30/07/2006

Cyber Dream

Ma génération, mon peuple au-delà des frontières, mes frères au sourire solitaire,

ce sont ceux qui pendant un temps détestent leur époque. Ceux qui sont fascinés par le passé

et qui après s’être décapités, balancent leur tête dans le futur, ce fardeau non encore accompli, qu’ils considèrent comme un brigand détroussant l’espoir avec la dague du doute. Tout ça avant de se rendre compte qu’en fait ce sont eux qui correspondent le mieux à cet espace temps vicié, à cet instantané d’évolution, eux qui, en vibrant autant sur un solo de classique qu’un rock explosif ou encore qu’un jazz mélodique, pénètrent la musique aux plus clair de leurs tripes. Ils sont l’âme d’un système qui trouve sa vérité dans les paradoxes, qu’ils remarquent de façon trop nette. Alors ils enfoncent le goulot d’une bouteille jusqu’aux confins de leur gorge ou tirent aveuglément à s’embuer leurs yeux déçus sur un pétard, car au bout y a le flou qui apaise un peu. C’est le genre à se torturer le poireau dans le noir car le son des questionnements y est plus dense, il se demande ce qu’il fout là et pourquoi… comme tout le monde me direz vous… non pas tout à fait… le sens de la vie ça paraît être de la philo au micro-ondes mais lui il a vachement l’impression d’être à un siècle charnière où tout ce qu’il a emmagasiné sur les conneries du passé et l’inéluctabilité qu’elles se répètent en exposant dix, lui permet de savoir de manière relativement adéquate comment cette race impure, imparfaite et pourtant si fascinante dans ses exceptions, se précipitera vers son dernier chapitre. L’Omega de l’existence humaine, ça, il s’en gargarise autant qu’un individu préhistorique écoutant les échos de son gourdin rudimentaire sur les parois de sa grotte. L’avenir est sombre mais il sourit, car il se dit que c’est là que naissent les héros. On le prend pour un rêveur car il se mouche dans les nuages mais pourtant, il sait plus que quiconque que sa grippe, c’est sur cette bonne vieille planète de moins en moins bleue qu’il l’a chopée. Son souffle, c’est celui de la liberté car il n’appartient qu’à lui, il est prêt aux sacrifices pour le conserver, sans lui, il le sait, c’est crever! Il est un maillon qui marquera l’Histoire car il est comme le vent et que celui-ci a toujours chanté. Il est prêt à se détruire en sculptant ses larmes pour le prix de cette compréhension et à désintégrer ses racines car pour lui l’important n’est pas tant de savoir d’où on vient mais de savoir qui on est… tout en considérant que l’un n’est pas indispensable à l’autre. Ouais, en principe il aime le Fantasy, comme tout ce qui rime avec technologie et surtout c’est un passionné qui vit, en toutes choses, pour ce qu’il appelle « l’Esprit », avec un E en majuscules m’sieur ! Genre pour lui si tu piges pas ça tu peux aller te ranger et voir dans le placard de ta vie carrée si une belle courbe dans tout ça te ferait pas remarquer que t’as jamais vécu. Il se demande si pour ces gens là, il y a une âme dans la coquille… parfaitement mon vieux ! comme dans « Ghost In The Shell » qui fait très certainement partie de ses références car ça le fait réfléchir autant qu’illuminer ses pupilles dilatées. Dans la même veine il a comprit « The Matrix » comme personne, car sur ce bout de bobine, c’est le cœur de ses frères qui est gravé, il le considère comme une des meilleures critiques de la société moderne et pas comme tous ces niaisés qui lui pondent :

« les effets spéciaux étaient vraiment impressionnants » … pffffff…. mais va voir King Kong alors si y a que ça pour te faire plaisir et dans un moment de détente infinie il sera même d’accord avec toi. Peut être qu’en fait je ne suis pas ici ; peut être qu’en fait je n’existe pas ; peut être que ce que l’on appelle l’existence n’est qu’une gigantesque tirade de marionnettes dont les rares chatouilles ne nous suffisent pas à prendre conscience des fils

invisibles ; peut être que je suis en train de parler tous seul en espérant être entendu ; peut être que mes pensées en quête de vérité sont vaines car je suis déjà nu… des écorchés y en a partout mais pour se frotter les genoux à vif sur les pierres, dans ce moment là, avec le sourire et en écoutant tomber la pluie, faut être des miens… et si tu lis ces mots, c’est qu’ t’es dans mon Cyber Dream.     

