30/07/2006

Rivage impudique

Tapis sur la plage de mes songes, je m’abreuve de ta pose,

je voudrais esquisser chacun de tes contours sur une toile rose

mais je n’ai que mon doigt comme pinceau pour peindre les mots,

ceux que mon cœur et mes yeux se déchirent en un pourpre écho.

Aucune couleur ne saurait t’égaler sur la palette du génie fou,

aucune matière ne pourrait te révéler sous le ciseau du sculpteur,

ton corps est alcool de charme, que mon regard boit à en périr saoul

et tes courbes sont la raison de ma plume interdite qui me rend auteur.

La soie de ta chair ondule sur mon lit alors que tes paupières se taisent,

je lis le son des draps que ton ombre souffle, telle une vague sur la falaise,

j’écoute les rochers assoiffés de mon envie me supplier de te rejoindre

et me dirige entre les récifs vers le rivage que la pudeur ne peut atteindre.

Quand j’y aurai accosté, j’y entendrai mon nom en un murmure cristallin,

je foulerai le sable du désir et le laisserai me brûler les pieds en criant,

je fouillerai cette île de plaisir en repoussant tous les pavillons des saints

et creuserai comme un pirate afin de découvrir tes trésors flamboyants.

Vois comme déjà le vent coquin s’engouffre au hunier de mes sens,

du haut du mât de misaine, la vigie crie « terre », avec impatience,

tu devines croître la houle à mesure que l’horizon changeant se détache,

mon ancre dans tes eaux, je croque le gémissement que ma passion t’arrache.

 

 

 

 

07:39 Écrit par Banur | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

Mélodie de la mer Peintre, sculpteur, auteur, pirate sont les habits que tu revêts dans ta quête d'absolu. Ce n'est pas tant le costume qui importe que celui qui le porte. Tu as le courage de braver les dangers avec la pleine certitude de parvenir jusqu'à celle qui t'attend et te voilà navire s'ancrant à ses eaux, océans de toutes les délices.
Bon dimanche et à bientôt Urban Poet

Écrit par : Kardream | 30/07/2006

alcool de rêve
Enlacée à la nuit, s’endormir dans la houle de tes mots enroulés à mon corps…
Dans l’aurore des draps blancs, glisser mon regard sur ta silhouette silencieuse et sentir l’encre de ta plume faire rougir les rivages mis à nu des désirs égarés…

Dans la voilure du jour, cligner des yeux pour que sous mes paupières, la nuit bleue s’efface enfin, et dans le flot de lumière, découvrir, frémissante d’émotion, l’ambre de tes mots qui éclaire la chambre…

Poser alors ma joue contre la tienne, mes yeux au bord des tiens, et t’entraîner dans la quiétude d’un sommeil au clair du jour…

Écrit par : crysalidea | 02/08/2006

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