Roi portait aussi sa couronne de myaléthite sa la tête et sa gigantesque cape jaune dans le dos. Il brandissait fièrement son épée dans sa main gauche et son sceptre dans la droite, le tout lui donnant une allure véritablement royale. Il mit sur pied un contingent énorme, qui toutefois progressa dans la plus grande discrétion jusqu’au moment où ils réussirent à atteindre la  planète satellite de Galacticon, là ils se cachèrent jusqu’à ce que la nuit ne tombe et que le rideau de brume n’encercle totalement la planète. Ils lancèrent d’abord à l’aide de vaisseaux furtifs qui se faufilèrent dans la brume, une mission visant à neutraliser les communications, couper les humains de leurs yeux et de leurs oreilles sur place pour accentuer au maximum l’effet de surprise. Cette mission devait être exécutée avec la plus haute efficacité car elle allait déterminer le sort des manœuvres suivantes. Le Roi choisit alors une sélection de guerriers sortis de l’école militaire et qui avaient suivi spécialement un programme d’infiltration. Tapis dans l’ombre, ils prirent le temps d’observer et de repérer les installations de l’ennemi, ils remarquèrent que peu de constructions apparaissaient véritablement en plein air et qu’elles semblaient presque toutes reliées entre elles par des couloirs intérieurs. Ils coordonnèrent leur action, pour attaquer la plupart des postes satellites et de communications, agissant comme des ombres, sans lever le voile léger de la nuit. Quand ce fut fait, les rares centres restés opérationnels pensèrent sûrement à un cyclone magnétique, chose qui s’était déjà produite, ou à quelque événement similaire pour expliquer les problèmes relevés. A partir de ce moment là, les vaisseaux shezariens entamèrent leur descente vers la planète, ils profitèrent des brumes ainsi que d’une zone renseignée par leurs éclaireurs comme inhabitée, pour se poser dans la plus grande discrétion. Ils devaient cependant agir vite pour profiter de la protection du rideau vespéral ainsi que du drap de brume. Sur Galacticon, seuls les effectifs de garde, de la plus commune routine étaient déployés, c'est-à-dire pas grand-chose. Le Roi divisa ses forces en deux pour attaquer à la fois par le nord et par le sud, espérant jeter une confusion irréversible dans les rangs des Hommes. C’est d’ailleurs précisément ce qui arriva quand les vigies aperçurent les formes hostiles déchirant le brouillard, ils sonnèrent l’alarme mais premièrement personne n’en connaissait la cause et deuxièmement il était visiblement trop tard. Les envahisseurs se déplaçaient non plus dans les vaisseaux spatiaux mais dans des vaisseaux de différents types, orientés pour le combat et le transport au sol. Ils surgirent du néant, comme d’un mauvais rêve, d’un cauchemar que l’on croyait oubliés, remplissant les rues de la ville principale, pénétrant dans les différents bâtiments. Les forces de défense s’activèrent entre éveil et sommeil pour accomplir leur mission mais ils ne pouvaient demander de renforts aux autres zones de la planète, en raison de la désactivation des communications et aussi en raison du fait que ces parties là étaient elles mêmes attaquées pour la plupart. C’était là trop de surprises en une fois : ils ne savaient pas que les Shezars avaient quitté la deuxième galaxie, encore moins qu’ils connaissaient leur position, ils ne savaient rien de la mort de Zaccharias ou de Jisarius, ni de l’existence d’un Roi, ils furent glacés par la vision des brigades de l’abîme de même que par leur puissance incalculable et tout simplement submergés par l’initiative. La force des humains résidait toujours dans leurs trois caravelles mais celles-ci ne leur servaient à rien dans des combats au sol. Le Roi Sirius, participait activement aux affrontements, utilisant son sceptre tout autant que son épée comme une arme à part entière. Il remarqua qu’en fait la plupart des constructions s’étendaient sous terre et ordonna à ses soldats de s’en rendre maîtres. Lui se dirigea avec sa garde personnelle, l’élite des sceaux du royaume et une partie des brigades de l’abîme, vers le centre du consortium suprême. L’endroit était bien protégé mais ils n’avaient pas eu le temps de s’organiser complètement et cela ne pouvait que coûter cher face à la puissance de l’ennemi.

Les plus faibles des défenseurs, abandonnèrent même leur poste, certains ayant toujours en mémoire le souvenir du siège de la planète rouge. Les épées des sceaux du royaume taillaient un chemin sanglant vers leur objectif, jusqu’à ce qu’ils y parviennent finalement. Le Roi se présenta aux membres du consortium suprême qui tentèrent encore avec les derniers survivants de le combattre. C’était cependant vaine lutte et Sirius les massacra jusqu’au dernier, détruisant les plus hauts membres de la race humaine et avec eux le secret d’Ezekiel.

Pendant ce temps, le major Miranda Bel, organisa une sévère résistance dans les quartiers underground. C’était une femme très élégante, qui avait été diplômée sur le Prometheus pendant les années de traversée qui les avaient tous amenés sur Galacticon, elle avait étudié dur dans le but de vouloir éviter un drame comme celui de la planète rouge à l’avenir et de pouvoir protéger les siens en cas de problème. Elle connaissait bien ces quartiers alors qu’ils pouvaient s’apparenter à un véritable labyrinthe pour ceux qui n’y avaient jamais mis les pieds. Elle coordonna maintes attaques éclairs surgissant au tournant des rues serrées avec ses hommes pour surprendre et causer des pertes dans les rangs shezariens. La situation à la surface était sous contrôle, les membres du consortium étaient morts, les Hommes n’avaient plus de véritables leaders et les troupes de Sirius occupaient les structures stratégiques, cependant en dessous, la résistance continuait, causant des dommages et exaspérant au plus haut point le Roi dont la perfectibilité du plan ne pouvait être remise en cause.

 

A suivre...

19:23 Écrit par Banur | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Le coquillage

Dans les profondeurs océanes, caressé par les courants, vivait un coquillage.

Chaque jour, les eaux venaient lui rendre visite et lui dire comme elles le trouvait beau, le coquillage s'entre-ouvrait alors parfois très délicatement et offrait un peu de sa clarté, là où habituellement la lumière ne parvient quasiment plus. Le maître des lieux intrigué, commença à s'en approcher et à lui parler, ne sachant trop à quoi s'attendre, le coquillage gardait une certaine distance mais à chaque fois qu'il entre-ouvrait un morceau de son bouclier nacré, le maître des profondeurs apercevait une parcelle de magie, une étincelle qu'il ne connaissait pas. Progressivement, le coquillage sonda les intentions du maître, et s'ouvrit graduellement. Les eaux virevoltaient, de violents tourbillons de joie se formant alors à ces moments près du temple sous-marin, tous les poissons, nymphes et coraux représentant l'éventail de son émotion exaltée. Au fil des jours, le maître attisé désirait de plus en plus connaître le coquillage et celui-ci, prenant confiance, s'ouvrait de manière croissante. Le maître envoyait souvent des courants apaisants pour réconforter le coquillage qui en sentant cette douce chaleur offrait chaque fois un peu de sa lumière, devenue indispensable à tout l'équilibre marin.

Cela se poursuivit jusqu'au jour où le coquillage décida de s'ouvrir complètement, le maître avait compris depuis longtemps qu'il renfermait quelque merveille indescriptible mais ne savait pas laquelle. Il s'en rendit compte quand le coquillage se libéra, il ouvrit sa barrière de nacre et le maître des profondeurs put alors découvrir une perle qui défiait les espérances de son imagination. Elle brilla si fort que l'ensemble des profondeurs océanes fut illuminé, caressant de cet halo suave, toute vie. Les vagues se rappelleront longtemps du jour où l'Océan sourit, du jour où la perle élit domicile dans le temple de ses profondeurs  

01:02 Écrit par Banur | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

03/02/2006

Suite...Un nouveau régime

Il fut donc fait de la sorte, le lion donna ses instructions, choisit ceux qui seraient amenés à être suzerains ainsi que leurs territoires respectifs et leur laissa le soin de décider ceux qui seraient sous leur tutelle. Une fois cela fait, le lion qui sentait le temps presser décida de reprendre le trajet qui le ramènerait vers Castalia, il voulait la revoir, observer la gestion que Sanelius en avait faite et les développements survenus. Il n’allait pas repartir sans ce qu’il était venu chercher à la base, c’est évident, il mobilisa donc des dizaines de milliers d’humains, des représentants d’autres races, des Shezars spécialisés dans divers corps de métier utiles au développement et enfin une gigantesque quantité de ressources, provenant des différentes planètes qui furent stockées sur l’impératrice de l’aube. Le lion se remit en route pour entamer la traversée de retour, sa blessure n’était cependant pas guérie et continuait de l’affecter. Peu de temps avant d’arriver à mi-chemin, sentant ses dernières forces arriver à échéance, il décida de convoquer Sirius, celui qu’il avait recueilli et formé après que ses parents aient été tués, dès son plus jeune âge et qui à quatorze ans se battait déjà sous ses ordres. Il expliqua à celui-ci qu’il allait bientôt le quitter pour un beaucoup plus long voyage encore, celui dont on ne revient pas et qu’il serait amener à lui succéder dans tout ce que cela impliquait. Le lion lui confia tous les détails de son objectif pour qu’il puisse le réaliser en conformité avec ses derniers souhaits. Le disciple qui avait consacré toute sa vie au maître, depuis qu’il fut formé enfant par celui-ci, allait maintenant devoir sortir du néant où il semblait particulièrement se complaire pour affronter les lumières du pouvoir.

Le lion du firmament, Jisarius, mourut sur l’impératrice de l’aube en 74, quelques jours après cet entretien, comme si il avait attendu ce moment pour livrer ses derniers secrets. Nul ne sait si c’était des suites de ses blessures, d’une maladie, de l’âge qui commençait à se faire sentir, surtout pour un être qui avait passé sa vie dans la guerre ou bien d’un mélange de tout cela. Ce que l’on sait par contre, c’est que le jour de son décès, aucun chasseur ne mangea quoi que ce soit, ils se réunirent dans une grande salle où était exposé son corps. Là chacun se rendit devant la dépouille et déposa son épée dans la main du défunt comme si il allait encore dans un dernier instant, transmettre un peu de sa force dans leurs armes. Une légende venait de s’éteindre : il avait commencé très jeune comme guerrier, s’était distingué dans plusieurs batailles, était ensuite devenu gouverneur de Colombus, puis avait quitté ce poste pour rejoindre celui qui l’aura vraiment fait connaître, à savoir, grand exterminateur, maître des chasseurs de félons. A ce poste, il aura grâce à ses mesures radicales et méthodiques, réussi à démanteler le réseau des reliquaires, qui était originellement son objectif, mais aussi à instaurer par ses chasseurs un respect de l’ordre, il aura ensuite particulièrement brillé lors du siège de la planète rouge, était parti après celui-ci, avait découvert Castalia, était ensuite revenu pour finalement affronter Zaccharias, le battre et enfin mourir sur le chemin de retour de Castalia peu après. Au moment d’arriver sur la planète, selon le nouveau système, tous avaient dû prêter serment de fidélité au nouveau chef, Sirius. Il n’était guère connu que par les chasseurs et par ceux qui avaient entendu parler de lui mais était un illustre inconnu pour tous les autres. Après les figures emblématiques qu’étaient Zebulon, Zaccharias et Jisarius, qu’allait devenir le sort de tous sous ce nouveau chef ?