 

17:10 Écrit par Banur | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

Commentaires

Profil Je ne fais pas partie de ton Cyber Dream. Je ne suis pas spécialement fan de "The Matrix", je ne pense pas l'avoir compris, les questions posées dans le deuxième volet n'ayant pas trouvé de réponses dans le troisième, l'intérêt que cette trilogie aurait pu susciter s'est vu retomber comme un soufflé. Je n'ai pas non plus vu "Ghost In The Shell". Le Fantasy, bien sûr j'aime, mais je lui préfère la S-F. Il n'y a que sur le plan musical que je colle pile poil au portrait. Je ne serai jamais dans ton Cyber Dream, je suis de l'autre côté de la vitre sans tain à vous regarder, les tiens et toi en me disant que j'aurais pu être des vôtres, mais que votre chemin n'est pas le mien, que cette halte derrière le miroir ne fait que me confirmer ce que je savais déjà et que je vais reprendre ma route dans mon Cyber Dream, ce monde parallèle au tien où les paradoxes et les questionnements sont légion, mais dont l'écho ne résonne pas de la même façon.
Je te dis à bientôt à la croisée des chemins Urban Poet

Écrit par : Kardream | 30/07/2006

Génial !!! Merveilleux texte, pour moi sans doute un de tes meilleus, mais bon qui suis-je...
L'Esprit avec un grand E, celui de l'Ecriture était avec toi quand tu écrivais...parce que non seulement c'est bien écrit mais en plus, il comporte une vision acerbe sur notre société actuelle...
Bravo !!!

Écrit par : Alexandre | 01/08/2006

Esprit Nourri du fantastique et du merveilleux tout autant que par les mondes mythologiques, ceux des légendes ancestrales ou des mangas philosophiques, tu as plongé les racines de ton savoir et de ta réflexion dans tous les continents silencieux du passé pour appréhender, le regard lavé de ses leurres, « un système qui trouve sa vérité dans les paradoxes » …

Tu livres ici avec force et brio l’étendue d’une lucidité mordante et dans le repli de tes pensées, on entend sourdre les déchirures de notre société imparfaite et moribonde dont la désolation frappe certains jusqu’aux entrailles…

J’aime l’idée que ceux qui ne s’y laissent pas assujettir ont l’étoffe des héros, que plus le combat est rude, plus leur mérite est grand et qu’ils prouvent que jamais il n’est vain d’espérer…

Pourtant, dans Cyber Dream, il y a Dream, et dans ce rêve à façonner souffle le vent des convictions et des passions… de la liberté qui se gagne, si précieuse que, sans même sourciller, sa perte mènerait ceux qui y croient à une mort inéluctable… de même que sans passions, la vie s’assècherait dans un oubli abyssal…

En filigrane pourtant, sur la trame de tes mots, la question de savoir ce qu’est l’homme… un ange déchu, un demi dieux, un démon égaré, une marionnette prisonnière dans des fils enchevêtrés sur la scène invisible du cosmos ?
Mais, qui suis-je (dixit Alexandre) pour prétendre connaître la réponse ? Peut-être se trouve t'elle justement derrière la porte de ton Cyber Dream que timidement je viens pousser...

J’ai adoré l’explosion libre de tes mots et l'Esprit unique de ton texte...

A bientôt doux poète !



Écrit par : crysalidea | 01/08/2006

e=MC2,pffffffffffffff à mon avis tu te masturbes un peu trop le cerveau!!
la vie n'est pas si compliqué elle se vit tout simplement.

Écrit par : xx | 07/08/2006

Prosaïque... n'est il pas? Simplement au cas où les miasmes de la stupidité, expression de ta nature prosaïque, qui se noie derrière un anonymat plus que révélateur, venaient encore a passer les parois anti-olfactives de mon antre, je te signale que quand on ne comprends pas quelque chose... on s'abstiens...
mais si tu as d'autres capacités alléchantes à part l'ouvrir quand tu devrais la fermer, je suis plus que curieux... alors xx, au lieu de citer une formule que tu ne comprends pas et qui plus est, s'avère entièrement hors propos, tu ferais bien de mâcher tes basses insultes un peu plus dans ton clapet misérable avant de les cracher,,, sur ce, va t'exploser les deux neurones qu'ils te restent loin de moi!

Écrit par : Banur | 07/08/2006

Laisse les morts !!! Magnifique texte qui fait réfléchir pour la BONNE cause. bien sûr il ne faut pas rester "dans le mental", mais les gens qui en sont prisonniers feraient bien de mener l'excellente réflexion que tu fais pour en sortir justement, c'est presque un passage obligé pour se libérer. Alors un bon conseil, toi qui a le coeur sur la main et qui est déjà très avancé sur le chemin : "laisse les morts enterrer leurs morts, et suis ton chemin"...

Amitiés et bravo
Jef

Écrit par : quarkenciel | 08/08/2006

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