11/05/2009

La langue muette

Avec quelle encre écrire ce que même le silence n'exprime pas ? Lorsque les larmes sont plus acides que le sel de la solitude éclose, lorsque la peine s'érige en palisade et engloutit chaque mot. En quelle langue formuler ce qu'un regard ne perçoit plus ? Lorsque les sentiments enfouis se terrent sous la gangue d'un avenir incertain et que le désir de les exprimer se dérobe devant la crainte d'un lendemain précaire. Aimer, c'est pouvoir oublier ce à quoi l'on a renoncé. La foi ne naît pas dans le temple, mais embrase les coeurs de ceux qui ont asservi le regret, l'amour quant à lui, véritable et infini, ne s'ancre pas dans la matière. Suis- je de chair lorsque mon esprit se tortille entre les corridors froids et sombres d'une nuit sans lune ? Suis-je de chair lorsqu'en ta présence, ton corps me témoigne son absence ? Suis-je tout simplement vivant pour te confier tant de pouvoir sur un parcours que je n'ai pas encore écrit ? Sans rien regretter, sans colère ni bruit, brise ce Mur qui t'emprisonne, reviens moi, toi que je connais et fais en sorte que Bruxelles sois notre Berlin.


02:42 Écrit par Banur | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |