23/08/2006

Célébration

Voilà six lunes que le vent souffle bleu

sur le patio de ma demeure sanctifiée,

il y tourne les pages d’un récit aqueux,

dont chaque mot d’espoir est le vivier.

 

Une demi révolution sur ma planète,

orbite cachetée du sceau de l’invisible,

poussière cosmique de ma passion secrète,

paillette mon cœur d’éclats invincibles.

 

Seize millions de secondes à ton nom,

arrosant mon jardin des Hespérides,

où les poèmes faisant rougir Villon

sont tes sourires d’or à mon égide.

 

Six calendes d’extase apodictique,

sur le chemin pavé des rues célestes,

promenade de nos rêves éclectiques

et des destins fusionnés en un geste.

 

Deux saisons conjuguant libre l’été,

aux soleils immortels de nos yeux,

la pluie se brûlant aux joies vitriolées

de l’alchimie que nous créons à deux  

 

   

 

                 Toutes ces formules pour te dire

                 que cela fait six mois que je t'aime

                 et que tu as changé ma vie.... merci

14:06 Écrit par Banur | Lien permanent | Commentaires (16) |  Facebook |

18/08/2006

Immaculée croisade

Amour, Passion, sentiments symbiotes

d'une perméabilité émotionnelle inéluctable,

souffle brûlant d'une souffrance exquise,

qui jamais ne connaît satiété, ils sont à la vie,

ce que l'espoir est à l'après-mort, l'ancre de

tous les rivages, l'ambre des sempiternels abandons.

Caresse de baisers térébrants en fleurs de maux,

qui dans le jardin de l'absence poussent à profusion,

sève revigorante, coulant du pistil bleu des mots,

dans la renaissance perpétuelle de sourires croisés.

Son parfum est une promesse scellant ma foi,

son regard une cathédrale, au clocher de mes émois,

ses cheveux, une toison de rêve entre mes doigts

et sa bouche un brasier transcendant ma croix.

Nous sommes tous de biens étranges bouffons,

vendant leur âme pour le secret d'un bout de pomme,

en tombant nous mâchons le fruit de la destruction

et tentons comme des estropiés de reformer la paire.

Mais si nous y parvenons, alors nous devenons roi,

le ciel devient notre fief, notre domaine passionnel, 

nous y aspirons le paradis et le transférons ici,

dans la demeure de nos coeurs battant par deux.

C'est ça que l'on appelle le royaume des cieux,

moi, je suis un croisé de la passion luttant pour toi.

Je conquièrerai fougueusement l'Antioche de ton désir,

je rebâtirai la Nicée de tous tes rêves muets et inavoués,

j'obtiendrai la clef du St-Jean d'Acre de notre avenir,

j'incendierai les murailles de l'Edesse du doute,

j'accrocherai nos destins aux tours d'un Damas étoilé

et t'offrirai les portes de la Jérusalem de notre éternité.

Tu es mon Saint Sépulcre, mon immaculée croisade.   

 

 

 

 

 

 

 

15:12 Écrit par Banur | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

09/08/2006

Un cri pour mes frères

En vérité, je vous le dis, tous les Hommes sont frères et je suis parent de quiconque se réclame de ma famille, car dans mes veines ne coule point du sang mais le fleuve des principes de tous ceux qui les ont défendus avant moi. Qu’importe si les chevaliers ont bien existé comme nous les décrivent les légendes ou non, qu’importe si le Code qu’ils juraient de protéger n’est que délire romancé, qu’importe si les historiens appellent leur époque l’âge sombre… car leurs valeurs nous sont parvenues comme un cri qui, lui, ne connaît pas d’âge.

 

Les choses existent à partir du moment où nous y croyons, la réalité n’étant que le reflet de la foi que l’on y porte. Alors je crois, de toute mon âme, à ces préceptes qui font bouillir mes gênes. Ils sont mes évangiles, ma religion ; une religion de l’Homme, pour l’Homme, par l’Homme, rien de mystique, pas besoin de fixer le ciel, pas besoin de se déplacer dans un lieu construit à ce seul effet, pas besoin de nommer des médiateurs, seulement la force d’écouter notre cœur et de le faire triompher dans chaque choix.

 

L’Honneur est un lourd fardeau dans un monde qui tend à le bafouer mais, rien, n’égale la satisfaction qu’il procure quand il est mené au bout du chemin. La loyauté semble futile dans un monde où la trahison est un dogme mais elle nous permet de rester humain. Le courage semble vain dans un monde qui élude les véritables combats mais il est le souffle qui nous pousse à défier la mort en souriant. L’amour de la vérité semble bien loin dans un monde qui élève l’hypocrisie en ciment sociologique, pourtant, il nous permet de regarder sur le passé de notre vie et de boire au calice de la fierté de ceux qui ont conservé leur intégrité. L’humilité semble perdue dans un monde qui fait de l’arrogance un tremplin sociétal mais nous sommes bien petits pris séparément. La justice semble vaine dans un monde où le système du même nom transpire la corruption, mais aucune sentence ne sera jamais aussi juste que celle de notre miroir.

 

Alors, arrêtez vous un instant, observez vous bien dans cet objet réfléchissant, questionnez vous sur le  sens de votre vie, demandez vous ce qui compte le plus, ne craignez pas de peine divine mais tremblez devant le tribunal de votre conscience pour toutes les fois où vous avez renié ce qui sommeille pourtant en chacun de nous. Les principes ne meurent pas, ils se camouflent seulement et il est toujours plus simple alors, de se dire qu’ils n’existent plus, pour s’affranchir de l’obligation de les suivre soi-même.

 

L’Amour enfin, synthèse de tous les autres, qu’est-il devenu à part une habitude viciée que très peu connaissent mais que tous croient détenir ? Il est une course folle, remplie de participants aveuglés qui s’essoufflent sur une route sans but… car sans posséder toutes ces autres valeurs, il s’avère impossible sous sa véritable forme. Il symbolise en effet, le principe ultime de l’humanité, le seul secret de l’absolue liberté et la clef de notre sauvegarde… alors ayez simplement cette pensée à l’esprit : avant de pourchasser frénétiquement la dernière pierre de la pyramide vertueuse, demandez vous d’abord si vous possédez celles qui trônent à sa base. Moi, je suis extrêmement imparfait, c’est d’ailleurs ce qui me rend humain, je ne suis pas chevalier et pourtant j’aimerais bien. J’essaie seulement, à partir de mon humble tour, de répercuter ce cri, transmis dans les rêves et l’âme de nos ancêtres, dans le sang de tous ceux qui sont morts pour la liberté et leurs principes, un jour, en un lieu, sur cette Terre.

Pour eux, Hommes de mon espèce, je vous somme de prêter l’oreille, je ne suis rien qu’un pauvre messager mais si ce cri parvient à réveiller un seul de mes frères, alors je ne l’aurai pas exhalé en vain.

 

 

                     Encore une fois, à toi, celle qui me donne envie,   chaque jour, au-delà de tout,

                     de pousser ce cri… mon véritable sens      

19:21 Écrit par Banur | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook |

05/08/2006

Rêves de lendemains

J’écris car j’entends l’âpre fouet de tes cris

et que depuis l’irréversible pacte de nos âmes,

cela est devenu pour moi funeste mélodie,

faisant de chaque note un océan de lames.

 

Où que tu sois, dans mon cœur, tu vis

mais là mes bras boucliers ont soif de toi,

de pouvoir servir à ce qu’ils ont promis

et que l’ombon de ma foi livre combat.

 

Je suis comme un soldat à l’écart du front,

au loin, j’entends l’écho des tambours honnis

mais ne peut que lutter à l’encre de ma passion,

pour que triomphe l’étendard de ma patrie.

 

Toi, mon unique contrée, je te voue ma plume,

je soigne tes blessures dans la tente du crépuscule,

mes mots médecins y anesthésient ton amertume

et ne m’endors qu’au sourire de ton repos incrédule.

 

Rêve maintenant, à la saison d’après-guerre,

pense aux mots des fleurs et oublie le chant d’adieu,

marche devant afin que ne saigne plus les pierres

grave y nos noms pour qu’on érige ce mur à deux.

 

Avale les lettres de mes sens comme des pilules,

remèdes magiques au goût sucré de courage,

fais les couler jusqu’à tes peines qui brûlent

et laisse l’ondée du renouveau poindre des nuages.

 

Abandonne ton sourire aux caravanes du vent,

écoute le son naissant des petits chariots de feu,

lèche les caresses du soleil qui grisent ton chant

et regarde l’horizon de ce convoi dans les yeux.

 

Leurs roues ardentes n’accroche point poussière,

elles embrasent seulement les rêves de lendemains,

sur cette route or et bleu, seul le passé est désert

car l’avenir est un espoir qui s’appelle destin.

 

Perds l’Ouest qui pour tes pleurs fut amphore,

recueille la force du Nord et l’esprit du Midi,

moi je t’offres l’Est car tu es clef d’aurore

et que dans ma main tu seras un matin qui luit.

 

                                                    

                                                                 A toi mon rêve... mon lendemain

01:08 Écrit par Banur | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

03/08/2006

L'acompte

La pluie, encore elle … elle lacère le ciel en trombes chaotiques, martèle le sol

inquiet en un concerto violent, qui ne semble avoir pour seule préoccupation acoustique,

que celle de me rendre sourd. Elle représente les larmes de Janus car elle a deux visages.

Celui des souvenirs, qu’elle fait remonter comme un burrito trop gras, c'est-à-dire avec la réminiscence d’un bon goût au départ mais qui, à terme, tourne sur l’estomac… et celui de l’avenir, qui à travers un treillis semi opaque, semble filigraner le florilège de nos craintes.

La pluie ça sert aussi à te rappeler que tu dois garder les yeux ouverts quand tu marches,

tu te demandes alors si elle lave les fautes comme le sang ou bien si elle te permet simplement

de te faire oublier qu’elles suintent pendant un moment. On dit qu’il pleut des cordes mais j’ai beau tirer dessus j’arrive pas à grimper vers le ciel, alors j’écris, j’écris par ce que tu viens

de me déposer chez moi après les moments qu’on a passés ensemble et que j’arrive pas à dormir. J’écris comme si je te parlais, comme si cette toile était un invocateur d’ondes dont toi seule possède la fréquence, comme si chaque mot posé ici était un secret forgé sur l’enclume de ton tympan, comme si ton corps alanguit était toujours contre le mien

et que tu m’écoutais longuement, comme si en faisant cela je pouvais évacuer un minimum

ce besoin dévorant que j’ai de toi… ouais j’ai pas eu assez de toi, alors je te le dis mais en fait j’ai jamais assez de toi, car quand t’es là, cette chienne de pluie elle me touche pas. Elle peut fouetter à m’en cribler les os, elle ne m’atteint pas, d’ailleurs ça me rappelle cette phrase magnifique dans « la pierre et le sabre » d’ Eiji Yoshikawa… c’est un moine qui dit à un condamné à mort à qui on va trancher la tête : « médite sur la puissance de Kanzeon et la lame volera en éclats »… ben moi c’est la même chose, j’ai médité sur la puissance de ton aura et sur l’impact qu’elle a sur mon existence et quand je lève les yeux, je vois tes ailes bleues qui me servent de protection… non, décidément, la chialeuse peut faire ce qu’elle

veut, ses misérables larmes volent en éclats. Nos clones originaux qui sont là haut, ceux qui tirent les ficelles sur notre nuque irritée, ils se marrent quand on parle de l’avenir, ils nous laissent faire des plans, ils nous donnent même l’impression qu’on va presque les toucher

et puis, quand t’as plus qu’à mettre la dernière pierre, ils font tout s’écrouler. Moi, mon avenir c’est de ne pas devoir écrire sur le fait que tu sois pas là, c’est seulement écrire pour

toi alors que tu te trouves derrière ou à côté de moi… et vous les marionnettistes du panier

des éthers, je vous montre pas que j’ai des ciseaux dans la main mais avant que je ne sentes la tension dans mon cou, je couperai les fils, je vous laisserai pas me faire jouer un autre destin que celui là. Trop font l’erreur de croire la vie longue, elle l’est parfois, mais alors c’est du bonus, moi je me prépare chaque jour en me demandant le costume que je porterai quand viendra la moissonneuse de l’ultime crépuscule… j’essaierai de lui sourire en lui disant que je t’ai connue… mais d’ici là je veux vivre, par ce qu’à chaque moment passé avec toi, j’ai l’impression de tirer la barbe du supérieur la haut d’une main et de l’autre, celle de l’ange déchu tout en bas… non je sais j’y crois pas mais l’image me plaît… d’ailleurs on devrait pouvoir s’arranger avec un de ses deux là : moi je leur vendrais mes souvenirs et en échange ils me donneraient autant d’années en plus avec toi, ouais je sais ça paraît ridicule dit comme ça mais peut être qu’en fait c’est ça la réincarnation… à la fin on remet tous ces souvenirs dans une boîte et puis on peut repartir pour une nouvelle aventure, tabula rasa comme on dit… mais alors moi je me pose la question, qu’est ce qui se passe si un souvenir est tellement fort qu’il survit à la boîte ? ils l’auront probablement passé au mixer purgatorien et auront étiqueter chaque morceau de celui-ci de façon différente mais si malgré tout et ce même de manière floue, il continuait à subsister… ouais c’est peut être ça qu’on appelle une âme

soeur, c'est-à-dire récupérer ce qui nous appartient, je sais pas si Dieu, ou un de ses sbires d’ailleurs, me le rendra mais en tout cas quand je t’ai vue pour la première fois j’ai eu l’impression de retrouver la clef de ma demeure. Je repense à cette chanson de Bon Jovi

« it’s my life » et particulièrement cette phrase que je trouvais très nulle au début :

« I just wanna live when i’m alive », j’avais même regarder les lyrics pour voir si c’était pas notre cher Van Damme qui avait écrit les paroles… mais en fait c’est pas con quand on y pense, je dirais même que je l’aime maintenant cette satanée réplique… je suis vivant grâce à toi et je veux plus que jamais vivre pendant que c’est le cas, qu’on aille même jusqu’à écourter mon existence si cela augmente les moments qui t’y comprennent, ça me va très bien.

Les regrets servent à nous faire réfléchir au moyen de les effacer, c’est pour ça que je n’en ai jamais mais Balavoine chantait : « je veux mourir malheureux pour ne rien regretter », j’adore cette phrase et pourtant moi je dirais, que je voudrais mourir heureux pour connaître mon unique regret… celui de ne pas t’avoir dit assez combien je t’aime car cela est impossible… en attendant donc, prends ceci comme acompte.               

   

 

07:13 Écrit par Banur | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

01/08/2006

Pandemonium

La pluie… elle a toujours un goût différent après le soleil, un son irréel également, car on entend le sol sec et avide l’aspirer comme un vautour qui se délecte des vers d’un cadavre…

pourquoi cette image ? pour te rappeler que t’es mortel, que le vautour à capuche attend

que tu te perdes dans ce grand désert en oubliant ta gourde ou bien que tu ne la remplisse pas

assez pour tout le voyage, emporté par un élan béatement optimiste. Après s’être fait un barbecue de neurones en me tortillant l’unité céphalique sous un soleil de plomb, les gouttes

sont revenues sur ma ville, j’aime la chaleur, sérieusement, mais je ne peux qu’avouer que sous la mélancolie d’un ciel gris, elle a vraiment de la gueule. C’est uniquement là que t’entends ces vieilles pierres crier  « pardon » pour toutes les erreurs qu’elles ont contemplé sans pouvoir les changer, les murs du centre c’est en quelque sorte des liseurs de rêve qui voient l’avenir sans pouvoir le modifier. En les touchant elles te murmurent ce que sera

demain et si t’y crois pas t’es un crétin par ce que c’est pourtant bien ce qui se passera ; tu crois savoir où tu vas mais tu sens même plus le collier que t’as autour du cou, tu crois que t’auras le temps de faire tout ce que le système a prévu pour toi, tu crois que t’es différent par ce qu’à un moment t’as décidé de tourner à gauche alors que les autres te donnaient l’impression de virer à droite… mais c’était compris dans le calcul, c’est le même éditeur de circuit qui a créé ce tournant là aussi, tu crois que t’es réfractaire ou rebelle mais tant que tu sauras pas pourquoi tu seras rien du tout, juste un clone… ouais peut être qu’en fait on a tous notre clone là haut, bien sûr c’est nous la copie, on est juste là pour porter ses souffrances et payer le prix de son impudence face au grand patron… parlons en ça tiens !

tout à l’heure je vais au centre justement et je me fais accoster par une illuminée qui déballe son panégyrique sur Dieu, une témoin de Jéhovah sûrement, moi je lui dit que son « Jéhovah » c’est un mensonge inventé par les Hommes pour rendre leur faiblesses plus supportables, une urne où déposer les cendres de leur foi travestie, un ersatz d’immortalité…

je lui dit aussi que je suis mon propre dieu, par du tout par arrogance mais seulement par ce que ma foi, la vraie, je la place en mes rêves, que croire en soi est la seule façon de se sauver,

que je trafique pas des indulgences et qu’après analyse poussée, il n’y a qu’exceptionnellement moi qui puisse me l’accorder. Ce Dieu, ils l’ont fait grand, puissant, parfait, afin de se sentir misérables et petits devant son ire imaginaire et en partant de ce postulat, continuer impunément leurs vices, seule chose comptant véritablement, tout en invoquant leur propre turpitude. Ensuite il suffit de s’asseoir derrière une grille, d’embrasser une croix ou tout autre artifice assimilable, d’invoquer le nom de leur invention, afin d’épurer toutes leurs dettes… en fait, Dieu est un créancier bien conciliant… juste là j’écoute « my own prison » du groupe « Creed » et ça s’y rapporte très bien… ouais, nous créons notre propre prison et nous sommes notre propre jury, c’est la seule vérité, je reprendrai donc la fin pour situer la pensée : «  I cry out to God seeking only his decision, Gabriel stands and confirm, I’ve created my own prison », y a pas de doute c’est la seule réponse honnête qu’on puisse recevoir. Puisque je le cite, j’adore le leader de ce groupe, Scott Stapp, si vous ne connaissez pas, c’est un mec qui chante avec son cœur, pour prouver que le vrai rock a encore une âme…

ouais j’ai bien dit le Vrai rock car aujourd’hui il n’y a presque plus que des pollueurs de style qui pensent y connaître quelque chose, qui croient qu’il suffit d’avoir quelques piercings, de porter l’emblème de leurs idoles fabriquées par incubation de mauvais son et de mettre deux doigts en l’air pour en être… mais non mon vieux, le rock c’est pas une musique, c’est un mode de vie, tu te mets pas dans la configuration rock quand t’es derrière ta stéréo, tu l’es ou tu l’es pas, tu te lèves en pensant selon ses principes, tu manges en savourant la liberté qui y est décrite, tu t’habilles pas avec les mêmes habits que ton groupe favori, par ce que leur message est précisément : sois libre, fais comme tu veux, crée ton propre style, ta légende personnelle, domine ta vie, rejette les contingences et refuse d’obéir à un aboiement qui désire enchaîner ton cœur… quand je suis derrière ma batterie ou à un concert, dans ma chambre ou dans la rue, j’essaie toujours d’avoir cela à l’esprit et je me dis que je suis en vie.

Le royaume du ciel, j’y crois pas sous cette forme mais je trouve beau en général ce qui s’y rattache… la musique sacrée ; la magnificence des lieux qui sont supposés l’être aussi ; la conviction sans bornes de certains qui le défendent ; le symbolisme de grandeur ; le sentiment presque mystique que l’on ressent quand on lit un des livres saints et l’interprétation qu’en a fait le Fantasy, par ce que sur le principe y a rien à dire. : un Healer c’est splendide comme Esprit, c’est le ciment du groupe, le représentant de la grande Lumière… en fait, c’est exactement ça, pour moi, un prêtre qui crée un bouclier béni en invoquant son Dieu

c’est aussi beau qu’un chevalier qui après un rude combat terrasse le dragon mais ça reste du fantastique… cependant il ne faut pas penser que je ne crois en rien… je ne pense pas l’homme immortel mais je crois que ses rêves le sont, je ne crois pas en Dieu proprement dit mais il n’est en fait qu’un nom, je pense toutefois qu’une énergie suprême présida à la création des choses. Cette énergie que j’aime appeler « Gaïa » pour différentes raisons, n’est pas une entité découlant d’une logique anthropomorphiste, qui l’assimilerait au vieux sage à la barbe blanche… non, elle est immatérielle, ne connaît pas les notions de bien et de mal, elle donne la vie et la reprend sans s’encombrer de telles considérations manichéennes qui sont l’apanage de l’humain, elle est l’âme de la nature et poursuit un cycle dont la maxime peut se résumer en ceci : « la seule constante de l’univers est le changement »… croire en elle c’est croire en la vie, car quand on tient l’être cher dans ses bras, on peut pleinement la palper, au-delà de cette réalité, ce n’est que supposition fantaisiste… dont l’originalité ne manque cependant jamais de me fasciner. L’humain cherche à devenir éternel, à repousser les limites de la vie, à combler son imperfection… mais que seraient les moments rares sans l’intensité impliquant qu’ils puissent ne jamais revenir,  chanterait-il si ardemment les cantiques du jour si celui- ci ne venait jamais à pâlir ? que serait l’art qui emprisonne la beauté d’un instant fragile si celle-ci ne s’altérait jamais ? qu’elle serait la magie d’un dernier concert si son auteur pouvait sans cesse le reproduire ? que seraient les héros qui nous font rêver si ceux-ci se relevaient toujours ? car en effet, il n’y a qu’une seule chose qui émeuve plus que l’ascension d’un brave et cela est sa chute… ils seraient tous simplement comme emprisonnés dans une bouteille d’eau gazeuse qui a perdu toutes ses bulles… les dieux sont des créations chimériques de l’Homme mais même en admettant qu’ils puissent prendre une existence propre conforme à celle qui les décrit, ils en viendraient à nous envier précisément par ce que nous sommes mortels (confer Achille dans Troy)… je terminerai par ceci :

je suis un misanthrope humaniste, car même si la majorité des représentants de notre espèce

forment l’armée du Pandemonium, les exceptions qui subsistent sont des anges aux ailes tellement dorées que chacune de leurs plumes me forcent à l’aimer cette race hybride…

A toi Arthur, souverain du royaume de l’Eté, afin que ton rêve se réalise.                   

19:38 Écrit par Banur | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |