05/10/2009

Toi

Toi, ne laisse pas celle que j’aime s’éteindre sans fracas,

                             

tes yeux sont lentement passés déjà, d’un champ de blé, à une rue mouillée par un rideau de pluie. Où est ce sourire murmurant au bonheur, le bonheur d’être en vie, cet écho dans mon cœur, dévorant jusqu’à l’oubli. D’être mis de côté, ma peau se ternit comme un costume trop sombre pour être porté, mais mes mains jointes prient encore la lueur d’un habit de lumière. Ensemble, nous étions forts, ensemble nous étions beaux, insouciants alors, nous rêvons désormais pour que demain, nous soyons encore.

 

L’automne ne me fait pas peur, du moment que tes lèvres chantent le printemps et lorsque le cruel hiver poindra, nous nous embrasserons, l’été aux dents. Parfois, pourtant, je ne distingue plus les rires de tes pleurs, plongée dans ton chagrin, tu fermes ton âme à clé et pour que notre amour ne s’arme pas de sanglots, mon corps deviendra digue afin que tu ne puisses te noyer. Toi qui attends si fort d’être guidée, ne repousse pas le Messie en te laissant assiéger par l’angoisse, ouvre lui tes bras et referme les en collier, autour de son cou, ils seront le courage d’un nouveau combat. Quelles que soient les difficultés, à deux elles se partagent, moitié de peine, moitié de joie, toujours soudés lorsque la tristesse nous tutoie. Regarde moi, regarde toi, ne sommes nous pas, deux fous perdus, sur la route des espoirs meurtris, retourne toi, regarde moi et offre nous le paradis.

 

Le temps ne guérit que les blessures qui ne se sont jamais ouvertes. Ne compte pas sur les années pour effacer le poids du silence, elles ne taisent que les regrets en forgeant des peut-être. Ta douleur est preuve que tu vis, tes peurs traduisent ta volonté d’aimer, ne rebrousse pas chemin, nous sommes au début de la route, souris à l’infini, défie l’inconnu, laisse le vent t’écarteler afin qu’il sente sur les ailes de la brise la pureté de ton cœur blessé. Nous ne pouvons certes vivre d’amour et d’eau fraîche, l’argent nous permet d’exister au-delà de la simple survie mais si nous oublions ce que nous sommes, nous vivons ruinés.

15:10 Écrit par Banur | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Peut-on, lorsqu'on l'a perdue, retrouver l'insouciance? Et si on la retrouve, ne serait-elle pas que le pâle reflet de ce qu'elle a été?
"Le temps ne guérit que les blessures qui ne se sont jamais ouvertes", c'est en quelque sorte le revers de la médaille qui me fait dire que le temps ne referme pas les blessures qui saignent, les plaies béantes; le revers étant une autre façon de voir les choses, comme le verre à moitié plein et le verre à moitié vide.
Je te souhaite qu'elle trouve le chemin qui détournera ses yeux de la pluie, pour qu'elle retrouve celui des champs de blé et qu'un sourire allume son regard, pour que la tristesse soit abolie de vos vies.
La seule richesse qui importe est celle du coeur, et je te sais la posséder.
A bientôt

Écrit par : Kardream | 05/10/2009

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