Sanelius, quant à lui, fier de pouvoir présenter les progrès à son maître revenu, ne put qu’être étonné d’entendre qu’il avait succombé, lui le lion qui jamais ne faiblissait, étonnement encore de voir qu’il devait maintenant allégeance à Sirius, guerrier mystérieux, plus jeune que lui et qu’il n’avait jamais bien cerné même si il respectait hautement ses capacités exceptionnelles. Le nouveau chef félicita Sanelius pour les améliorations notables qui étaient nées en quatre années sur la planète. Ensuite, il se passa plusieurs mois pour tout organiser ; les ressources, les effectifs, l’assignation des tâches et le début des travaux de développement sous les ordres de Sirius, sensé appliquer les dernières volontés du lion, qu’il était le seul à connaître d’ailleurs. Le corps du lion fut conservé et protégé dans un tombeau, surplombé par une énorme statue. Sirius fit construire, près de ce lieu, une immense demeure fortifiée où il projeta de résider, au centre de la planète, qui avait été étudiée comme étant la meilleure zone de celle-ci. La construction de la ville principale avait véritablement commencée fin 75 et Sirius décida de la nommer Shezaria, selon les derniers souhaits du lion. Les constructions qui s’y développaient, étaient clairement érigées dans le but d’impressionner, presque d’intimider et l’on ressentait d’ailleurs un peu de l’âme de Jisarius dans chacune d’elles. Les humains et les autres, étaient forcés de travailler très dur sous la nouvelle autorité, on était loin alors des réformes de rapprochement entamées par Zaccharias, le but étant de faire grandir la nouvelle ville à une vitesse dépassant toute espérance. Les travaux progressaient de manière surprenante  et nous sommes en l’an 77 quand arriva le jour du couronnement. A cette date, Sirius se fit sacrer Roi, devant le grand Hall de sa demeure, devenue le symbole de la puissance du nouveau régime en cours d’élaboration. Les seigneurs principaux, furent tous conviés à la cérémonie de ce jour mémorable. La luminosité était particulièrement frappante ce jour là, détail qui apparut clairement quand Sirius se fit remettre sa couronne. La pièce fabuleuse était taillée de manière extrêmement fine dans des cristaux de myaléthite qui offraient leurs reflets mauves et cristallins aux yeux de tous ceux qui furent présents. La couronne se fondait parfaitement à la forme de sa tête et le contraste entre ses cheveux noirs de jais et la couronne colorée était assez saisissant. Il était vêtu d’une soie incroyablement souple et luxueuse intégralement en mauve, avait chaussé d’énormes bottes ornées de magnifiques pierres qui reflétaient elles aussi leur éclat à travers les murmures du jour et portait dans son dos une immense cape de cérémonie de couleur jaune, fort épaisse qui traînait sur le sol loin derrière lui. Son visage était toujours aussi mystérieux derrière ses longues mèches noires mais l’ensemble donnait néanmoins à ses traits fins un air qui n’était pas dénué d’une certaine beauté. Il tenait dans sa main un sceptre qu’il avait fait construire et qui avait été en grande partie fabriqué avec l’épée légendaire de Jisarius, comme pour lui permettre de vivre encore à travers elle. Tous les seigneurs principaux, anciens chasseurs aussi, vinrent chacun à leur tour reconnaître le souverain. Tous se présentèrent devant lui avec leur épée, la déposèrent devant le nouveau maître et rééditèrent leur serment non plus au chef cette fois mais au Roi, le premier des Shezars, le suzerain suprême, maître du royaume intergalactique. Ce royaume contenait toutes les planètes de la deuxième galaxie, ainsi que maintenant Castalia, premier astre découvert dans la troisième et avait pour capitale la naissante Shezaria.

Après qu’ils aient prêté le serment, le Roi se leva, se dirigea vers eux, ramassa l’épée et fit une infime entaille sur leur bras droit, symbolisant le fait qu’il les reconnaissaient et les confirmaient désormais dans leur titre de seigneur. Beaucoup de civils shezariens ayant senti l’importance qu’allait bientôt prendre ce nouveau lieu, décidèrent de venir s’y installer et étaient donc présents. La cérémonie fut retransmise jusque dans les karukis d’Eliosis, grâce à des relais satellites qui paraissaient à cette époque presque inimaginables.

Lors de la cérémonie, Sanelius qui s’était déjà remarquablement occupé de la planète pendant quatre ans et qui de plus était un homme influent et respecté, fut nommé premier suppléant de Castalia. Cela signifiait qu’il serait en charge de la planète qui hébergeait la capitale du nouveau royaume à chaque fois que le Roi serait absent. A partir de ce jour, tous les anciens chasseurs de félons, furent rebaptisés « sceaux du royaume », plus adapté au nouveau contexte, devenant par la même, officiellement l’élite du nouveau régime et garant de son ordre à travers les galaxies. Ils devinrent un corps spécial, présent sur chaque planète, censé faire appliquer de la manière la plus stricte la volonté du Roi, tout en étant placés sous l’autorité des seigneurs principaux sur chaque astre, eux-mêmes anciens chasseurs. Sous ce nouveau système, les brigades de l’abîme subsistèrent comme subdivision des sceaux du royaume, le chef des brigades étant resté Tarsus. Le système se complexifiait tout en se précisant, se resserrait pour les humains et se développait pour ceux qui en faisaient partie.

Une fois cela bien installé, le Roi entrepris des projets gigantesques, notamment pour l’expansion de la troisième galaxie. Tout Shezar qui partait dans l’espace et qui revenait en ayant découvert une planète praticable se voyait récompensé et respecté, ainsi même des individus du secteur privé se lancèrent aveuglément dans l’aventure. Toutefois l’espace est dangereux et les distances parfois très importantes, beaucoup choisirent leur dernière destination en prenant une telle décision. Un autre projet gigantesque consistait à créer un réseau de spatioroutes, balisant les trajets situés entre les différentes planètes et surtout l’équipant d’accélérateurs à détection thermique. Ces dispositifs arrivaient à produire une accélération sur tous les vaisseaux qui passaient à proximité en détectant la chaleur de leurs

réacteurs et cette innovation majeure permit donc de réduire extrêmement la durée des trajets surtout entre la deuxième et la troisième galaxie, indispensable pour l’unité du royaume. Des bases relais furent également placées pour faciliter le besoin énorme de ressources que Castalia nécessitait, celles-ci étaient approvisionnées sans cesse pour pallier à toute situation d’urgence et cette contribution était le tribut obligatoire que devaient toutes les planètes à la principale. Les communications se développèrent dans le même sens grâce aux satellites omniprésents et à des centres d’observation qui permettaient d’avoir une meilleure vue sur la situation globale, ainsi le Roi avait des yeux et des oreilles partout. Sirius qui finalement semblait se consacrer pleinement à sa tâche, décida de créer à Shezaria, l’école royale militaire, ouverte à tous les membres de leur race qui voulaient devenir soldats. D’anciens grands combattants y enseignaient et l’on vit des shezars débarquer de partout pour y être formés. A tel point d’ailleurs qu’assez vite l’on fit passer des examens pour voir qui y serait accepté, tant les places étaient chères. Cela devint donc comme un but pour les jeunes représentants de leur race de pouvoir y entrer. Ce sentiment était probablement exactement celui que Jisarius voulait inspiré et l’intelligence du Roi n’avait pas manqué de la comprendre, toutefois ses buts intimes, ultimes et profonds demeuraient un mystère.  

 

A suivre...

10:57 Écrit par Banur | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

02/02/2006

Suite...Un résultat inévitable

Zaccharias pourtant d’habitude très posé, très observateur, très stratégique, attaqua le premier, cette initiative semblant surprendre son adversaire habituellement expert du combat au corps à corps. Il jeta d’abord sa jambe gauche dans un mouvement rapide et oblique vers l’avant, pour ensuite rebondir comme un tigre agile sur la droite, prenant ainsi Jisarius de flanc. le coup horizontal, armé du côté gauche et précisément exécuté se dirigea à pleine vitesse vers le visage de l’exterminateur mais celui-ci eut un réflexe au dernier moment et parvint à se protéger avec le plat de son énorme épée, créant quelques étincelles. Il recula surpris par le maniement que l’aigle avait d’une telle arme, chose qu’il pensait être l’apanage des chasseurs. Sa surprise ne fut que d’une durée toute relative cependant car il abattit deux grands coups verticaux très rapprochés d’une force énorme sur le bras gauche de son opposant, faisant trembler le bouclier comme si un bélier lui avait chargé dessus.

Le lion portait bien son nom, il rugissait à l’aide de son épée en faisant d’énormes moulinets d’une inertie telle que l’aigle ne pouvait les bloquer mais seulement les esquiver. Ce dernier attendait justement une faille pour bénéficier de son atout principal… la rapidité.

L’agilité rencontrait la force, le modérateur affrontait l’exterminateur, le prophète du changement contre le fidèle serviteur de l’ancien système voire d’un nouveau encore plus radical. Jisarius continuait ses grands coups lourds et insistants mais le stratège agile prouva alors ses talents, il plia ses jambes, tout en se protégeant avec son bouclier, il se cambra pour encaisser le premier coup mais au moment du deuxième, au lieu de l’absorber, prit une impulsion violente utilisant toute l’énergie de ses jambes comme un ressort, s’aidant de son bouclier comme d’une arme offensive, créant ainsi une ouverture dans la garde du lion. Avec de la suite dans les idées, il poursuivit son mouvement et réussit d’un coup très vif à sévèrement entailler le bras gauche de Jisarius, qui en tant que vrai guerrier au lieu de se laisser faiblir, profita précisément de l’instant pour donner un coup horizontal avec toute la force de son autre bras fêlant ainsi durement le bouclier de l’aigle. Les combattants se tenaient en échec, s’observant le souffle court dans un instant immobile, s’approchant tous deux du coup final, à ce moment le duel pouvait tourner très vite et dans les deux sens. Jisarius qui était d’avis que l’on ne prenait la mesure de quelqu’un qu’en l’affrontant vraiment, ressentit en cet instant du respect pour son adversaire, plus que jamais sûrement mais la marche arrière n’était plus possible, cela irait jusqu’à la victoire ou jusqu’à la mort. La lutte s’amplifiait, le lion continuant d’harasser le bouclier déjà entamé, alors que l’aigle tentait des contre attaques rapides pour ralentir le flot effrayant, ce dernier toucha encore son adversaire à la jambe mais son bouclier céda définitivement sous la pression et la force énorme, le blessant à la tête par le choc, Jisarius prenant alors un léger avantage sur lui. L’aigle jeta son bouclier devenu inutile et se dit que ce qu’il perdait en défense, il le gagnerait en vitesse et agilité, lui aussi contre attaquait avec des coups très rapides, les épées s’entrechoquèrent chacun poussant pour faire céder l’autre, les yeux fixés sans relâche dans ceux du vis-à-vis, leur sueurs respectives se mêlant tout autant que leurs sangs sur le sol mouillé de la ville. Ce n’était pas le résultat d’une petite querelle mais l’expression d’une rancune étouffée depuis des années par solidarité shezarienne. Ils se tenaient à distance de souffle, chacun tentant d’écraser le tranchant sur la gorge de l’autre mais dans cet exercice, le lion avait l’avantage, il donna un coup de tête déterminé et repoussa violemment l’aigle vers l’arrière, contre toute attente, il semble pourtant que c’est ce que celui-ci attendait car profitant de la poussée du lion qui suivait son déplacement et tout en rattrapant son équilibre en bloquant ses talons, il administra un flamboyant coup d’estoc, plongeant son épée dans le flanc du grand exterminateur. L’on s’attendait à le voir s’écrouler après une telle frappe, chacun retenant sa respiration mais ce dernier montra alors le véritable guerrier qu’il était et l’étendue de sa détermination : il attrapa l’épée à hauteur de la garde et plutôt que de l’enlever, la tira plus profondément vers lui, pour éviter que Zaccharias ne puisse la reprendre, alors, quasiment dans le même mouvement frappa celui-ci, laissé sans protection, d’un mouvement sec et dévastateur. L’aigle des étoiles s’écroula sur le sol, voyant ses rêves s’estomper, sa vue se troubler, abandonnant ses dernières forces en fixant les tours d’Eliosis, les lumières, les symboles du rapprochement et en partant avec le goût que l’on a quand on est resté fidèle aux choses que l’on prétend défendre. Le combat était terminé, l’aigle des étoiles s’était éteint, le lion gravement blessé accusait le coup en s’appuyant sur son épée, alors que celle de l’adversaire lui traversait toujours le flanc, même dans cet état il avait un sourire au coin des lèvres car il en était arriver à rencontrer enfin un adversaire digne de lui. Il se disait après tout que c’était déplorable d’en être arrivé là, qu’ils auraient pu accomplir de grandes choses ensemble tout compte fait mais aussi qu’ absolument rien ne devait venir entraver ses objectifs. A ce moment, certains fanatiques d’Eliosis tentèrent de se ruer sur Jisarius pour venger celui qui leur avait offert ce nouveau mode de vie mais Sirius, son ombre, sortit du néant et réussit à contenir six adversaires à lui tout seul agissant avec une rapidité sans égal. Son épée était quasiment invisible tant elle fendait l’air de manière parfaite. Son apparence était extrêmement trompeuse, il paraissait frêle, fragile, avait un style androgyne, des très longs cheveux noirs, extrêmement lisses, presque pareils à ceux d’une femme, qui tombaient devant ses yeux étroits, cachant partiellement son fin visage émacié. Il semblait plus jeune qu’il ne l’était en réalité, ne parlait que très rarement et semblait véritablement être l’ombre de son chef. Ce physique fut d’ailleurs l’entrée du tombeau de nombreux soldats qui ne se méfiant pas assez, y furent expédié avant qu’ils n’aient le temps de comprendre.

En réalité, de tous les chasseurs, c’était probablement le plus dangereux. Au sein de sa caste il fut surnommé vent pourpre, premièrement car personne ne semblait pouvoir le toucher, deuxièmement pour la bonne et simple raison que quand il sortait son épée au style unique, elle ruisselait toujours du sang de ses ennemis. En plus de ses capacités guerrières extraordinaires, il possédait une intelligence que rares seulement arrivaient à saisir, donnant souvent des conseils à son maître, dans l’ombre. D’extérieur, au premier abord, l’on aurait dit, un individu fragile mais en observant bien, l’on pouvait déceler de manière indubitable, dans son regard ténébreux souvent caché par ses longues mèches et par un sourire glaçant, la noirceur de l’intérieur. Un jour, sans un mot, il trancha la gorge à un homme qui l’avait maladroitement bousculé sans s’être excusé tout de suite. Sirius créait un contraste marquant avec les autres chasseurs, en général très présents par leur personnalité, d’apparence robuste et très forts physiquement.

Dans le chaos qui suivit la mort de l’aigle des étoiles, les combats reprirent à certains endroits, d’autres par contre, principalement ceux qui s’ennuyaient dans le monde sans combats de Zaccharias, décidèrent de rejoindre Jisarius reconnaissant le résultat du duel comme officiel. Certains chasseurs vinrent autour de leur chef pour l’aider à se relever mais le lion les repoussa sèchement, s’appuyant sur son épée pour se relever lui-même. Le sang sortait par le côté gauche de son armure mais il ne bronchait pas, fixant ses troupes en leur demandant ce qu’elles faisaient à le regarder alors que des combats faisaient encore rage ailleurs. Tarsus menait ses brigades pour étouffer les foyers de résistance, ressemblant plus à des actes désespérés qu’autre chose, l’aigle des étoiles n’était plus mais ils refusaient de voir la vérité. Les chasseurs insistaient pour que leur maître retourne sur l’impératrice de l’aube pour se faire soigner mais le lion, rétorqua que la place d’un chef était avec ses soldats, là où se déroulent les combats et non pas à l’abri avec des médecins. La plupart des Shezars, dans les deux camps, refusèrent d’affronter leurs semblables et beaucoup d’anciens de Zaccharias, une fois leur chef mort, ne pouvaient plus qu’obéir au nouveau. Il est à supposer que parmi eux, seuls ceux qui avaient depuis toutes ces années une irrépressible envie de se battre continuèrent, par contre les humains poursuivirent la lutte car ils avaient une raison de ne pas vouloir que Jisarius les dirigent. Même si ils s’acharnèrent, ils n’étaient pas très nombreux à êtres armés ou à savoir se battre, à vrai dire seuls les membres des gants du pouvoir avaient pu continuer à faire cela. L’unité shezarienne reprit vite le dessus aussi, les humains se faisant tirer dessus même par leurs collègues ou supérieurs, membres des milices de l’Ordre comme eux et qui maintenant semblaient se ranger derrière le lion. Ils n’étaient pas correctement équipés, pas correctement entraînés, trop peu nombreux et ne pouvaient que s’incliner devant la puissance des brigades de l’abîme. Les combats se prolongèrent jusque dans la nuit faisant résonner l’endroit sous les tirs mais le lendemain matin, les troupes de Jisarius s’étaient rendues maîtres de tout Eliosis, les humains ayant été maîtrisés et les shezars de Zaccharias s’étant rangé derrière le nouveau chef… telle était en effet la conception d’unité qu’ils entretenaient ; après tout le plus fort l’avait remporté et cela était tout à fait dans leurs idées. Une fois la situation sous contrôle, Jisarius décida de retourner sur l’impératrice de l’aube et ordonna qu’on lui envoie Ymil Hartan, le gouverneur de Colonia1, pour voir ce que serait sa position et pour discuter de son avenir. Une fois à bord, il convoqua dans une grande salle, les plus fidèles, les plus forts, les plus anciens et les plus influents de ses chasseurs, l’élite de l’élite, treize exactement. Il était encore très amoindri par sa blessure mais n’en montra rien, il leur expliqua qu’il avait longtemps cherché le meilleur système pour assurer un gouvernement efficace qui permettrait aux Shezars de faire primer leur race sur les galaxies et avoua lui aussi s’être inspiré de l’Histoire des humains pour cela. Il avait consulté les archives et s’était emparé d’ouvrages qui semblaient pouvoir l’intéresser, parcourant pendant les longues années de la première traversée, tout ce matériel. Lors de ses lectures, il avait découvert qu’à une époque très reculée, les humains régnaient par la force et les serments de fidélité et que les chefs portaient alors le titre de seigneur. Chacun se voyait confier une part de territoire tout en devant fidélité à un seigneur supérieur appelé vraisemblablement suzerain, lui-même ayant prêté serment auprès d’une autre seigneur et ainsi de suite jusqu’au suzerain suprême, le Roi. Tous ces seigneurs, avaient autorité suprême sur leur territoire et disposaient « d’esclaves », dont le titre exact fut perdu à travers les péripéties du temps, qui leur devaient une obéissance totale, forcés de travailler dur et d’accomplir les moindres désirs de leur maître. Le lion avoua aux membres présents, que tel était son objectif, pour assurer le véritable prestige de leur race supérieure et que chaque membre présent serait nommé seigneur, remplaçant les gouverneurs mis en place et se voyant offrir leur territoire. L’idée aurait en principe dû séduire les chasseurs concernés mais ils ne savaient pas trop quoi penser, ils étaient des guerriers, n’avaient jamais vécu que pour cela, avaient toujours suivi leur chef alors que là, ils en seraient séparés ne sachant trop que faire. Jisarius leur dit qu’il avait besoin des plus fidèles pour réaliser son but et qu’ils lui serviraient tout autant dans cette tâche qu’à travers toutes les batailles précédentes, il ne manqua pas d’ailleurs de poursuivre en disant qu’il prétendait élargir la portion connue des galaxies et que cela pourrait bien entraîner d’autres combats. Après cette étonnante réunion, il reçut Ymil Hartan pour s’assurer tout d’abord qu’il le reconnaissait bien comme chef désormais, pour lui annoncer ensuite comment allait se présenter le nouveau système et enfin que dans le cadre de celui-ci, il ne serait plus gouverneur unique de Colonia1 mais un seigneur placé sous la tutelle d’un suzerain choisi parmi les chasseurs.

 

A suivre...

11:49 Écrit par Banur | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

01/02/2006

Aux portes de mon âme

Aux confins de la nuit, quand règne le silence sans partage,

me parviennent dans le creux de l'oreille, de divins murmures,

mon corps entier se met alors à vibrer sous cette onde sage,

mon coeur chérissant chaque jour ces mots comme le ciel, l'azur.

A travers l'espace, elle enroule ses bras autour de mon cou,

ils doivent sûrement constituer le bout de l'écharpe du paradis,

car leur douceur et leur tendresse sont un océan qui me rend fou

et quand me frôlent les vagues de son sourire, goûte au sel de la vie.

Tu m'as touché plus que je n'aurais moi même voulu le croire,

tu as réusssi à parvenir et a frapper jusqu'à la porte de mes secrets

tu as escaladé les murs de tous mes espoirs

et je voulais te dire que quel que soit demain, jamais je ne t'oublierai.

 

22:13 Écrit par Banur | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |