26/05/2007

Le fils de l'Homme

Le temps est une chose bien étrange, c’est une boîte maudite

où les démons se rangent, une table de négociation autour

de laquelle, passé, présent et avenir se jouent de la réalité, s’arrogent les plus improbables illusions pour en faire leur brillante spécialité.

 

D’ailleurs le temps est roi des illusions : le passé pur n’existe pas, car il influe toujours sur le présent, ce dernier n’est quant

à lui, qu’un entre-temps composé d’un passé non révolu et

d’un avenir déjà à moitié écrit. Ainsi à l’inverse de ce que l’on pense, le présent est le temps qui nous appartient le moins, enserré dans les chaînes d’hier, poussé par le vent de demain que l’on voudrait encore retenir tel un souffle court. Il est un plaidoyer de souvenirs non encore abrogés, un monticule invisible de projets non encore réalisés, il n’est rien, il est le vide ; pire, il est la cloche qui enferme le vide.

 

Nous ne sommes jamais ce que nous sommes, nous sommes toujours ce que nous avons été à travers le prisme de ce que nous désirerons être. Acoustiquement, « présent » ne peut par ailleurs nier ses affinités avec le mot « prison », dont les barreaux du temps ne sont pas moins pernicieux à forger ce

que nous ne sommes pas. Si le présent n’existe pas, nous n’aurons jamais mainmise sur le temps, aujourd’hui sera

inlassablement le dénominateur commun entre hier et demain

et ne pourra se targuer d’une existence propre.

 

Pourtant je suis là, je choisis, je choisis d’être avec toi car j’ai fait ce choix hier et que je le referai à chaque aube nouvelle. Je choisis d’être ce que je doit être, en écrivant un jour certain qui ne sera plus demain. Je choisi l’illusion d’un présent inexistant, pour cacher un passé trop présent, en présentant à l’avenir mes plans.

 

    

           Peu importe la raison pour laquelle sourit le temps,

           peu importe le sens dans lequel souffle le vent,

           Moi, fils de l’Homme, vit pour l’éternité de nos instants.

 

 

18:00 Écrit par Banur | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |