06/07/2007

"Sangtiments"

 

La tête qui bourdonne et les yeux mouillés de pluie, j'écris,

à chercher sur les ondes de la nuit, les mots capables de

brûler les meurtrissures de papier. Tout est vain quand on

y croit pas assez, même les plus beaux soleils enlacés,

qui, une fois séparés par l'horizon des illusions, se laissent

tromper par le voile du soir qui tombe. Tout donner, n'est

pas donner assez à l'ombre des plus grandes peurs, subtiles

et sournoises, lorsque celles-ci, drapées de leur tenue de

malandrin de l'âme, exécutent le Vrai. Rouge cent, au nombre

des lames fictives qui percent mon coeur, rouge "sangtiment",

au sceau de ceux qu'il laisse échapper, rouge pur-sang,

comme la jument d'abandon qui galope vers ton nom

dans mes veines. Fille de la lune, laisse moi t'aimer pour

qu'à la saison de bonheur tu sois mon solstice flamboyant.

Fille des étoiles, laisse moi t'écrire l'unicité de ton éclat,

laisse moi gommer les doutes de ta constellation en

frottant mon doigt sur le ciel de ton destin et laisse moi

crier ta beauté jusqu'au jour de l'ultime lendemain.

N'oublie pas les promesses dont furent témoins, le vent,

la terre, l'eau...et mes mains sur ta peau. Souviens toi des

pactes que nos corps ont scellé en secret, souviens toi des

rêves d'émeraude taillés dans la pierre brute de notre foi,

souviens toi tout simplement de moi et libère toi de cette

emprise fallacieuse.

 

 

Ecriture minute d'un besoin vital.

 

05:39 Écrit par Banur dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

23/12/2006

 

C’était une nuit de fin décembre lorsque, n’arrivant

pas à dormir, un petit garçon scruta le manteau

vespéral par la fenêtre de sa chambre. Il vit alors

que la lune fut plus basse et plus lumineuse que

jamais, telle une ampoule astrale désireuse de le

guider jusqu’au grenier céleste. Subjugué, il décida

de sortir de son lit, de s’habiller chaudement pour

faire face au froid environnant et d’attraper l’échelle

attenante à sa façade. Une fois que cela fut fait, il

grimpa dessus, prit un élan fougueux et s’élança de

toutes ses forces en direction de la lune au sublime

sourire hiémal. Le mouvement de balancier, amplifié

par le flux de la magie coulant de son périmètre optique

jusqu’au canal vital de son cœur, finit par atteindre son but.

Après avoir touché la surface de l’astre blanc, il entama

son ascension, doucement mais sereinement.

L’échelle ne comportait guère plus d’une quinzaine de

marches pour l’amener au bout de son rêve, mais à chaque

fois qu’il se concentrait fidèlement sur son objectif, un

échelon venait inconsciemment se rajouter. Grâce à cela,

il parvint à dépasser les gigantesques « barbes à papa »

au goût de cumulonimbus qu’il dégusta au passage.

Grimpant de plus en plus vite, devenant de plus en plus

impatient, il arriva finalement au dernier niveau et se

retrouva devant une grande trappe. Il la souleva pesamment

et pénétra au cœur du grenier céleste. Tout d’abord, il

aperçut un immense champ de sucres d’orge, et parmi eux,

au milieu de toutes les formes rouge et blanche,

resplendissait la silhouette élancée d’une sucrerie suprême

aux reflets dorés. Il s’en approcha, l’analysa de son regard

charmé et s’en saisit délicatement comme d’un souhait

trop réel pour être vrai. Intrigué, il amena ce sucre d’orge

fantastique à ses lèvres et le tâta de ses papilles curieuses.

Instantanément il vit des flashs de son passé de son présent

et même de son avenir. Fasciné et légèrement effrayé,

Il fit le chemin inverse, redescendit par l’échelle et retourna

dans sa chambre comme si tout cela n’était qu’un rêve

magnifique. Avant de s’endormir, il plaça le sucre d’orge doré

à côté de lui dans son lit. Le lendemain quand il se réveilla,

s’était un homme et contre sa peau encore chaude de la nuit,

se trouvait la femme qu’il avait toujours attendue, son plus

beau rêve.

 

 

                             Joyeux noël mon amour.

   

     

14:59 Écrit par Banur dans Général | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook |

09/10/2006

Adieu

Ceci sera mon dernier texte:

il n'y aura aucune référence, aucune influence, aucune inspiration, aucune copie. Simplement les mots d'un homme, écrits à l'encre des larmes qui coulent sur ce clavier maudit.

Je ne veux pas de mots compliqués, d'images poétiques, de réfléxions conflictuelles, car j'ai échoué, échoué dans mon écriture, dans ce que je voulais qu'elle véhicule. Par elle, je tentais de comprendre mieux celui que je suis, de sonder ma vision et ma perception de certaines choses et de la partager pour voir si je serais entendu. Personne n'est obligé de me croire, mais je tremble en écrivant ceci. Il est une personne qui, depuis bien des années, m'a apprit énormément, m'a ouvert de nouvelles voies, passions, orientations. Il est certain qu'il fut une influence et je ne cherche pas à le nier. J'ai d'ailleurs tenté, presque pudiquement, de le dire dans un texte du mois d'octobre, tout au début. Au delà des sources elles-mêmes, c'est donc lui qui fut le puits de ma "formation". Je n'estime pas avoir copié des oeuvres mais l'héritage de cette personne est ancré en moi. J'ai essayé par mes mots, de chercher comment j'avais assimilé tout cela, de l'exprimer à ma façon en me détachant du vecteur originel, de me prouver que j'avais vraiment ressenti toute cette matière. J'ai voulu trouver celui que je suis encore plus profondément et tout en le confirmant, saisir si d'autres pouvaient le comprendre. Mais visiblement, j'ai lamentablement manqué mon essai, car la personne qui, je le souhaitais au départ, y arriverait, n'y est pas parvenu par ma propre faute. J'ai tout voulu sauf me travestir et c'est pourtant comme cela que je suis ressenti... échec, échec, échec.

J'écris pour moi mais aussi pour tout ce qui vis en moi, j'ai voulu éviter les étiquettes, les regards biaisés mais je retombe dedans alors que j'en ai souffert par le passé, croyez moi ou pas. Nous nous présentons tous avec des carcans, des acquis, des poids, des secrets, un passé. J'essayais ici de men détacher, là encore, ode à l'échec sanctifié. Menteur, voleur, tricheur, usurpateur, ou toute négativité impériale se terminant en "eur", traitez moi de ce que vous désirez, car j'arrête ici, je n'ai pas été compris. Je promets pourtant que mon intention ne fut JAMAIS de commettre un tel forfait, peut être inconsciemment, ai-je là aussi, échoué. Adieu Banur, adieu mémoires, adieu illusions, adieu mensonges.

Pardonne ma faiblesses mon ami, celle que tu n'as jamais acceptée, j'ai échoué. Je sais parfaitement que tu ne me croiras pas mais je t'aime. Si ces mots-ci ne sont pas spontanés, alors je n'existe pas. Adieu à tous.

00:52 Écrit par Banur dans Général | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |